Les plantains - Porphyre n° 609 du 26/03/2024 - Revues
 
Porphyre n° 609 du 26/03/2024
 

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Les mots pour…

Auteur(s) : Jean-Baptiste Gallé

Si discrets que l’on peut parfois leur marcher dessus sans même s’en apercevoir, les plantains sont pourtant des plantes médicinales intéressantes en cas d’allergies saisonnières et de manifestations inflammatoires mineures.

Quelles sont ces plantes ?

Les principaux plantains retenus pour leurs propriétés médicinales sont le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) et le grand plantain (P. major), bien que la plupart des espèces de France métropolitaine du genre Plantago puissent faire l’objet d’usages traditionnels équivalents. Le grand plantain et le plantain lancéolés sont des plantes herbacées vivaces avec des feuilles en rosette. Les tiges portent des épis munis de très petites fleurs discrètes.

Leur morphologie diffère cependant.

→ Plantain lancéolé : les feuilles, longues, en forme de pointe de lance, d’où le terme lancéolé, sont dotées de 5 à 7 nervures principales pratiquement parallèles et recouvertes de poils courts. Les épis de fleurs sont relativement petits au bout d’une longue hampe florale et laissent principalement apparaître des étamines blanchâtres au moment de la floraison.

→ Grand plantain : les feuilles sont largement ovales, pétiolées et dotées de 5 à 7 nervures parallèles bien saillantes. Les hampes florales sont en général plus courtes que l’épi qui peut atteindre jusqu’à 30 cm de longueur.

• Où les trouver ? Le plantain lancéolé et le grand plantain sont surtout présents en Europe, Asie occidentale et Afrique du Nord bien qu’ils se soient acclimatés à l’ensemble des zones tempérées. Le plantain lancéolé pousse surtout dans les prairies et sur les pelouses, le grand plantain plutôt en bordure des chemins et dans les endroits piétinés.

• Quand la récolter ? La feuille de plantain peut se récolter pratiquement toute l’année, mais c’est plutôt au printemps qu’elle est en général cueillie, avant la floraison. C’est à cette période que les feuilles sont les plus riches en iridoïdes.

• Où sont-elles vendues ? Les feuilles de plantain lancéolé et de grand plantain sont inscrites à la liste A de la Pharmacopée française et font partie du monopole pharmaceutique sauf quand elles entrent dans la composition de compléments alimentaires ou de sirops contre la toux enregistrés comme « dispositifs médicaux ».

Quels sont ses usages ?

• Utilisation. Le plantain possède des propriétés anti-inflammatoires modérées en raison de la présence d’iridoïdes. Il peut être employé en externe pour soulager les petites irritations, les piqûres d’insectes ou de plantes, en collyre pour apaiser les irritations et gènes oculaires. En interne, il peut être intéressant dans les cas d’urticaire léger, d’irritations des voies respiratoires, de manifestations allergiques saisonnières telles que rhinites, conjonctivites…

En raison de la présence de mucilages, aux propriétés émollientes (adoucissantes), le plantain peut aussi être intéressant en cas d’irritations digestives.

Des effets antimicrobiens in vitro ont également été observés ainsi qu’un effet antispasmodique, principalement attribué aux flavonoïdes présents dans la plante.

• Partie utilisée : la feuille.

• Principes actifs. La feuille de plantain contient principalement :

→ des mucilages : 2 à 6,5 %,

→ des iridoïdes : 2 à 3 %, aucuboside, catalpol, aspéruloside…

→ des flavonoïdes : apigénine, lutéoline et dérivés,

→ des tanins : jusqu’à 6,5 %.

• Posologie recommandée. Les iridoïdes, sont relativement sensibles et partiellement dégradés lors du séchage et de la conservation de la plante sèche. Mieux vaut préférer la plante sous forme fraîche ou ses extraits à la plante sèche ou à la poudre.

→ Tisane : laisser infuser pendant 10 minutes de 2 à 4 g de feuilles pour une tasse de 150 mL, à prendre 2 à 3 fois par jour.

→ Médicament : collyre Sensivision au plantain, indiqué en cas d’irritation ou de gêne oculaire, à raison d’une à deux gouttes par œil, 2 à 4 fois par jour.

→ Compléments alimentaires : de nombreux compléments alimentaires à base de plantain existent, principalement pour soulager les allergies saisonnières et les troubles respiratoires non compliqués. Les concentrations et types d’extraits étant très différents d’un laboratoire à l’autre, il est nécessaire de se référer aux indications du fabricant.

