Calquence, dans la leucémie lymphoïde chronique - Le Moniteur des Pharmacies n° 3463 du 29/04/2023 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
LE MONITEUR DES PHARMACIES n° 3463 du 29/04/2023
 
NOUVELLE MOLÉCULE

EXPERTISE

NOUVELLE MOLECULE

Auteur(s) :
Par Yolande Gauthier

L’acalabrutinib Calquence est une nouvelle option thérapeutique par voie orale dans le traitement de la leucémie lymphoïde chronique. Ce médicament peut être utilisé en première ou en deuxième intention.

Indications remboursées

Traitement de première ligne de la leucémie lymphoïde chronique (LLC), en monothérapie ou en association avec l’obinutuzumab (Gazyvaro, à usage hospitalier), uniquement :

- chez les patients adultes ne présentant pas de délétion 17p ni de mutation TP53 lorsqu’ils sont inéligibles à un traitement à base de fludarabine à pleine dose ;

- chez les patients adultes présentant un statut cytogénétique de mauvais pronostic (délétion 17p ou mutation TP53).

Traitement de deuxième ligne et plus de la leucémie lymphoïde chronique, en monothérapie chez les patients adultes.

Mode d’action

 

L’acalabrutinib est un inhibiteur sélectif de la tyrosine kinase de Bruton (BTK). Il entraîne l’inactivation irréversible de la BTK, avec des interactions hors cible minimes. La BTK est une molécule de signalisation des voies des récepteurs antigéniques des cellules B et des récepteurs de cytokines. Elle stimule ainsi la survie et la prolifération des lymphocytes B, et est essentielle à l’adhésion, au transport et au chimiotactisme de ces cellules.

Posologie

La dose recommandée est de 100 mg (une gélule) 2 fois par jour, avec un intervalle de 12 heures entre les prises.

Le traitement est poursuivi jusqu’à la progression de la maladie ou la survenue d’une toxicité inacceptable.

Contre-indication

 

Hypersensibilité à l’un des composants.

Grossesse et allaitement

Calquence ne doit pas être utilisé pendant la grossesse, sauf si l’état clinique de la femme le nécessite.

Ne pas allaiter durant le traitement et pendant 2 jours après la dernière dose.

Effets indésirables

 

Une infection, des céphalées, une diarrhée, des hématomes, des douleurs musculosquelettiques, des nausées, une fatigue, une toux ou un rash sont très souvent observés pendant le traitement.

Interactions médicamenteuses

Eviter l’utilisation concomitante d’inhibiteurs puissants (kétoconazole, clarithromycine, ritonavir, voriconazole, etc.) ou d’inducteurs puissants (rifampicine, phénytoïne, carbamazépine, etc.) du CYP3A ou de la P-gp (augmentation ou diminution de l’exposition à l’acalabrutinib, avec risque de toxicité ou de perte d’efficacité). Lors de prise d’un inhibiteur puissant du CYP3A ou de la P-gp à court terme (par exemple, un anti-infectieux pendant 7 jours au maximum), interrompre Calquence.

Surveillance étroite pour détecter les effets indésirables en cas d’utilisation concomitante d’inhibiteurs modérés du CYP3A.

Prudence en cas d’administration concomitante par voie orale de substrats du CYP3A4 à marge thérapeutique étroite (ciclosporine, ergotamine, etc.).

Eviter la coadministration d’inhibiteurs de la pompe à protons (diminution de l’exposition à l’acalabrutinib), de warfarine ou d’autres antagonistes de la vitamine K.

Prendre Calquence 2 heures avant ou 10 heures après la prise d’un antagoniste des récepteurs H2. Espacer d’au moins 2 heures la prise d’antiacides.

Prendre les substrats de la breast cancer resistance protein (BCRP) administrés par voie orale et à marge thérapeutique étroite, comme le méthotrexate, au moins 6 heures avant ou après l’acalabrutinib.

