Quand l’innovation crée la performance - Pharmacien Manager n° 239 du 01/11/2023 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Pharmacien Manager n° 239 du 01/11/2023
 
ROBOTISATION

AVANT-GARDE

DIGITALISATION

Auteur(s) : Yves Rivoal

Après deux années de forte croissance, le marché de la robotisation des officines est resté très dynamique et innovant en 2023. Les fabricants de robots et automates ont, en effet, introduit sur le marché de nouveaux modèles ou de nouvelles fonctionnalités visant à faciliter toujours plus le quotidien des équipes officinales.

Beaucoup de titulaires ne connaissaient pas la robotisation et l’automatisation il y a cinq ans. La pandémie de Covid-19 a changé la donne, observe Dalila Boukhalfa, responsable marketing de BD Rowa France. Les attentes et les comportements des patients ont évolué. De plus en plus d’officines sont aussi confrontées à des pénuries de personnel, alors qu’elles doivent s’emparer de nouvelles missions. Et comme elles doivent en plus faire face à une augmentation de la masse salariale et à l’inflation, la robotisation s’est imposée comme l’une des solutions pour relever tous ces nouveaux défis. 2023 a donc encore été marquée par une très forte demande, après une année 2022 qui avait, elle, été exceptionnelle. » « Le marché est réellement en train de se démocratiser, confirme Emmanuel Zittoun, le directeur France de Pharmathek. Aujourd’hui, nous avons moins besoin d’expliquer aux pharmaciens les vertus de la robotisation car, souvent, ils les connaissent déjà bien. Ils savent que s’équiper avec un robot est toujours un investissement rentable, quelle que soit la typologie de l’officine. Les questions qu’ils nous posent sont donc tout de suite très opérationnelles : quel type de machine, avec quelle contenance, où la positionner… »

Les attentes des pharmaciens ont, elles, finalement peu évolué. « Les robots-automates représentent encore aujourd’hui 75 % de nos ventes, les titulaires privilégiant les solutions hybrides leur permettant de bénéficier du confort du robot et de la vitesse de délivrance de l’automate », confie Olivier Resano, le directeur commercial de Mekapharm. « Le marché a tendance à se segmenter en deux grandes catégories, avec d’un côté, les pharmacies de moins de 3 M€ qui s’équipent d’un robot avec un bras pour la délivrance et de l’autre les officines de plus de 3 M€ qui préfèrent, elles, les solutions hybrides pour éviter les temps d’attente au comptoir », complète Morgan Charlet, le responsable marketing opérationnel France de Meditech.

Innover pour se démarquer.

Pour se différencier dans ce secteur très concurrentiel, les fabricants ont continué cette année de miser sur l’innovation. Pharmathek a, par exemple, présenté au dernier salon PharmagoraPlus, Genesi, un robot-comptoir actuellement en test dans une première pharmacie en Italie. La commercialisation devrait débuter au premier semestre 2024. « Genesi constitue une vraie rupture sur le marché car il s’installe à la place des comptoirs, souligne Emmanuel Zittoun. Il intéressera plus particulièrement les pharmacies disposant d’une surface réduite, mais aussi celles qui ne souhaitent pas réaliser de travaux de rénovation ou qui n’ont pas la chance d’avoir un back-office adapté pour un robot traditionnel. Le gain d’espace réalisé permettant de créer l’espace de confidentialité qui manque… » Modulable et entièrement personnalisable aux couleurs de la pharmacie, cet appareil de 1 mètre de haut et de profondeur peut supporter jusqu’à quatre postes de travail pour une largeur de 5 m et peut contenir jusqu’à 3 200 boîtes. Emmanuel Zittoun conseille aux pharmaciens de ranger dans ce robot les médicaments de faible ou moyenne rotation et de placer les plus fortes rotations à proximité. Si son prix n’est pas encore fixé, le directeur France assure que Genesi sera proposé à un tarif inférieur à celui des robots traditionnels. De son côté, Mekapharm a augmenté de 10 à 20 % la capacité de stockage sur les étagères de ses hybrides Optima et Optima+ et de ses robots Omega et Omega+. « Nous avons modifié nos algorithmes pour aller encore plus loin dans l’optimisation du stockage physique », précise Olivier Resano. Une série de nouveautés a également vu le jour sur les chargeurs automatiques. BD Rowa a sorti la troisième génération de son modèle BD Rowa™ EasyLoad. « En termes de vitesse, nous avons encore amélioré le débit puisque le chargeur met entre onze et dix-huit secondes pour traiter une boîte, ce qui constitue une prouesse technologique, note Dalila Boukhalfa. Nous avons aussi gagné en fiabilité, afin de permettre aux pharmacies de charger leur robot pendant la nuit, et en niveau sonore pour que les pharmaciens puissent installer leur chargeur juste derrière les comptoirs sans que cela ne perturbe ni l’équipe ni les clients. » Mekapharm s’apprête, lui, à sortir une version 2024 de son chargeur 100 % automatique Alpha. « Nous avons gagné en moyenne 10 % en vitesse par rapport à la version précédente. Dans certains cas, il est même capable de dépasser les 300 boîtes rangées par heure », assure Olivier Resano.

