La nutrition au service du patient cancéreux - Porphyre n° 552 du 23/04/2019 - Revues
 
Porphyre n° 552 du 23/04/2019
 

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Formation

Auteur(s) : Christine Julien

Nutrition, cancer et chimiothérapie. Le CFA d’Épinal (88) propose une nouvelle démarche pharmaceutique pour accompagner les malades cancéreux avec une approche nutri- et micronutritionnelle couplée à l’hygiène de vie.

Plus de 6 personnes sur 10 souffrent de séquelles dues au cancer ou à ses traitements(1). Aussi, « beaucoup de patients sous chimiothérapie demandent au comptoir des compléments alimentaires et nous interrogent : “Est-ce que je peux prendre de la vitamine C parce que je suis fatigué ? Est-ce que j’ai droit à ça ?”, » pointe Mélanie Witte, pharmacienne nutritionniste et formatrice au CFA d’Épinal (88). Or, en nutrition et en micronutrition, il y a des choses complètement interdites ». 41 % des 382 000 nouveaux cas de cancer en France en 2018 seraient attribuables à des facteurs de risque modifiables, dont l’alimentation(1). D’où l’intérêt de la nouvelle formation proposée par le CFA pharmacie d’Épinal « Nutrition, cancer et chimiothérapie ». « C’est une nouvelle démarche pharmaceutique. Les pharmaciens et les préparateurs ne sont pas préparés à l’approche du cancer », explique Mélanie Witte, forte de sa pratique de pharmacienne nutritionniste, d’enseignante et de ses nombreuses formations en nutrition, notamment avec le docteur Olivier Coudron, fondateur de l’institut SiiN(2).

Des patients prêts à tout

Le pamplemousse ou le millepertuis, vous connaissez, mais saviez-vous que donner de la vitamine C à une personne sous chimiothérapie est un non-sens ? « La plupart des chimiothérapies agissent par oxydation des cellules. Si vous donnez un antioxydant comme la vitamine C au moment de la chimio, vous contrecarrez le traitement qui sera moins efficace puisque vous allez donner, sur une oxydation voulue, un anti-oxydant », explique Mélanie Witte. De même, auriez-vous imaginé que le bêtacarotène déconseillé chez les fumeurs se retrouve dans certaines mayonnaises ? Que le sola est un aliment intéressant en prévention mais seulement chez les personnes sveltes ? « Nous avons des moyens d’agir avec la nutrition à chaque étape du cancer avec des aliments donnés aussi bien dans la prévention que dans la propagation du cancer », explique l’experte qui a bâti sa formation d’une journée en 6 parties.

Ne donnez pas n’importe quoi à n’importe qui

Après une présentation de l’épidémiologie, place à l’alimentation pro et anti-cancer dans les différentes étapes de la cancérogenèse avant d’aborder plus en détail 3 cancers, celui du sein, de la prostate et le colorectal. Mélanie Witte intervient ensuite sur les micronutriments, sélénium, vitamine D, calcium, les folates, et explique « si c’est judicieux de les apporter et dans quelles conditions ». Une grande partie est consacrée aux interactions aliments-chimiothérapie, puis à la détoxification hépatique. « Souvent les gens nous disent : “Après ma chimio, mon foie en a pris un coup, qu’est-ce que je peux prendre ?” » Enfin, elle aborde l’impact du sommeil sur la maladie et une partie « Activités physiques, fatigue et cancer ». Elle fournit un polycopié pour éviter la prise fastidieuse de notes et privilégier les échanges qu’elle espère nombreux avec les participants, car la première session débute en juin. Certes, « on ne soigne pas complètement le cancer par l’alimentation, il ne faut pas exagérer, mais il y a des petites choses qui peuvent aider quelqu’un qui en est atteint… »

(1) « Les cancers en France. L’essentiel des faits et chiffres », 2019, Institut national du cancer sur www. e-cancer.fr. Le tabac est en tête avec 68 000 nouveaux cas (19,8 %), puis l’alcool (8 %), l’alimentation (5,4 %) et, enfin, le surpoids et l’obésité (5,4 %).

(2) Institut scientifique pour une nutrition raisonnée.

En pratique

Durée : 7 heures (1 jour). Date : 6 juin. Lieu : CFA pôle des métiers à Épinal. Contact : Valérie Izambert, Tél. : 03 29 69 21 84 ; v.izambert@cfa-epinal.net Coût : 245 €. Prise en charge Actalians : oui.

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