Surveillance particulière

La prise en charge de Calquence est subordonnée à la réalisation d’un électrocardiogramme dès lors que le traitement est envisagé, ainsi qu’à une surveillance cardiaque clinique et au besoin électrocardiographique attentive au cours du traitement.

Sérologie du virus de l’hépatite B avant le début du traitement. Si elle est positive, un hépatologue doit être consulté et il convient de mettre en place une surveillance pour prévenir une réactivation de l’hépatite B.

Recherche des signes et symptômes d’infection, à traiter lorsque cela est médicalement approprié.

Surveillance de la numération de la formule sanguine lorsque cela est médicalement indiqué.

Surveillance et recherche de cancers cutanés.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Qu’est-ce que c’est ?

 

Comment se manifeste-t-elle ?

 
 

Fiche technique

Acalabrutinib 100 mg pour une gélule jaune et bleue, boîte de 60, 4 750,87 €, remb. SS à 100 %, AMM : 34009 302 129 2 9.

AstraZeneca : 01 41 29 40 00

Les prix sont mentionnés hors honoraires de dispensation.

 

Dites-le au patient

- Avaler les gélules entières (sans les mâcher, ni les dissoudre ou les ouvrir) avec de l’eau, à peu près à la même heure chaque jour, avec ou sans nourriture.

- En cas d’oubli d’une dose datant de plus de 3 heures, prendre la suivante à l’heure habituelle.

- Se protéger du soleil (risque de cancer cutané).

- Le rapport bénéfice/risque d’une suspension de Calquence pendant au moins 3 jours avant et après une intervention chirurgicale doit être évalué, car des événements hémorragiques peuvent survenir.

La leucémie lymphoïde chronique

Avec environ 4 500 nouveaux cas par an en France, la leucémie lymphoïde chronique (LLC) est la plus fréquente de ces maladies chez l’adulte, représentant environ 1 % de l’ensemble des cancers et 30 % de l’ensemble des leucémies. Elle touche davantage les hommes que les femmes et l’âge moyen au moment du diagnostic est de 71 ans pour les hommes et de 73 ans pour les femmes.

La LLC est une hémopathie maligne qui se caractérise par l’accumulation de lymphocytes B au niveau du sang, de la moelle osseuse, des ganglions lymphatiques et de la rate. La classification la plus utilisée en France est la classification de Binet qui évalue la présence ou non d’un syndrome tumoral en fonction du nombre d’aires ganglionnaires atteintes et des taux sanguins d’hémoglobine et de plaquettes. La classification de Binet permet de distinguer les stades A, B et C. Au moment du diagnostic, 70 à 80 % des patients sont au stade A, stade auquel la moitié d’entre eux restera avec une espérance de vie normale, l’autre moitié évoluant vers le stade B ou C, 15 à 20 % des patients sont au stade B avec une survie moyenne inférieure à 10 ans et 5 à 10 % des patients ont atteint le stade C avec une survie de 2 ans environ.

La LLC est souvent diagnostiquée lors d’une prise de sang de routine. Lorsqu’elle évolue, les signes cliniques qui surviennent sont les suivants : perte de poids, asthénie, fièvre, essoufflement, sueurs nocturnes… D’autres signes cliniques peuvent être présents : augmentation de la taille de certains ganglions lymphatiques et du volume de la rate ainsi que du volume des amygdales. Les principales complications de la LLC sont les infections bactériennes, virales et fongiques ou encore les complications auto-immunes pouvant notamment entraîner une baisse des globules rouges (anémie) et/ou des plaquettes (thrombopénie). Le syndrome de Richter, une forme particulière de lymphome, est une complication plus rare de la LLC.

L’avis de la HAS

- Service médical rendu important

- Amélioration du service médical rendu mineure (ASMR IV) en traitement de première ligne, pas d’amélioration du service médical rendu (ASMR V) en traitement de seconde ligne

- Population cible estimée à 2 500 patients par an

Délivrance

- Liste I

- Médicament soumis à prescription hospitalière

- Prescription réservée aux spécialistes en hématologie ou aux médecins compétents en maladies du sang

- Surveillance particulière pendant le traitement

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