LE QUICK-COMMERCE ENTRE DANS LA COURSE - Pharmacien Manager n° 219 du 01/03/2022 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Pharmacien Manager n° 219 du 01/03/2022
 
RETAIL

AVANT-GARDE

TENDANCE

Auteur(s) : Peggy Cardin-Changizi

Dans une société en pleine digitalisation, de nouveaux besoins et de nouvelles méthodes de consommation se développent. C’est le cas du “quick-commerce” (ou livraison ultra-rapide), qui est apparu de façon presque concomitante au Covid-19. Focus sur cette (jeune) tendance urbaine à fort potentiel.

Dark store”, “e-commerce on demand”, “fast delivery”… sont autant de termes anglo-saxons pour désigner le “quick-commerce”. Le principe : une promesse de livraison ultra-rapide opérée par des livreurs en vélos approvisionnés par des "dark stores" (mini-entrepôts de quartier). D’après le livre blanc de Bascule, qui retrace les évolutions récentes des changements du comportement des eShoppers, ce nouveau service de livraison express évolue sur un marché en pleine expansion, boosté par la crise du Covid-19. Considéré comme un commerce de troisième génération, le quick-commerce répond aux attentes des consommateurs qui sont de plus en plus pressés. « La livraison à domicile est une tendance qui va durer, assure Anne-Sophie Bouygues, responsable communication France de Flink. On vit dans une époque où les gens sont en recherche d’instantanéité et de flexibilité. C’est ce que nous leur apportons ».

Un C.A de 122 M€.

En moins d’un an, et à coups de levées de fonds, plusieurs acteurs étrangers se sont implantés en France : les allemands Gorillas et Flink, le turc Getir, le russe Yangoo Deli ou l’américain Gopuff qui a racheté le britannique Dija. Du côté des “Frenchies”, Frichti (n° 1 français et en phase d’être repris par Gorillas), Cajoo ou BAM (l’e-commerçant de La Belle Vie) se sont également lancés. Ces start-up ont investi le marché avec un niveau de service jusqu’alors impensable et avec des prix alignés sur ceux du commerce de proximité, observe Bascule. Résultat, en 2021, l’activité du quick-commerce a généré un C.A de 122 M€, en hausse de + 86 % versus 2020, selon le panéliste Iri. Un chiffre à remettre en perspective avec le marché global du e-commerce alimentaire évalué lui à 9 Mds d’euros en 2021, à + 51 % versus 2019 ! (Source Iri).

La livraison 15 minutes après commande.

Ces acteurs s’appuient sur une logistique centrée autour de “dark stores”, des anciens magasins de 200 à 400 m2, désormais fermés au public. Ces entrepôts urbains stockent en moyenne 2 000 références, contre plus de 20 000 en hyper, et 5 000 en magasins de proximité. Les produits sont implantés sur un chemin optimisant le temps de picking, qui ne doit pas dépasser 3 minutes afin de laisser le temps au livreur de faire sa course dans un rayon de 2 km et ce, pour tenir sa promesse de livraison en 10/15 minutes après commande. « Tout le système est construit autour de la livraison », insiste Paul Choppin, chargé du développement de Gorillas en France.

Les urbains : la cible privilégiée.

Le quickcommerce se développe principalement dans les grandes villes. Notamment à Paris où son taux de pénétration s’élève à 11,5 %, contre 1,5 % sur l’ensemble du territoire (Source Iri). Si en moyenne, les Français dépensent entre 20 et 30 € par commande à raison de 8 fois par an, les Parisiens ont tendance à dépenser un peu plus et à commander un peu plus souvent. Le cœur de cible : des jeunes de moins de 35 ans, urbains et CSP +. « Nous n’avons pas vocation à remplacer le supermarché ou les commerces de proximité, poursuit Paul Choppin (Gorillas). Nous répondons à une demande/un besoin à un instant précis. Et ce, avec un coût de livraison très compétitif compris entre 1,80 et 2,30 € ».

Des accords avec la GMS.

Qu’il s’agisse de légumes, de viande, d’alcool ou encore de papier toilette, presque tout est disponible sur ces applications. Chez les “quick-commerçants”, l’offre se compose à 70-80 % de produits issus des grandes et moyennes surfaces (GMS). Ce qui a poussé certains distributeurs à investir, à l’image de Carrefour avec Cajoo, Casino avec Gorillas, Système U avec La Belle Vie… Le reste des catalogues est constitué par une offre de produits locale et artisanale. « Nous sommes complémentaires des commerces de proximité et travaillons avec eux, ajoute Anne-Sophie Bouygues (Flink). Par exemple, nos viennoiseries viennent des commerces de quartier ». L’objectif à court et moyen terme pour les quick-commerçants est d’étendre leur présence sur le marché français. Ouvrir le maximum de "dark stores" et de villes est une priorité pour ces jeunes pousses qui doivent gagner rapidement des parts de marché. La course aux “dark stores” est donc ouverte !

24 %

de Français déclarent avoir déjà entendu parler du “quick-commerce”.

(Source : YouGov)

MONOPRIX COMPLÈTE SON OFFRE

En complément de ses solutions pour le plein de courses et la livraison en 2h proposée avec Amazon, Monoprix lance Monop’hop pour répondre aux besoins de courses ponctuels de ses clients. La livraison se fait dans les 20 minutes qui suivent la commande, depuis 180 magasins de l’Hexagone. Elle est assurée par Deliveroo, partenaire de la plateforme depuis 2020. Disponible sur l’Apple Store et Google Play, cette nouvelle application propose 2 000 références dont 40 % de produits à marques propres Monoprix. « Monop’hop se distingue en permettant aux clients de se connecter via leur compte M’ et de profiter de leurs avantages habituels et notamment bénéficier de 10 % de réduction immédiate et de la livraison gratuite s’ils sont abonnés à Monopflix », précise un porteparole de l’enseigne.

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