Comment se transmet et se manifeste une hépatite E ?  - Le Moniteur des Pharmacies n° 3501 du 17/02/2024 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
LE MONITEUR DES PHARMACIES n° 3501 du 17/02/2024
 
INFECTIOLOGIE

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QUESTION DE COMPTOIR

Auteur(s) : Par Delphine Guilloux

 

L’hépatite E est une zoonose due au virus de l’hépatite E (VHE) dont le mode de transmission est essentiellement lié à la consommation d’eau contaminée, pour les pays en développement, ou de viande (porc, sanglier, cerf, etc.) crue ou peu cuite, pour les pays industrialisés. D’autres modes de transmission sont également possibles mais plus rares : transmission manuportée, pour les professionnels exposés (éleveurs de porcs, vétérinaires, chasseurs, personnels des abattoirs, etc.), maternofœtale, transfusionnelle et par don d’organe. On dénombre environ 2 000 cas chaque année en France. Les deux principaux risques de la forme aiguë sont la complication en une hépatite fulminante et la chronicisation. L’hépatite E aiguë est asymptomatique dans 70 % des cas et symptomatique dans 30 % des cas. Après une incubation de 2 à 10 semaines, l’infection se manifeste principalement par une fièvre modérée, des troubles digestifs (douleurs abdominales, diminution de l’appétit), des démangeaisons, des douleurs articulaires, un ictère avec urines sombres, selles pâles et hépatomégalie. Elle peut aussi être responsable de troubles extrahépatiques, notamment d’atteintes neurologiques et rénales. La guérison de l’hépatite aiguë est le plus souvent spontanée.

 

La forme sévère nécessite, en revanche, un traitement symptomatique et mène parfois à une transplantation hépatique. L’hépatite E chronique touche principalement les sujets immunodéficients. Sa prise en charge passe par la correction de l’immunodépression. La ribavirine peut être proposée dans certains cas d’hépatite chronique et de manifestations extrahépatiques. Le taux de mortalité est estimé entre 1 et 4 % chez les adultes. Il peut atteindre 15 à 20 % en cas d’hépatite fulminante chez les femmes enceintes. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande aux personnes à risque (patients immunodéprimés, atteints d’une maladie hépatique,femmes enceintes) de prendre des précautions particulières pour limiter la possibilité d’infection, notamment le lavage des mains, des ustensiles et des surfaces après manipulation de foie de porc cru et une cuisson à cœur des aliments à risque tels que les saucisses sèches de foie, la pâte à quenelle et le figatellu (saucisse sèche à cuire corse). Il n’existe actuellement pas de vaccin disponible contre l’hépatite E.

 
 
 
  • Sources : Santé publique France ; Anses ; Institut Pasteur de Lille ; Hépatites info service.

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