30/03/2016 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..

Ils ont choisi les CDD

Certains préparateurs ont décidé de perdre en sécurité pour gagner en liberté. À la clé, une activité composée exclusivement de contrats à durée déterminée. Le point sur ce mode de vie qui leur permet de varier les expériences au gré de leurs envies.
© D. R.

Renoncer à l’engagement est dans l’air du temps, y compris au travail.
« J’ai quitté mon CDI au bout de cinq ans car je m’ennuyais… Personnellement, je préfère le CDD, confie un préparateur sur la page Facebook de Porphyre. Il m’offre un meilleur revenu, davantage de liberté dans la gestion de mon emploi du temps et me permet de découvrir des techniques de travail différentes ». Une poignée de préparateurs a fait le choix de vivre de contrats à durée déterminée successifs.
Éviter la routine, se détacher d’une ambiance lourde ou d’un lien de subordination trop pesant et relancer constamment sa motivation en envisageant chacune de ses missions comme un nouveau défi est un choix de vie très « tendance ».

Une destinée plus « kiffante »
En théorie, « la mobilité [des travailleurs] accompagne les périodes fastes ». À l’inverse, « sa régression montre un repli des salariés sur leur emploi, faute d’opportunités pour partir », expliquait en 2010(1) l’Observatoire des métiers des professions libérales (OMPL). Et de préciser que le turn-over était plus faible en pharmacie qu’ailleurs. Pourtant, en pleine crise de l’emploi, l’OMPL pointait – toutes proportions gardées – une mobilité « particulièrement importante » des 25-35 ans. Une évolution également observée dans les autres secteurs… et qui prend de l’ampleur. Les salariés sont plus volatils, alors même que l’emploi se fait plus rare, résumait en substance l’entrepreneuse et conférencière Emmanuelle Duez lors du Positive Economy Forum au Havre, en septembre 2015. Le phénomène touche avant tout la génération des 20-39 ans, les « Y ». « Les préparateurs qui se positionnent exclusivement sur des CDD de quelques mois sont, à 80 %, des femmes âgées de 24 à 40 ans », note d’ailleurs Jean-Luc Sicnasi, directeur général de la société d’intérim 3S. Santé Un tel comportement est le symptôme d’un monde qui change, d’un nouveau rapport à l’entreprise… Et il devrait s’accentuer avec l’arrivée de la génération dite « Z » des moins de 20 ans aujourd’hui.
À son origine, un constat s’impose : «  L’entreprise n’offrira plus jamais cette sécurité psychologique et matérielle de pouvoir se projeter à long terme, qui fait qu’on peut accepter, parfois, de ne pas ‘‘kiffer’’ » (se sentir passionné), développait Emmanuelle Duez. Ainsi, « plutôt que d’aller très haut, très vite, très loin [dans l’entreprise], les jeunes s’inventent une autre destinée. […] Bébés de la précarité intégrée, et non subie, ils construiront leur vie comme un chapelet, avec une série d’expériences professionnelles toutes différentes, toutes ‘‘kiffantes’’ (passionnantes), à forte valeur ajoutée ».

Caractères défaitistes ou nonchalants, s’abstenir
L’idée de multiplier les expériences est alléchante, mais risquée. De façon générale, les cadres sont plus nombreux à franchir le pas de la porte. Leurs compétences sont plus recherchées, les opportunités, plus faciles à trouver. Côté employés, la lassitude ou l’insatisfaction au travail conduit plutôt au désengagement. Ceux-là « n’ont pas le luxe de partir », pointait Emmanuelle Duez au forum du Havre. La théorie se vérifie en pharmacie. En 2010, l’OMPL notait que « l’absence de perspective professionnelle n’incitait pas les préparateurs à la mobilité ». Quitter un CDI pour embrayer sur des CDD requerrait donc un esprit positif. Et proactif, puisqu’ « on est en permanence dans une démarche de recherche d’emploi », pointe Alexandre, 30 ans, préparateur adepte des CDD dans le Morbihan (56). Caractères défaitistes ou nonchalants, s’abstenir ! La situation peut rapidement devenir anxiogène, mais il est des solutions qui facilitent la vie. Au départ, «  c’est la boîte d’intérim qui trouvait mes remplacements, se souvient Élodie, 36 ans, préparatrice mobile en Languedoc-Roussillon. J’ai fait le tour de nombreuses pharmacies pour déposer des CV. À force, on rencontre d’autres personnes qui sont dans la même situation. Et on se passe les informations ». Au final, « il y a toujours des périodes plus creuses, surtout avec la conjoncture, mais je ne suis jamais restée bien longtemps sans travailler », conclut-elle sur la page Facebook du Blabla du préparatoire.

Dans le Nord-Pas-de-Calais, les périodes inter-contrats d’Estelle (31 ans) n’ont jamais dépassé les quinze jours ou trois semaines.

(1) Le turn-over dans les pharmacies d’officine, OMPL, 2010

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À lire dans Porphyre n° 521 d'avril 2016.




Annabelle Alix

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