Le gilet de contention et d’immobilisation - Porphyre n° 584 du 01/03/2022 - Revues
 
Porphyre n° 584 du 01/03/2022
 

Savoir

Le matériel

Auteur(s) : Carole Tamarindi

Destiné à immobiliser strictement l’articulation scapulohumérale, le gilet de contention et d’immobilisation (GCI) maintient le bras à angle droit dans une position de coude au corps. Sa mise en place peut sembler contraignante pour le patient.

Principe

Le gilet de contention et d’immobilisation (GCI) immobilise strictement l’épaule et empêche les mouvements de rotation et d’abduction, c’est-à-dire les mouvements qui écartent le bras du plan médian. Avec un GCI, le bras est maintenu plié à 90° contre le thorax et le coude est bloqué contre le corps. On parle d’immobilisation coude au corps ou de type Dujarier (voir Info+ p. 54).

Indications

Le GCI est indiqué dans nombre de pathologies :

• en traumatologie, dans la luxation ou subluxation de l’épaule, c’est-à-dire lorsque la tête humérale sort totalement ou partiellement de la cavité glénoïde (voir dessin ci-dessous), dans la fracture de la clavicule ou de la tête humérale et l’entorse scapulo-humérale ;

• en rhumatologie, dans la périarthrite scapulo-humérale ;

• en neurologie, en cas d’hémiplégie ;

• en post-opératoire, après une intervention de Bankart réalisée sous arthroscopie qui traite une instabilité de l’épaule, et en rééducation pour immobiliser le membre supérieur.

Description

• Le GCI est une orthèse pour immobilisation coude au corps. Ce dispositif médical est indiqué en prévention, traitement et maintien pour l’appareil locomoteur.

• Il enveloppe toute la ceinture scapulaire et le thorax. La ceinture scapulaire est constituée par les os reliant les épaules au tronc ; elle comprend l’omoplate (scapula) et la clavicule. Cet ensemble osseux sert d’attache au membre supérieur.

Par sa nature couvrante, le GCI semble contraignant à utiliser pour le patient, qui se montre parfois peu observant.

• Le gilet est composé :

→ d’une épaulière ou épaulette, qui se positionne sur le membre à immobiliser ;

→ d’un plastron, qui se place sur le tronc. Épaulière et plastron couvrent l’intégralité de la ceinture scapulaire et du thorax ;

→ d’une bande thoracique, qui maintient le coude au corps.

Le tout se compose de mousse de polyuréthane, un matériau réputé non allergisant.

Classification

• Mise en garde. La classification des laboratoires est hétérogène. Deux produits à fonction différente telle que immobilisation totale ou partielle peuvent avoir la même appellation, ou un produit peut avoir une dénomination erronée, le terme GCI étant parfois employé à mauvais escient. La terminologie approximative est source d’erreur lors du choix de l’orthèse par l’équipe officinale et peut induire une mauvaise cicatrisation du tissu lésé.

Pour lever toute confusion, dans la pratique, nous classerons les orthèses comme suit.

• Les gilets de contention et d’immobilisation. Exemples : Polyveste (Cizeta), Immoscap (Donjoy) 1, Should 90 (Orliman) 2, Immovest (Thuasne) 3.

• Les orthèses dites écharpe contre écharpe, classées en deux sous-types.

→ Celles composées d’un manchon de soutien préformé, en tissu aéré (éponge-coton) avec deux bretelles et d’une bande thoracique amovible maintenant le coude au corps. Elles immobilisent également l’épaule. Plus aérées que le GCI, elles apparaissent moins contraignantes pour le patient, qui en respecte davantage les modalités de port. Exemples : Perfo bras (Cizeta), Immo (Donjoy) 4

De nombreux laboratoires utilisent le terme GCI alors que ce sont des orthèses écharpe contre écharpe. Exemples : Gilet d’épaule Salva (Cooper), Gilet de contention Médi, Gilet GCI Donjoy, Bandage d’immobilisation d’épaule Orliman, Gilet 2 (Thuasne).

→ Celles constituées de deux bandes thoraciques de longueur différente. Avec la bande la plus longue, dite de support d’avant-bras, l’applicateur peut alors recréer la fonction de manchon de soutien en deux boucles. La seconde bande, dite scapulo-humérale, termine l’immobilisation. Ici, l’immobilisation est moins stricte que celle de type Dujarier et se nomme immobilisation de type Mayo Clinic. Exemple : Écharpe universelle d’épaule Orliman 5.

