« DocMorris n’est pas qu’une plateforme transactionnelle, c’est aussi un écosystème de santé » - Pharmacien Manager n° 221 du 01/05/2022 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Pharmacien Manager n° 221 du 01/05/2022
 
DAVID MASÓ RESPONSABLE EUROPE DU GROUPE ZUR ROSE

RETAIL

ÉCHANGES

Auteur(s) : Peggy Cardin-Changizi

Avec plus de 12 millions de clients actifs en Europe et un CA de plus de 200 M€ en 2021, le Groupe Zur Rose, auquel appartient DocMorris, est la première place de marché européenne de produits de parapharmacie. En 2021, en France, Doctipharma est devenu DocMorris afin de renforcer l’identité de la marque.

PM Sur quoi repose votre modèle de marketplace ?

DM En France, notre modèle est celui d’une marketplace gérée. Les pharmacies intègrent leur catalogue de produits de soins et de beauté, leur stock et leurs prix à notre plateforme. Nous sommes en charge du processus transactionnel sur la boutique en ligne, de la logistique entre les pharmacies et les clients, et du service client en cas de litige. Nous collaborons désormais avec plus de 300 pharmacies en France, qui vendent 90 000 produits de bien-être différents.

PM Où en est la construction de votre écosystème en e-santé ?

DM En tant qu’entreprise centrée sur la satisfaction client, nous proposons une offre complète, allant du diagnostic à la livraison de produits, en passant par un service de suivi pour les patients souffrant de maladies chroniques. En Allemagne, nous avons notamment acquis Teleclinic, qui est désormais la plateforme principale de télémédecine. De plus, nous avons commencé à collaborer avec des grandes entreprises pharmaceutiques afin d’améliorer les parcours de santé des patients atteints d’obésité et de diabète. En Suisse, nous accompagnons déjà les patients avec le service Mediplus, qui les aide à mieux gérer leur traitement…

PM Et quelle est la place du pharmacien dans cet écosystème ?

DM Les pharmaciens sont des acteurs importants du système de santé en Europe et nous collaborons étroitement avec eux. En Allemagne, nous avons lancé le service DocMorris Express, en partenariat avec 200 pharmacies, afin de livrer des médicaments sans ordonnance dans les plus brefs délais, sous 2 heures maximum. Cela s’apparente à du quick commerce.

PM Croyez-vous au combo “pharmacies physiques” / “pharmacies en ligne” ?

DM Selon leurs besoins et situations respectives, les parcours d’achat des clients diffèrent. Certains veulent interagir avec des pharmacies physiques pour gérer des situations spécifiques, tandis que d’autres préfèrent les pharmacies en ligne. Grâce à notre programme d’ordonnances électroniques eRx, qui est en cours de déploiement en Allemagne, nous avons appris que 25 % des consommateurs préfèrent que leur ordonnance électronique soit traitée par une pharmacie en ligne, plutôt qu’une pharmacie classique. Mais, ces mêmes personnes se rendront aussi en pharmacie physique quand elles jugeront que c’est plus pratique pour elles. Cela signifie avoir des parcours où les pharmacies physiques sont les canaux privilégiés, et d’autres où ce sont les pharmacies en ligne. Les deux canaux travaillent déjà ensemble afin d’offrir la meilleure expérience aux clients.

PM Qu’en est-il du développement de l’application DocMorris lancée en France en juillet 2021 ?

DM Nous sommes très satisfaits du développement de l’application DocMorris en France, qui atteint 1 million de téléchargements. Celle-ci est amenée à évoluer, pour intégrer l’écosystème de santé déjà présent dans d’autres pays.

PM Envisagez-vous, comme en Allemagne, de compléter son offre avec un service d’e-prescription ?

DM Pour l’heure, la législation française n’autorise pas les ordonnances digitales. Si la France est prête à faire un pas dans cette direction, c’est avec plaisir que nous partagerons notre expérience en termes d’ordonnance digitale sur d’autres marchés.

PM Vous n’avez pas hésité à communiquer à la TV dès que cela a été possible. Quel est le résultat de cette campagne de communication ?

DM Le lancement de campagnes publicitaires est un véritable atout pour la création d’une marque. Cela lui a permis d’acquérir une certaine notoriété. Mais, pour bénéficier d’un véritable avantage concurrentiel, le plus important est d’avoir une bonne proposition de valeur, centrée sur les clients. Notre vision, qui consiste à ne pas être seulement une plateforme transactionnelle, mais aussi un écosystème de santé, va dans ce sens et s’inscrit dans cet objectif.

PM Par rapport à d’autres marketplaces spécialisées en pharmacie et parapharmacie (Newpharma, Pharmazon, 1001pharmacies), quel est votre positionnement en France ?

DM La France est un marché où la concurrence fait rage. Des centaines de sites e-commerce vendent des médicaments sans ordonnance et des produits de beauté et de soin. DocMorris positionne toujours les clients au cœur de son modèle. Nous nous concentrons sur les étapes essentielles de leur parcours de santé, de la sensibilisation au diagnostic, en passant par les traitements et le suivi. Notre objectif premier est d’améliorer la vie des patients et le parcours des clients en quête d’un mode de vie plus sain.

BIO EXPRESS

→ 1999

Diplômé d’un Master of Business Administration à l’ESADE (Barcelone).

→ 2003

Création de la start-up Futurlink, fournisseur de plateformes de marketing mobile.

→ 2009

Création de Qporama, plateforme en ligne de fidélisation client.

→ 2012

Co-créateur et P-dg de PromoFarma Barcelona, marketplace en ligne de produits de santé, soin et bien-être.

→ 2020

Nomination au poste de responsable Europe du groupe Zur Rose.

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