Publi rédactionnel réalisé par le département Conseil & Communication du Le Moniteur des pharmacies en partenariat avec BIOCODEX

Agir sur les comportements alimentaires

Quels conseils à l’officine ? Notre experte : Dr Corinne CHICHEPORTICHE, Médecin Nutritionniste
Dr Corinne CHICHEPORTICHE
L’excès de poids -surpoids et obésité- concerne près de la moitié des adultes en France (1). Sédentarité, offre alimentaire abondante et nouveaux modes de consommation (repas pris hors du domicile, devant les écrans...) y contribuent largement. Pour perdre des kilos, réduire les apports alimentaires est certes nécessaire mais ne suffit pas. Preuve en est des échecs des régimes amaigrissants qui, paradoxalement, finissent même par favoriser la prise de poids (2). Ainsi, pour maintenir durablement une perte de poids, il est nécessaire d’encourager une alimentation équilibrée, une activité physique régulière mais aussi une modification des comportements alimentaires dans le but d’être à l’écoute des signaux de faim et de satiété. Des changements qui impliquent de la motivation et que peuvent contribuer à soutenir certains probiotiques dont le rôle dans la régulation des mécanismes de la satiété est démontré.

Microbiote intestinal et satiété

L’implication du microbiote intestinal dans la régulation du poids et l’apparition de troubles métaboliques est de mieux en mieux connue. Récemment, des études ont montré que plus l’indice de masse corporelle (IMC) d’un individu est élevé, moins son microbiote intestinal est riche en entérobactéries (3). Parmi ces dernières, Hafnia alvei (4) et Escherichia coli (5) sont capables de produire une protéine particulière, la ClpB, qui présente une analogie de structure avec l’hormone anorexigène α-MSH (alpha-melanocyte stimulating hormone), hormone activant les signaux naturels de satiété. Une étude clinique randomisée en double aveugle versus placebo menée sur 236 personnes en surpoids ainsi qu’une étude consommateur ayant inclus 279 personnes et portant sur Hafnia alvei, vont dans ce sens (6)(7).

 Voir l’étude clinique réalisée sur la souche Hafnia alvei

marion
Marion, 30 ans, maman active
Impossible de perdre du poids… pourtant je fais des efforts !
Maman d’une petite fille de 18 mois, Marion a repris son travail il y a un an et peine depuis à retrouver son poids d’avant grossesse. Au déjeuner, sandwichs et plats tout prêts sont avalés à toute vitesse, précédés parfois de la prise d’un coupe-faim ou compensés de temps en temps par une petite salade « bonne conscience ». Mais difficile alors de tenir jusqu’au repas du soir sans grignotages !
Les questions à poser
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De combien de temps disposez-vous pour votre pause déjeuner ?
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Mangez-vous assise ? Devant votre ordinateur ?
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Votre repas est-il toujours composé de féculents et de protéines ?
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Vos conseils

Manger trop vite ne permet pas de ressentir le signal de la satiété qui n’apparait que 25 à 30 minutes après le début d’un repas. D’où une tendance à manger plus que nécessaire, sans se rendre compte des calories avalées. Un coupe faim peut être utile mais son action n’est que transitoire. Manger plus lentement vous aidera à mieux contrôler vos portions alimentaires. Et puis… votre microbiote intestinal qui intervient dans la régulation de l’appétit peut être mis à contribution ! Certains probiotiques agissent en effet sur le message de la satiété et contribuent à mieux le percevoir et le respecter.

L’avis de l’expert

« Manger trop vite ou en regardant un écran ne permet ni de prendre conscience des quantités que l’on mange ni d’éprouver du plaisir à son repas. Des principes essentiels qui contribuent à ressentir la satiété et à équilibrer ses repas en ne mangeant ni trop ni trop peu… au risque de grignotages ! Une source de sucres lents à indice glycémique bas, salade à base de légumes secs ou de céréales complètes par exemple, est nécessaire à une bonne satiété, maintenue dans l’après-midi ».

vincent
Vincent, 45 ans, sous statine et antihypertenseur
Quelques kilos en trop… et alors ?
Vincent, sous hypocholestérolémiant depuis 2 ans, a également une tension bien contrôlée depuis l’introduction d’un inhibiteur de l’enzyme de conversion. Souvent en déplacement, il déjeune régulièrement au restaurant… ou pas du tout, faute de temps ! Il se rattrape alors avec un bon repas le soir. Pour autant, les kilos accumulés ces dernières années ne l’inquiètent pas. Il fait du sport le week-end - certes, la séance est suivie d’un bon apéro -, quant à sa tension et son analyse de sang, RAS ! Il sort justement d’une consultation médicale.
Les questions à poser
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Je vois qu’il n’y pas de changement particulier dans votre traitement, signe qu’au niveau tension et cholestérol tout va bien ?
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Et côté alimentation, où en êtes-vous ?
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Pas toujours facile de limiter les bons repas j’imagine ?
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Vos conseils

