Les promesses de la télésurveillance - Pharmacien Manager n° 220 du 01/04/2022 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Pharmacien Manager n° 220 du 01/04/2022
 
NUMÉRIQUE

AVANT-GARDE

DIGITALISATION

Auteur(s) : Yves Rivoal

À partir du 1er juillet 2022, la télésurveillance entrera dans le remboursement de droit commun. Ce nouveau mode de prise en charge recèle de promesses pour les patients nécessitant un suivi médical à distance, les professionnels de santé et le système de soins.

Le marché de la télésurveillance médicale s’annonce très prometteur. « Si l’on se concentre uniquement sur les cinq pathologies qui feront l’objet d’un remboursement à partir du 1er juillet prochain, on obtient un potentiel de 682 M€ de CA à horizon 2023, confie Emmanuel Sève, div de l’étude “Les nouvelles perspectives du marché de la télésurveillance médicale” publiée par Xerfi en octobre 2020. Si son usage est élargi aux autres pathologies chroniques, qui touchent au total 21 millions de personnes en France, vous vous attaquez à une enveloppe de financements de plus de 100 milliards d’euros chaque année, soit 60 % du total des dépenses de l’Assurance maladie ».

Un exercice cadré.

Les cinq champs éligibles au remboursement à partir du 1er juillet prochain sont l’insuffisance rénale, l’insuffisance respiratoire, le diabète, l’insuffisance cardiaque et les prothèses cardiaques implantables. Une télésurveillance médicale inclut un dispositif médical numérique (DMN), une solution de télésurveillance et un accompagnement thérapeutique. « Pour les patients, rien ne change. Le plus souvent, ils continueront d’utiliser leurs hémodialyseurs ou leurs capteurs et lecteurs de glycémie habituels… », souligne Philippe Montaner, le président de Timkl, un prestataire de santé spécialisé dans l’accompagnement des patients chroniques. La transmission des données vers un cloud sécurisé s’effectue via des applications ou des objets connectés. Au bout de la chaîne, c’est toujours un professionnel de santé qui analyse et interagit avec le patient lorsqu’une anomalie est détectée.

« Pour les patients, le bénéfice est réel, assure Armelle Graciet, directrice des affaires industrielles du Snitem, le Syndicat national de l’industrie des technologies médicales. En oncologie, le suivi intervient en général tous les trois ou six mois. Avec la télésurveillance médicale, l’équipe de soins pourra intervenir plus rapidement, ce qui améliorera du coup la prise en charge et les chances de survie des patients ». Les pouvoirs publics ont eux aussi perçu le potentiel d’économie que la télésurveillance médicale pourrait générer pour l’Assurance maladie. « Un patient mieux suivi, c’est moins de consultations chez le spécialiste, moins de complications et d’hospitalisations et des durées de séjour à l’hôpital plus courtes après une intervention chirurgicale », rappelle Philippe Montaner.

Un rôle pour l’officine.

Pour le président de Timkl, les officines ont vocation à intégrer la chaîne de valeur de la télésurveillance. « Comme c’est déjà le cas pour les dispositifs médicaux prescrits par les médecins, les pharmaciens pourront délivrer et configurer l’accès à la solution de télésurveillance et montrer aux patients comment l’utiliser. Elle doit donc être considérée par les officines comme une opportunité de récupérer une partie du marché du dispositif médical aujourd’hui presque entièrement capté par les prestataires de santé à domicile (PSAD) », conclut Philippe Montaner.

EN BREF

APPLICATION

La base Claude Bernard, qui recense plus de 300 000 médicaments et produits de santé pour le compte de 150 000 professionnels de santé, est désormais accessible via une nouvelle application mobile. Celle-ci intègre des fonctionnalités de recherche des produits par scan du QR code, par nom du médicament et par indication. Elle permet aussi d’accéder aux monographies, aux documents officiels et aux aides sur la posologie, et fournit des informations sur l’actualité du médicament : l’approvisionnement, les rappels de lots…

TÉLÉCONSULTATION

Un décret paru au Journal Officiel le 19 février dernier pérennise le recours à l’Interruption volontaire de grossesse médicamenteuse (IVG M) en téléconsultation. Tessan propose donc aux femmes qui le souhaitent d’avoir recours à l’IVG M dans ses cabines installées dans les officines d’Île-de-France. Grâce à un partenariat pilote avec l’hôpital Tenon, une sage-femme accueille les femmes et leur prescrit les traitements nécessaires qui sont ensuite délivrés par la pharmacie.

START-UP

Synapse Medicine vient de boucler une levée de fonds de 25 M€ pour accélérer le développement de Synapse Pro, une plateforme qui embarque de l’intelligence artificielle (IA) pour aider les médecins et les pharmaciens à sécuriser la prescription et la délivrance des médicaments.

Pourrez-vous respecter la minute de silence en mémoire de votre consœur de Guyane le samedi 20 avril ?


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