La nouvelle automédication - Pharmacien Manager n° 166 du 28/03/2017 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Pharmacien Manager n° 166 du 28/03/2017
 

NEWS

Auteur(s) : CHRISTOPHE DUTHEIL*, MYRIAM LORIOL**

Que ceux qui associent l’automédication aux médicaments otc révisent leur définition. aujourd’hui, la pratique s’inscrit dans une démarche globale de consommation responsable appelée selfcare. Et représenterait un véritable booster de l’activité officinale. démonstration.

Les ventes hors ordonnances seraientelles devenues l’hormone de croissance de l’officine ? À en croire le baromètre 2016 de l’Afipa qui s’appuie sur les données collectées par Openhealth, la réponse est « oui ». Ainsi, le chiffre d’affaires du hors prescription (7 milliards d’euros) a grimpé l’année dernière de + 3,9 %, contre + 1,5 % pour celui des médicaments remboursés (29,2 milliards d’euros). Et l’automédication dans tout ça ? L’Afipa l’aborde au travers d’un marché qu’elle dénomme selfcare. Ce terme regroupe les médicaments vendus sans ordonnance (remboursables ou OTC strict), les dispositifs médicaux (pansements, préservatifs, thermomètres…) et les compléments alimentaires. Ces trois segments pèsent en tout 3,9 milliards d’euros en 2016 en France, et affichent une progression de + 4,8 %. Alors qu’à eux seuls, les médicaments achetés sans prescription médicale (2,33 milliards d’euros) sont à 3,3 %.

L’Afipa estime que le marché du selfcare contribue à hdiv de 25 % à la croissance actuelle des officines. L’association, il est vrai, a tout intérêt à valoriser le secteur de l’automédication en ne la cantonnant plus aux seuls produits avec AMM. Représentant les industriels distribuant en pharmacie des produits de santé sans ordonnance, elle prêche ni plus ni moins pour une augmentation des déremboursements de médicaments. Et assure que la France accuse un sérieux retard à l’échelle européenne : en volume, la part de marché de l’automédication sur le CA des pharmacies n’y atteindrait qu’un « petit » 15,4 % en 2014, quand elle s’élèverait à 57,8 % au Royaume-Uni et à 44,8 % en Allemagne sur la même période. En cause : « une offre qui demeure insuffisante », d’après Dominique Giulini, président de l’Afipa. Il précise que plusieurs traitements importants qui demeurent introuvables en France sont déjà autorisés et répandus dans des pays voisins – par exemple pour guérir la rhinite allergique, l’asthme ou l’acné mixte… Petit bémol : pour Lionel Déchelette, pharmacien à la direction prospective et études de marché de Pierre Fabre Consumer Health Care, « le marché hexagonal de l’automédication atteint des niveaux comparables à celui des autres pays européens, si l’on y intègre pour comparaison les médicaments de prescription médicale facultative (Ndlr, tel le Dolipran). »

SANTÉ globale

« Depuis quatre à cinq ans, la croissance de l’automédication se fait sur les produits de santé au sens large, en tout cas sur tous ceux qui sont perçus comme des produits de santé par les consommateurs », poursuit Lionel Déchelette. Autrement dit, les Français ne se soignent pas d’eux-mêmes qu’avec des médicaments. Et considèreraient aussi les produits sans AMM, type compléments alimentaires ou aromathérapie, comme des traitements à part entière. Très attachés à leur système de santé, nos concitoyens s’en remettent pour l’heure surtout à l’automédication pour traiter des problèmes a priori « bénins », comme les maux de tête (77 %), les rhumes (63 %) ou les maux de gorge (69 %), selon les résultats d’une enquête en ligne menée par l’institut de sondage Ipsos, du 3 au 5 mai 2016, pour Pierre Fabre. Pour des troubles pourtant handicapants comme les problèmes de sommeil ou l’anxiété, respectivement 57 % et 59 % des personnes interrogées déclarent préférer « attendre que cela passe ». Dans 56% des cas, elles ont recours au pharmacien pour lui demander le médicament qui leur conviendrait le mieux.