Gagner en efficacité.

Les industriels ont enfin beaucoup travaillé la partie software pour améliorer les performances de leurs appareils. « Notre logiciel BD Rowa Pickup Cloud peut être relié au robot pour alimenter automatiquement la borne de retrait BD Rowa Pickup 24h/24, 7j/7 », souligne Dalila Boukhalfa. Il peut aussi être utilisé sans être connecté au robot ou sans borne pour optimiser la gestion des produits. » Meditech a, lui, développé une nouvelle version du logiciel Lochting qui contribue à alimenter automatiquement sa borne de retrait self-service MT.Matic Slim. « Cette nouvelle version, qui permet aux équipes officinales de gagner un temps précieux, a aussi la particularité de gérer les écrans linéaires digitaux », précise Morgan Charlet. Meditech a également introduit une nouveauté sur les logiciels chargés de piloter ses robots et automates. « Ils sont désormais en capacité de définir un certain nombre de zones à l’intérieur du robot, qui pourront notamment être dédiées aux produits saisonniers à forte rotation ou à la préparation des doses à administrer (PDA) », confie-t-il.

Mekapharm a, lui, conçu de nouveaux algorithmes de traitement des données afin d’accélérer le travail au remplissage et à la délivrance de son hybride Optima et de son robot Omega. « Désormais, pendant que le robot se déplace pour aller chercher plusieurs boîtes à ranger en multi packaging, il choisit déjà l’ordre dans lequel il va les prendre et les endroits où il les stockera. Cela permet, là encore, de gagner en vitesse de rangement, plus de 10 % en moyenne selon les premiers tests réalisés », note Olivier Resano. De son côté, Pharmathek a développé un nouvel algorithme : Stratega. « Pour améliorer les performances du robot, l’enjeu n’est plus aujourd’hui d’accélérer la vitesse de déplacement du bras. Ce qui va permettre d’accélérer le rangement et la délivrance, c’est la diminution des trajets qu’il effectue, explique Emmanuel Zittoun. Jusqu’à maintenant, tous les robots allaient chercher la boîte la plus proche en date de péremption pour faire tourner le stock. Nous avons décidé de changer d’approche, notamment sur les produits à forte rotation où il ne sert à rien d’aller chercher la boîte avec la date de péremption la plus proche. Le logiciel va identifier celle qui sera la plus près de la position du bras ou de la boîte suivante à aller chercher. Au final, toutes les améliorations que nous avons apportées à notre logiciel permettent de gagner en performance sur la vitesse de délivrance et sur la capacité de rangement », conclut le directeur France.

EN BREF

Livraison

Après Lockeford en Californie et College Station, au Texas, Amazon va étendre Prime Air, son service de livraison par drone en moins d’une heure, à une troisième ville américaine. En 2024, le géant de l’e-commerce prévoit également de le lancer au Royaume-Uni et en Italie. À College Station, Prime Air vient de démarrer la livraison de médicaments sur ordonnance. Avec ses drones, Amazon ambitionne à terme de livrer ses clients Prime en 30 minutes…

Data

Implantée depuis plusieurs années dans le secteur de la santé, notamment dans la livraison de médicaments à domicile, La Poste affiche ses ambitions en créant La Poste Santé & Autonomie. Objectif : favoriser la prévention et le maintien en bonne santé à domicile, et valoriser la donnée de santé en se positionnant comme un partenaire de référence pour les professionnels de santé, les établissements et les industries de santé. Cette nouvelle entité, qui regroupe l’ensemble des activités et filiales santé du groupe emploie 3 000 personnes. Après avoir réalisé un CA de 300 M€ en 2022, elle vise les 500 M€ à l’horizon 2030.

Robotique

Thuasne vient de nouer un partenariat avec Reev, une start-up toulousaine spécialisée dans la robotique au service de la mobilité. Les ingénieurs de Reev vont intégrer un système de motorisation intelligent à l’orthèse SpryStep® Vector Kafo afin d’assister des patients souffrant de troubles de la marche dans leurs activités quotidiennes telles que le passage d’une position assise à une posotion debout, la montée d’escaliers, etc.

100 % RECYCLABE

Tel sera le nouvel habillage extérieur, à base d’aluminium, des appareils Mekapharm en 2024.

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