RSE, des petits gestes pour le bien-être de tous - Porphyre n° 609 du 26/03/2024 - Revues
 
Porphyre n° 609 du 26/03/2024
 

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Auteur(s) : Anne-Charlotte Navarro

Porphyre a animé une table ronde sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE).

« La responsabilité sociale des entreprises (RSE) vise un développement durable de l’entreprise impliquant son territoire (volet sociétal), dans le respect de l’Homme (volet social) et de la Nature (volet environnemental) », a introduit Christine Julien, rédactrice en chef de Porphyre. « Cette démarche comprend l’impact sur le territoire, sur l’Homme et sur le respect de la Nature. Ces piliers sont très larges et il est facile de se perdre », prévient Olivier Bascoulès, titulaire à Lézat-sur-Lèze (09). « Contrairement à d’autres secteurs, la base du métier de pharmacien est d’être au service des patients dans son territoire. C’est déjà un bon début pour une démarche RSE », pointe Célia Despax, titulaire à Clayes-sous-Bois (78).

En faire sans le savoir

« Quand j’ai voulu prendre en compte la RSE dans mon officine, j’ai cherché des actions concrètes qui pouvaient parler à chaque membre de l’équipe. Par exemple suivre les consommations d’énergie, mettre en place un nettoyage sans biocide, installer une salle de pause confortable, proposer prioritairement des CDI sur 4 jours pour réduire l’impact des transports », raconte Olivier Bascoulès. C’est après avoir écouté le témoignage d’Olivier lors du congrès Giropharm en 2022 qu’Anne Barranx, titulaire à Villiers-sur-Marne (94), s’est lancée : « J’ai réalisé que je menais déjà une démarche RSE, par exemple en choisissant les gammes que je commercialise, en évitant les gros volumes de commandes, en triant les déchets. Je me suis toujours intéressée à la provenance des produits. Ces petits riens ont déjà un impact sur les salariés, les patients et la planète. »

De petits objectifs mis bout à bout

« L’idée de la démarche RSE n’est pas de faire une belle procédure rangée dans un classeur », analyse Célia Despax. Elle se vit au quotidien via des gestes réguliers. Dans un premier temps, le titulaire et son équipe doivent réfléchir aux impacts de l’officine sur son environnement. « L’idée est de faire un constat », précisent d’une même voix Olivier et Anne. Il faut penser global et se projeter sur du long terme. Ce n’est pas forcément évident. » Marie-Catherine Théréné, directrice qualité et affaires réglementaires chez le dépositaire Eurodep, s’interroge sur les retours des officines « qui représentent 1 500 000 boîtes par an. Et leur impact carbone est important ». Une fois le constat posé, il faut réfléchir aux actions à mener pour améliorer les points qui « leur parlent le plus ». « Chaque pharmacie va mener des actions différentes. Est-ce mettre en place du tri de déchets ? Une aide pour acheter des vélos ? Une salle de pause accueillante pour le déjeuner afin de ne pas reprendre sa voiture ? Augmenter son parc de location de dispositifs médicaux ou proposer des entretiens pour réduire la consommation de médicaments ? Il n’y a pas une bonne et unique solution », explique Anne Barranx. Puis, laisser du temps. « La RSE n’est pas une démarche décrétée par le chef d’entreprise. C’est un challenge. Il faut accepter que certains mettront plus de temps à se sentir concernés », prévient Olivier Bascoulès.

Se fournir en plantes locales est possible

Quelque 200 tonnes de plantes médicinales sont vendues en officine, soit un marché de 23 millions d’euros. Malgré la présence d’agriculteurs floraux sur le territoire, 70 à 80 % des plantes sont importées. Célia Despax, a dévoilé les résultats d’une étude de faisabilité qu’elle a coordonnée concernant l’approvisionnement en direct par les producteurs de plantes médicinales des pharmacies. Ce projet porté par Simples, le syndicat professionnel de productrices et de producteurs de plantes aromatiques et médicinales, est financé par France Agrimer. « Le territoire français compte près de 6 000 espèces de plantes. Plus de 100 espèces médicinales y sont cultivées et plus de 700 cueillies. Notre souhait serait de créer une alliance directe et locale entre les petits producteurs de plantes médicinales et les officines, détaille Célia Despax. 97 % des officinaux sont ouverts à un circuit court. La vente de ces plantes est autorisée réglementairement, il faut donc y aller ! », encourage Célia Despax, qui s’approvisionne chez un agriculteur proche de son officine. « Cette démarche ne représente que 5 % de mon chiffre d’affaires, mais elle me donne le sourire chaque jour ! »

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