Mesures et essayage

Les mesures à prendre diffèrent selon les laboratoires. Le plus souvent, il faut uniquement mesurer le tour sous poitrine à même la peau. Parfois, il faut également mesurer la longueur de l’avant-bras, c’est-à-dire la longueur du poignet au coude, et demander au patient sa taille en centimètres.

La première pose d’un gilet de contention et d’immobilisation est réalisée par un professionnel formé et entraîné à la gestuelle.

• Le protocole pour un GCI est le suivant.

1. Verrouiller si besoin les systèmes d’attache.

2. Placer l’épaulière sur le membre à immobiliser, puis le plastron.

3. Plier l’avant-bras à 90 degrés.

4. Enrouler la bande autour du plastron en partant du côté opposé au membre invalide et en laissant le bras valide libre.

5. Ajuster le serrage. Le confort du patient doit être immédiat.

6. Vérifier que la main demeure libre et non pendante.

7. Faire refaire la manipulation au patient en le guidant pas à pas.

• Mise en place des orthèses de type écharpe contre écharpe avec manchon préformé. Elle est plus facile pour le patient.

1. Placer l’avant-bras dans le manchon préformé et les sangles dans le dos, en les croisant.

2. Passer et fixer ensuite les sangles à l’avant du manchon.

3. Fixer la sangle thoracique autour du manchon en passant sous l’aisselle valide pour immobiliser le coude au corps.

Durée du port

L’articulation de l’épaule est extrêmement mobile mais s’ankylose facilement. Ainsi, le prescripteur veille à une immobilisation strictement limitée au nécessaire pour éviter la rétraction des tissus et l’apparition d’une pathologie iatrogène, comme la capsulite rétractile, liée à une rétraction de la capsule articulaire provoquant douleur et enraidissement de l’épaule. Conjointement au port de l’orthèse, il est souvent prescrit une rééducation.

En général, pour les atteintes traumatiques, le gilet de contention et d’immobilisation est porté jour et nuit jusqu’à consolidation du tissu atteint.

Entretien

Le GCI est lavable à la main ou à 30 °C en machine. Il est essoré par pression et séché à plat à l’écart d’une source de chaleur.

Réglementation

• Prescription : par un médecin ou un kinésithérapeute sur une ordonnance séparée qui précise la nature et le lieu de l’atteinte, ainsi que les modalités de port.

• Inscription à la LPP : le gilet de contention et d’immobilisation est inscrit à la liste des produits et prescriptions (LPP) au Titre II, Orthèses et prothèses externes > Chapitre 1 : Orthèses > Sous-chapitre 6 : Appareils divers de correction orthopédique > Gilet de série contention et d’immobilisation scapulohumérale. Le code LPP de la ligne générique est 1156684, mais pour tarifer, il faut utiliser le code individuel du produit, au risque de voir la facture rejetée.

• Tarif LPP : il est fixé à 15,64 €. Il n’y a pas de prix limite de vente, donc un dépassement à faire payer au patient est autorisé.

• Délivrance : dispenser la marque prescrite par le médecin. La substitution du modèle prescrit en nom de marque n’est pas autorisée, sauf si le prescripteur l’autorise.

Articulation de l’épaule

→ L’épaule se compose de trois os : la clavicule, la scapula ou omoplate et l’humérus.

Sa mobilité est surtout assurée par le muscle deltoïde et par les muscles de la coiffe, qui initient le mouvement et stabilisent la tête de l’humérus. La coiffe des rotateurs est l’ensemble des quatre tendons (sous-scapulaire, sus-épineux, sousépineux, petit rond) qui chapeautent la tête de l’humérus. Les muscles de la coiffe stabilisent la tête de l’humérus. Entre la tête de l’humérus et l’acromion (excroissance de la scapula), se trouve une bourse de glissement sous-acromiale.

Source : chirurgie-epaulefontvert.fr/anatomie.html

Info +

→ Charles Dujarier (1870-1931) est le chirurgien français qui a inventé la méthode d’immobilisation coude au corps. À l’origine, il réalisait un bandage avec des bandes de contention adhésives placées sur un simple maillot en jersey.

Mémento de la délivrance

→ Vérifier la concordance entre l’orthèse prescrite et la pathologie du patient.

→ Si besoin, exceptionnellement, contacter le prescripteur pour substituer.

→ Le confort du patient doit être immédiat.

→ Dépassement tarifaire possible.

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