S’atteler à un bon équilibre nutritionnel en vaut la peine, en particulier lorsque d’autres facteurs de risque cardiovasculaire sont associés à l’excès de poids. Perdre quelques kilos peut d’ailleurs aider à alléger le traitement de votre dyslipidémie ou de votre hypertension artérielle et/ou peut éviter l’aggravation de ces pathologies. Il n’est pas nécessaire de faire un régime strict pour perdre du poids. De plus, certains probiotiques qui agissent sur les mécanismes de la satiété peuvent contribuer à réguler vos apports alimentaires.

L’avis de l’expert

« Se faire plaisir avec un apéro entre copains, un bon repas ou un steak frites de temps en temps, c’est possible… et même souhaitable ! En revanche, ces écarts deviennent problématiques s’ils se répètent trop souvent. Réduire les portions en apprenant à respecter sa satiété est alors le premier conseil à prodiguer à ces patients qui, bien souvent, ne veulent pas entendre parler d’un régime. Mieux vaut leur expliquer que, tout en se faisant plaisir, faire attention aux quantités que l’on mange contribue au contrôle du poids mais aussi du cholestérol et de la tension ».

catherine
Catherine, 55 ans, ménopausée
10 kg en 10 ans… et j’ai tout essayé !
Les kilos se sont installés au fil des années pour Catherine que l’équipe officinale connait bien puisque parallèlement aux différents régimes minceur qu’elle suit à la lettre, des compléments alimentaires l’aident à perdre du poids… temporairement ! Car après chaque période de restriction alimentaire, les kilos chèrement perdus sont repris de plus belle.
Les questions à poser
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Comment faites-vous pour ne pas craquer pour les aliments dont vous vous privez ?
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Devez-vous vous resservir pour vous sentir rassasiée ?
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Etes-vous capable de laisser de la nourriture dans votre assiette lorsque vous n’avez plus faim ?
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Vos conseils

Équilibrer son alimentation sans s’imposer trop de restrictions est la seule solution au long cours pour maintenir la perte de poids. Une aide précieuse pour mieux contrôler vos apports alimentaires consiste à prendre conscience de ce que l’on mange en goûtant réellement la nourriture. Et savez-vous que votre microbiote intestinal peut vous fournir un coup de pouce également ? Certaines bactéries agissent en effet sur les voies de régulation de l’appétit. Un plus pour soutenir les changements alimentaires nécessaires à la perte de poids… et qui ne sont efficaces que si on les maintient dans le temps !

L’avis de l’expert

« Catherine a un comportement alimentaire déstructuré causé par des régimes trop restrictifs répétés. Ces derniers finissent par induire une perte des signaux physiologiques de faim et de satiété. Souvent d’ailleurs, les portions alimentaires de ces patients deviennent progressivement de plus en plus importantes. Les conseils à donner sont d’ordre nutritionnel bien sûr, en veillant aux choix alimentaires, mais aussi comportementaux : la prise de conscience de ce que l’on mange est essentielle pour réapprendre à ressentir ses besoins physiologiques et rééquilibrer quantitativement sa ration alimentaire.»

1. Registre ESTEBAN. Santé publique France 2014-2015 | 2. « Régimes amaigrissants : des pratiques à risque » Actualité Anses du 8/6/2012. Consulté le 12/1/2022 | 3. Crovesy L. et al. Profile of gut microbiota of adults with obesity : a systematic review . European Journal of Clinical Nutrition. Published on line Mars 2020 | 4. Legrand R. et al. Commensal Hafnia alvei strain reduces food intake and fat mass in obese mice a new potential probiotic for appetite and body weight management. Int J Obes Lond). 2020;44:1041 1051 | 5. Breton, et al. Gut Commensal E. coli Proteins Activate Host Satiety Pathways following Nutrient-Induced Bacterial Growth. February 2016 | 6. Déchelotte P. et al. The Probiotic Strain H. alvei HA4597® Improves Weight Loss in Overweight Subjects under Moderate Hypocaloric Diet: A Proof-of-Concept, Multicenter Randomized, Double-Blind Placebo-Controlled Study. Nutrients. 2021;13:1902 https://www.mdpi.com/2072-6643/13/6/1902 | 7. Etude de consommation. TargEDys. Juin 2020