Un stock d’arguments pour une substitution élargie - Le Moniteur des Pharmacies n° 3460 du 08/04/2023 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
LE MONITEUR DES PHARMACIES n° 3460 du 08/04/2023
 
PÉNURIES DE MÉDICAMENTS

TEMPS FORTS

FOCUS

Auteur(s) :
Par Anne-Hélène Collin

Auditionnés au Sénat par la commission d’enquête sur les pénuries de médicaments le 21 mars, Ordre, syndicats officinaux et hospitaliers et académiciens clament qu’il faut renforcer le rôle des pharmaciens pour faire face aux tensions d’approvisionnement.

 

« En pharmacie, on passe entre 6 à 12 heures par semaine à rechercher des molécules. C’est du temps qu’on n’a pas pour nos patients ». Pierre-Olivier Variot, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), plante le décor des conséquences des pénuries de médicaments devant les membres de la commission d’enquête du Sénat, le 21 mars, où sont auditionnés Ordre, syndicats et Académie nationale de pharmacie.

 

Il y a « des solutions qui ne sont pas assez mises en œuvre », souligne Carine Wolf-Thal, présidente de l’Ordre des pharmaciens, comme la possibilité de réaliser des préparations dans les pharmacies à usage intérieur (PUI) mais aussi dans les officines, à l’instar des préparations magistrales d’amoxicilline autorisées pour faire face aux tensions cet hiver. « Il faut pouvoir aller plus vite, plus loin, lance la présidente de l’Ordre. Parce que pour les ruptures qui s’inscrivent dans la durée, il faut trouver des solutions dans les semaines voire dans les jours qui suivent. Or des semaines voire des mois sont nécessaires avant de pouvoir soit autoriser des préparations, soit même autoriser la substitution par les pharmaciens. »

La substitution, on sait faire

 

Quant à la substitution, autre proposition avancée, « les pharmaciens savent faire, ajoute la présidente de l’Ordre. Pour nous, pharmaciens, c’est très simple, mais sur les plans réglementaire et de l’entente avec le prescripteur, c’est quasi impossible ». D’autant que des outils existent déjà, et certains peuvent être mis en place, comme des tableaux d’équivalence établis par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et qui permettraient de substituer certaines molécules en rupture par d’autres disponibles, « en prévenant le médecin mais sans forcément avoir son accord », propose le président de l’USPO.

 

« Dans le cadre du plan blanc actuellement à l’étude pour lutter contre les ruptures, il faut accorder au pharmacien le droit de substitution sur une liste de médicaments préétablie par l’ANSM et mobilisable en cas de plan blanc », propose, pour sa part, Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF). 

Une communication pas à la hdiv

 

« Les autorités nous doivent une information meilleure que celle que nous avons aujourd’hui. On doit savoir si le produit revient dans trois jours, dans une semaine, dans un mois ou dans un an. On n’agit pas de la même façon avec le patient », explique Philippe Besset. Bref, « il faut de la transparence », résume-t-il.

 

Concrètement, pour la profession, c’est la remontée d’informations qu’il convient d’améliorer à tous les étages de la chaîne du médicament. Il est important « qu’à tout moment » les ruptures soient expliquées et justifiées pour que le pharmacien puisse mieux réagir, demande Pierre-Olivier Variot. « Cette opacité fait qu’il y a une perte de confiance dans toute la chaîne. »

 

L’Ordre plaide pour renforcer le caractère obligatoire de DP-Ruptures, instrument précieux au quotidien mis en place par les pharmaciens : « C’est un bel outil mais rien, aujourd’hui, n’oblige les industriels à s’y abonner et à déclarer les ruptures auprès des dispensateurs », explique Carine Wolf-Thal.

 

Au manque de transparence, Elise Remy, membre du conseil d’administration du Syndicat national des pharmaciens des hôpitaux, ajoute le manque de réactivité : « Une fois que les stocks sont reconstitués, on ne comprend pas pourquoi ça n’arrive pas plus vite aux utilisateurs », fait-elle remarquer. Ajoutant que la liste des ruptures mise en ligne par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) n’est ni exhaustive… ni toujours à jour.

 
 
 

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