CONSEIL attendu

Pour le choix de l’officine, c’est toujours la proximité qui prime (82 % des répondants), tandis que les prix ne sont déterminants que pour 21 % des répondants. Pourtant, des écarts parfois significatifs sur les médicaments sans ordonnance viennent d’être constatés par l’association Familles rurales. D’après son « Observatoire des prix des médicaments 2016 », le prix d’une boîte de Nicopass peut par exemple varier de 14,99 euros à 31,30 euros selon l’endroit où on l’achète.

La qualité de l’accompagnement et de l’offre sont aussi des critères clés, pour respectivement 63 % et 62 % des personnes interrogées par Ipsos. « Le pharmacien, qui arrive ainsi juste après le médecin généraliste ou le spécialiste dans la liste des professionnels auxquels les Français font confiance pour les conseiller, a une vraie carte à jouer », relève Luc Barthélémy, directeur des études santé chez Ipsos. Charge à aux équipes de densifier leurs offres au-delà du médicament OTC et d’étoffer leurs conseils en termes de prévention.

OTC

EXCLUSIF Les labos préférés des pharmaciens

Selon l’enquête de l’institut Gallileo Business Consulting, que révèle Pharmacien Manager, Urgo et Upsa Conseil tirent leur épingle du jeu.

Boiron, Cooper, Sanofi, Upsa Conseil (Britol Myers Squibb) et Urgo. Tels sont, par ordre alphabétique, les cinq laboratoires OTC les plus attractifs pour les pharmaciens en 2016, selon Gallileo Business Consulting. Pour établir ce constat, l’institut d’études et de conseil a sondé en novembre dernier un panel représentatif de 329 officinaux tricolores et a demandé de juger 13 laboratoires leaders du marché OTC. Les résultats de l’enquête, intitulée « Pharma’Scope – OTC », sont révélés en exclusivité dans Pharmacien Manager.

Globalement, les pharmaciens évaluent la performance des labos à 6,1 sur 10. Et ce, en se basant sur 27 critères qui concernent le produit (qualité, efficacité…), la marque (notoriété, communication…), la visite du représentant, les conditions commerciales, et l’accompagnement. Sur ce dernier point, la note de performance est perfectible puisqu’elle n’est que de 5,5 sur 10. Autant dire que les titulaires demandent à leurs partenaires industriels plus d’outils d’aide au conseil, plus de soutien merchandising et de formation, pour booster leurs ventes OTC. Deux laboratoires tirent plus honorablement que les autres leur épingle du jeu. à savoir Urgo et Upsa Conseil. Le premier fait un sans faute : il est cité dans le Top 5 des labos, quant à la performance de la marque, des produits, de la relation commerciale, de la politique de prix et des services aux officinaux. Upsa, lui, récolte les mêmes honneurs, sauf sur la visite du représentant.

59 %

DES FRANÇAIS – SOIT PLUS D’UN SUR DEUX – estiment que certaines consultations (au cours de l’année passée) chez le médecin généraliste pour un problème de santé bénin, auraient pu être remplacées par un passage direct à la pharmacie.

VENTE EN LIGNE

Seuls 11 % des français ont déjà acheté sur Internet leurs médicaments sans ordonnance, et 14 % se disent prêts à le faire. Reste que 75 % de nos concitoyens déclarent ne pas avoir l’intention de recourir à ce type de pratique.

L’ESSENTIEL

→ Le marché de l’automédication regroupe aujourd’hui un marché plus large que celui du médicament sans ordonnance. Il englobe la notion de bien-être et de prévention : compléments alimentaires, autotests…

→ Les statistiques montrent que les segments des compléments alimentaires et des dispositifs médicaux sont en plus forte évolution que celui du médicament acheté sans prescription.

→ Le pharmacien reste un élément clé de l’avenir de l’automédication : pour orienter les patients dans leur choix mais aussi pour valoriser l’offre.

→ Il attend des laboratoires plus d’accompagnement en point de vente.

52 %

C’EST LE TAUX DE FRANÇAIS qui ont eu recours à l’automédication trois fois ou moins dans l’année. Autant dire qu’il existe une marge de progression réelle.

Source : enquête Consumer Health Care Pierre Fabre/Ipsos 2016 auprès de 3018 consommateurs.

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