La couche écolo made in France - Pharmacien Manager n° 231 du 01/03/2023 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Pharmacien Manager n° 231 du 01/03/2023
 
NATUROPERA

MARQUES

INDUSTRIE

Auteur(s) : Samia Ouledcheikh

Spécialiste de la couche bébé écolo, Naturopera vient de lancer sa propre usine de production en France. Une offre qui arrive à point nommé pour la pharmacie : avec l’inflation, les prix des changes ont explosé.

Geoffroy Blondel de Joigny et Kilian O’Neill, fondateurs de la PME française à impact Naturopera, ont inauguré le 18 octobre dernier une usine de couches écologiques à Bully-les-Mines dans les Hauts-de-France. « Aucune usine de couches ne s’est implantée dans le pays depuis trente ans », affirme Geoffroy Blondel de Joigny. Et même si les deux entrepreneurs restent lucides, ils préfèrent apporter leur pierre à l’édifice, plutôt que de ne rien faire. « Nous avons fait le choix des produits bons pour la planète. » L’offre de Naturopera compte aujourd’hui 140 références : de la couche pour bébé à la culotte d’apprentissage, en passant par les cotons, les liquides, les crèmes réparatrices, l’hygiène féminine et les produits d’entretien pour la maison. « Nous sommes positionnés sur le non-alimentaire et l’hygiène familiale. Des produits 100 % made in France, naturels, bio et accessibles à tous. À l’exception de l’hygiène féminine, car nous n’avons pas trouvé de partenaire industriel français », détaille Geoffroy Blondel de Joigny. Et il met en avant une stratégie particulièrement payante au moment où le marché des changes est chamboulé en pharmacie, avec des augmentations « monstrueuses » : « En octobre-novembre, beaucoup de groupements de pharmacies se sont offusqués des 60 à 70 % de hausse constatée sur le produit fini. Nous avons aussi dû augmenter nos prix, mais très peu, proposant ainsi la couche quasiment la moins chère, alors qu’elle est made in France. Nous avons choisi de rogner sur nos marges – les marges d’usine, notamment, font tampon. Notre politique est payante : nos couches étaient déjà accessibles, car nous étions grosso modo sur un prix médian. Aujourd’hui, nous sommes 30 % moins chers que le leader. »

Maîtriser la production.

C’est tout naturellement que Naturopera s’est tourné vers les couches pour lancer sa première activité de production. « Un marché de volume où il faut produire à tarif raisonnable tout en répondant à des exigences fortes des consommateurs sur la santé et l’écologie, particulièrement en pharmacie. Jusqu’à la propreté, un bébé utilise 4 500 couches. La meilleure manière de réduire cet impact, c’est d’être à la manœuvre dès la production », affirme Geoffroy Blondel de Joigny. La concrétisation de ce projet aura pris trois ans : « Le temps de trouver les financements, un entrepôt, une machine, de recruter un directeur d’usine, etc. Comme une seule couche contient 14 matières premières, nous avons aussi dû rechercher des fournisseurs », se remémorent les deux associés.

Cette première usine a nécessité un investissement de 14 M€, pour lequel Naturopera a touché différentes aides de la région, du département, des collectivités territoriales et de l’État via le plan « France Relance », etc.

Un bilan carbone optimisé.

L’usine s’étend sur 19 000 m2 et se divise en trois parties : production, entreposage des matières premières et expédition. L’ensemble est fondé sur une démarche circulaire (récupération de chaleur et d’eau, maintien de la température de l’usine grâce à la végétalisation, etc.) et une faible consommation énergétique. C’est le premier bâtiment en Europe qui récupère l’air présent dans la machine, réchauffé par 230 moteurs, pour se chauffer l’hiver. Enfin, les fondateurs de Naturopera se sont engagés à optimiser au maximum le bilan carbone du site, en incitant les salariés aux mobilités bas carbone et en réduisant les flux de transport… Côté emplois : entre le 1er trimestre 2022 et le 1er trimestre 2023, Naturopera a multiplié par trois ses effectifs, passés de 35 à 110 salariés.

Des couches écologiques.

« Maîtriser, innover, contrôler… est notre leitmotiv », insiste Kilian O’Neill, avant d’ajouter : « Nos produits sont aussi absorbants que ceux de la concurrence, plus sains (les parfums ou substances nocives ont été remplacés par un matelas de cellulose de qualité sans chlore), en plus de rester à des prix accessibles. » Des affirmations qu’il étaye grâce aux résultats des tests comparatifs menés par divers laboratoires indépendants et par les certifications obtenues sur toutes ses gammes. « Tous nos produits sont labellisés Nordic Swan, label le plus référent dans les produits textiles, et la cellulose est FSC (Forest Stewardship Council). »

Une marque pour l’officine.

Les changes des trois marques de Naturopera – Tidoo, Carryboo et Libellys – sortent de cette usine. Libellys pour l’officine est distribuée par Pediact (BioGaia). « Nous sommes à 800 officines et visons entre 1 500 et 2 000 à fin 2023 », ambitionne le dirigeant, qui pointe une concurrence forte en officine, « mais avec une offre qui souvent ne répond pas aux attentes des clients. 90 % des couches vendues en pharmacie sont les mêmes qu’en GMS [grande et moyenne surface, NdlR], mais en plus cher ! Il manque une marque technique et exclusive. » C’est le besoin auquel Naturopera souhaite répondre.

42 M€

C’est le chiffre d’affaires (CA) réalisé par Naturopera à fin 2022. La société prévoit un CA de 48 M€ en 2023.

1 TONNE DE DÉCHETS

C’est ce que représente chaque bébé jusqu’à l’âge de la propreté.

Source : Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

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