Le don du vivant est une option à revaloriser - Porphyre n° 595 du 20/01/2023 - Revues
 
Porphyre n° 595 du 20/01/2023
 
GREFFE DE REIN

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Actus

Auteur(s) : Pauline Machard

L’Agence de la biomédecine plaide pour que la greffe à partir d’un donneur vivant soit envisagée en priorité pour traiter les insuffisants rénaux chroniques terminaux, et non en dernier recours.

Le 6 septembre 2020, Marie-Hélène Peterson donne, de son vivant, l’un de ses reins à son mari, Christophe, au stade terminal d’insuffisance rénale chronique. « Une évidence », a-t-elle raconté le 28 novembre dernier, dans le cadre d’une campagne de sensibilisation(1) au don entre proches de l’Agence de la biomédecine. « Depuis ce jour, ce n’est plus mon rein, mais le sien. Si jamais un jour on divorçait, je ne repartirais pas avec ! », a-t-elle plaisanté. La quinquagénaire ne regrette rien. Son mari a retrouvé la vie, et sa vie à elle n’a pas changé : « Je n’ai aucun souci de santé, aucun traitement médicamenteux. »

La première solution à envisager

L’agence publique souhaiterait faire des émules, car la greffe rénale à partir d’un donneur vivant est « la meilleure option thérapeutique » pour les patients souffrant d’une insuffisance rénale chronique à un stade avancé, martèle le Pr Michel Tsimaratos, directeur général adjoint de l’Agence de la biomédecine, en charge de la politique médicale et scientifique. Ce n’est en rien « un dernier recours », mais « la première solution à envisager ». Avant la greffe à partir d’un donneur décédé et la dialyse.

Pour appuyer son propos, il rappelle les bénéfices : l’accession à la greffe est plus rapide qu’en post-mortem ; l’opération est réalisée dans de meilleures conditions (programmation, hors urgence) ; les greffons fonctionnent mieux et plus longtemps que ceux prélevés sur une personne décédée(2) ; le risque de rejet est moindre ; l’acte améliore l’espérance de vie et la qualité de vie des receveurs… Et n’influe pas sur celles des donneurs. 98,4 %(3) de ceux ayant franchi le pas du don seraient même prêts à recommencer, malgré la lourdeur du protocole. Si elle le pouvait, Marie-Hélène Peterson signerait à nouveau, « les yeux fermés ».

Objectif 20 %

L’Agence de la biomédecine en appelle aux professionnels de santé pour sensibiliser malades et proches à cette solution : néphrologues, infirmières de coordination de transplantation, généralistes, mais les pharmaciens ne sont pas en reste. Ils ont de surcroît un rôle à jouer dans la prise en charge médicamenteuse des traitements anti-rejet. Leur contribution va permettre aux uns et aux autres de surmonter leurs appréhensions, et d’envisager objectivement cette option.

En France, la « marge de progression » concernant le don du rein entre proches est « importante », signale le Pr Luc Frimat, président de la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation (SFNDT). En 2021, 502 greffes rénales du genre ont été réalisées, sur un total de 3 252, soit 15,4 %. L’ambition serait « d’arriver à atteindre, voire à dépasser les 20 % », qui est l’objectif fixé dans le plan greffe 2022-2026, rappelle le Pr Tsimaratos.

(1) Campagne « Don de rein entre proches : de bonnes raisons d’en parler dès maintenant avec vos proches et votre médecin », 12 janvier 2022, sur agence-biomedecine.fr

(2) Rapport médical et scientifique de l’Agence de la biomédecine, 2012. (3) Rapport « Qualité de vie des donneurs vivants de rein », étude QV DVR transversale, Agence de la biomédecine, avril 2011.

Qui peut donner ?

→ Les conditions du prélèvement d’organes sur personnes vivantes majeures qui en font le don (consenti, libre) sont prévues par la loi dans les articles L. 1231-1 et L. 1231-3 du code de la santé publique. Donneurs possibles : père, mère ; fils, fille ; frère, sœur ; conjoint, conjointe ; grands-parents ; oncles, tantes ; cousins et cousines germains ; conjoint du père, de la mère ; personne ayant un lien affectif étroit et stable depuis au moins deux ans.

En cas d’incompatibilité entre donneur et receveur potentiels, le don croisé est possible (le nombre maximal de paires est limité à six) et, pour augmenter les possibilités d’appariement, le recours à un organe prélevé sur une personne décédée est autorisé.

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