→ Contre-indications et précautions d’emploi : il n’y a pas de contre-indication particulière à l’utilisation de la feuille de plantain. Le pollen de la plante est cependant souvent impliqué dans les allergies saisonnières, un comble puisque le reste de la plante contribue à les soulager !

Des cousins exotiques

Les psylliums appartiennent au même genre Plantago que nos plantains européens. Au niveau botanique, on distingue :

→ le psyllium blond (P. ovata), appelé aussi ispaghul, originaire d’Inde et d’Iran et dont on emploie soit la graine, soit le tégument de la graine ;

→ le psyllium noir (P. afra et P. indica), originaire du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient, dont seule la graine est employée.

• Leurs usages sont équivalents. Les petites graines sont recouvertes de mucilages : 10 à 15 % pour le psyllium et jusqu’à 30 % chez l’ispaghul. Ils peuvent absorber de très grandes quantités d’eau en formant un gel dont le volume peut être multiplié par dix. Ingérées, elles augmentent le volume des selles et favorisent le péristaltisme intestinal au travers d’une action purement mécanique. On parle alors de laxatifs de lest dont l’action est douce par opposition aux laxatifs stimulants qui provoquent une irritation de l’intestin et nécessitent des précautions d’emploi renforcées. En formant un gel, ces graines peuvent également lutter contre certaines diarrhées légères et passagères. Les mucilages permettent en outre de capter une partie des sels biliaires et ainsi de contribuer à maintenir une cholestérolémie normale en limitant le phénomène de recyclage du cholestérol. Ils contribuent aussi à ralentir l’absorption du glucose évitant en partie les pics glycémiques redoutés en cas de prédiabète et de diabète de type 2.

• Posologie recommandée. Dans tous les cas, il est recommandé de prendre la préparation telle quelle ou sous la forme de poudre dans un grand volume de liquide (30 mL/g).

→ Psyllium blond graine. Adultes et adolescents : 25 à 40 g par jour répartis en 3 prises. Enfants de 6 à 12 ans : 15 à 25 g par jour répartis en 3 prises.

→ Psyllium noir graine. Adultes et adolescents : 8 à 40 g par jour répartis en 2 à 3 prises. Enfants de 6 à 12 ans : 4 à 25 g par jour répartis en 2 à 3 prises.

→ Psyllium noir tégument. Adultes et adolescents : 7 à 11 g par jour répartis en 1 à 3 prises. Enfants de 6 à 12 ans : 3 à 8 g par jour répartis en 1 à 3 prises.

• Contre-indications et précautions d’emploi. Les graines et téguments doivent être pris avec suffisamment de liquide afin d’éviter les risques d’occlusion. Le psyllium et l’ispaghul sont contre-indiqués en cas d’occlusions intestinales et déconseillés en cas de mégacolon. La prise doit se faire à distance, soit 30 à 60 minutes, d’autres traitements pour éviter d’impacter la cinétique d’absorption.

Des questions ou des envies de sujets ? Envoyez vos demandes par mail à : phyto@porphyre.fr

L’essentiel

Les feuilles de plantain sont principalement utilisées en cas d’irritations :

→ respiratoires ;

→ digestives ;

→ cutanées ;

→ oculaires ;

et de manifestations allergiques saisonnières.

Adultes et enfants :

Tisane : infusion (10 min) de 2 à 4 g de feuilles par tasse, 2 à 3 fois/jour.

Collyre : Sensivision au plantain, 1 à 2 gouttes, 2 à 4 fois/jour.

Les graines de psyllium et graines et tégument d’ispaghul sont principalement utilisées en cas de :

→ constipation.

Psyllium blond graine

Adultes : 25 à 40 g/jour en 3 prises.

Enfants (6-12 ans) : 15 à 25 g/jour en 3 prises.

Psyllium noir graine

Adultes : 8 à 40 g/jour en 3 prises.

Enfants (6-12 ans) : 4 à 25 g/jour en 3 prises.

Psyllium noir tégument

Adultes : 7-11 g/jour en 3 prises.

Enfants (6-12 ans) : 3 à 8 g/jour en 3 prises.

Contre-indications et précautions d’emploi : boire suffisamment de liquide. Contre-indications en cas d’occlusion ou de mégacolon. Prise à distance d’autres traitements, environ 30 à 60 minutes.

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