L’ESPRIT START-UP - Pharmacien Manager n° 219 du 01/03/2022 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Pharmacien Manager n° 219 du 01/03/2022
 

REPORTAGE

Auteur(s) : Fabienne Colin

La Grande Pharmacie Bailly met les moyens pour se faire une réputation sur les marques de cosmétiques de niche. Et ce, sans négliger ses savoir-faire historiques : l’orthopédie et le bébé.

Ici on aime les bébés », prévient d’emblée Mathilde Clément, titulaire depuis 2010 de la Grande Pharmacie Bailly à Paris (8e arrondissement). Avec sa sœur Constance, professionnelle de la mode, elles avaient d’ailleurs en 2018, créé le “Petit Bailly”, un magasin dédié aux besoins des trois premières années de l’enfant. Aujourd’hui après l’avoir fermé, elles voudraient rapatrier ce savoir-faire dans la nouvelle officine. Ainsi, le premier étage est totalement réservé aux bambins. Législation oblige, l’offre du Petit Bailly n’a pu être transférée intégralement. Vendre des poussettes et autres tables hautes par exemple est aujourd’hui interdit en officine. Mais, le duo travaille dans le but de faire évoluer le cadre juridique… Reste que dans cet espace, les parents sont accueillis loin du flot du rez-de-chaussée pour une prise en charge globale. « C’est la première fois que je viens ici, mais certainement pas la dernière », affirme Aude, une clientèle qui a entendu parler des lieux sur un groupe de jeunes mamans sur Facebook. Venue pour un biberon, des médicaments et des vaccins, elle repartira aussi avec du lait après avoir été entièrement servie à l’étage. De fait, le robot alimente le comptoir “bébé” comme tous les autres. La titulaire a quand même dû s’absenter au cours de la délivrance, le temps d’aller chercher les produits réfrigérés au rez-de-chaussée.

UNE OFFRE REVISITÉE.

Les habitués de la Grande Pharmacie Bailly connaissent surtout l’endroit pour son offre en orthopédie. Si cette dernière était jusque-là implantée à l’étage et traitée par cinq orthopédistes, la prise de mesure est désormais effectuée par toute l’équipe dans deux pièces situées juste derrière les comptoirs au rez-de-chaussée. Seul le sur-mesure revient à l’orthopédiste Vincent, un service sur rendez-vous via Doctolib. Pour les clients, l’autre évolution tient dans la présentation de l’offre. Exit les meubles de marques. Aucune signalétique ne départage la parapharmacie, la dermocosmétique et les compléments alimentaires. C’est à chacun de repérer, par exemple, le mural réservé aux marques fétiches de l’officine. Une sélection qui s’opère selon différents critères : l’histoire de la marque, son impact environnemental et la marge correcte qu’elle peut dégager… Constance Clément aime dénicher des pépites. « Je vois les marques avec un œil différent, les messages qu’elles véhiculent, les communautés qu’elles sont capables de créer », explique la styliste de formation également diplômée d’un MBA spécialisée en management des équipes. C’est sur le mural adossé à une sorte de grillage, à droite de l’entrée de la rue Saint-Lazare, que s’alignent les onéreuses Augustinus Bader (80 € les 100 ml d’huile corps) et Oryza, mais aussi des petits prix comme Q+A. « On mise sur les produits qu’on ne trouve pas ailleurs, on aime soutenir les marques françaises indépendantes, les entrepreneurs au féminin, des courageuses qui s’investissent dans la promotion comme pour Krème, Talm, Skin&Out ou Odacité », égrène celle qui fait venir les start-uppeuses pour des animations… « Avant on vendait des marques au prix hors taxe. C’est fini tout ça ! », complète la titulaire. D’ailleurs, certaines d’entre elles comme Nuxe, Topicrem, Saugella, Arkopharma, ou encore Clarins qui voulait son meuble, n’ont pas fait le voyage du transfert. Et d’autres encore risquent de ne pas être poursuivis tels Filorga, Liérac, Galénic… L’adresse cultive sa réputation auprès des start-up de beauté.

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