Lutéine et zéaxanthine - Le Moniteur des Pharmacies n° 3460 du 08/04/2023 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
LE MONITEUR DES PHARMACIES n° 3460 du 08/04/2023
 

EXPERTISE

MICRONUTRITION

Auteur(s) :
Par Nathalie Belin

Ces caroténoïdes apportés par l’alimentation sont présents en grande quantité au niveau du cristallin et de la région maculaire de la rétine où ils exercent de puissantes actions antioxydantes jouant un rôle bénéfique dans la prévention de certaines pathologies oculaires.

De quoi s’agit-il ?

La lutéine et la zéaxanthine sont des pigments dits xanthophylles : ils dérivent des caroténoïdes par ajout d’atomes d’oxygène. A l’inverse du β-carotène, ce ne sont pas des précurseurs de la vitamine A.

Nécessairement apportés par l’alimentation, ces pigments se concentrent au niveau du cristallin et surtout de la rétine où ils constituent une grande partie de la composition du pigment maculaire (avec la mésozéaxanthine qui provient de la conversion de la lutéine), lui conférant sa couleur jaune. La macula est une petite zone située au pôle postérieur de la rétine qui transmet au cerveau 90 % de l’information visuelle.

Les végétaux les plus riches en lutéine et en zéaxanthine sont le jaune d’œuf, les légumes verts (en particulier choux, brocolis, épinard, oseille, petits pois) et les fruits et légumes jaune-orangé (maïs, carotte, chou-fleur, citrouille, agrumes, tomate notamment).

Quel est leur rôle ?

Ces pigments jouent un rôle physique important de filtration des rayons ultraviolets et de la composante bleue de la lumière (longueur d’onde la plus énergétique atteignant la rétine). Par leur action antioxydante, ils neutralisent les radicaux libres et diminuent leurs effets délétères au niveau des tissus.

Selon certains travaux, la densité du pigment maculaire diminue avec l’âge, et de façon plus importante chez les fumeurs.

Que montrent les études ?

Aucune allégation nutritionnelle ne leur est reconnue, toutefois ces caroténoïdes jouent un rôle important dans deux pathologies oculaires.

Dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). De nombreuses études montrent qu’une alimentation de type méditerranéen, riche en fruits et légumes (apportant des antioxydants dont des caroténoïdes), céréales complètes et huile d’olive, diminuent le risque de développer une DMLA. Le bénéfice d’une supplémentation en vitamines et minéraux antioxydants a par ailleurs été montré pour limiter le risque de progression de la DMLA à raison de 10 mg par jour de lutéine et 2 mg par jour de zéaxanthine, en association avec des vitamines C (500 mg) et E (400 UI), avec du zinc (80 mg) et des acides gras oméga 3, soit 1 g par jour d’acides eicosapentaénoïque (EPA) et docosahexaénoïque (DHA). Cette supplémentation réduit de 25 % le risque de bilatéralisation de la maladie à 5 ans. La Haute Autorité de santé (HAS) recommande ainsi une supplémentation de ce type, après optimisation notamment du régime alimentaire, mais uniquement en prévention de l’atteinte du deuxième œil. L’intérêt de cette supplémentation n’est en effet pas clairement établi en prévention de la maladie ou aux stades précoces.

Dans la cataracte. Plusieurs études épidémiologiques soulignent l’intérêt d’apports alimentaires élevés en caroténoïdes, notamment en lutéine et en zéaxanthine, en prévention de la cataracte. En revanche, les essais cliniques n’ont pas permis d’établir le bénéfice d’une supplémentation en lutéine et en zéaxanthine et avec d’autres vitamines antioxydantes pour limiter le risque d’apparition de la cataracte.

Quelles précautions ?

Alors qu’une supplémentation en β-carotène à forte dose (supérieure ou égale à 20 mg par jour) chez le fumeur augmente le risque de cancer du poumon, cette relation n’est pas constatée avec la lutéine et la zéaxanthine.

Aucun risque particulier lié à la prise de ces pigments xanthophylles n’est rapporté. Il convient toutefois de ne pas cumuler différentes sources de compléments alimentaires à visée antioxydantes.

 
 
 
 
 

Les compléments alimentaires

- Les compléments alimentaires ne renferment pas des doses aussi élevées que celles utilisées dans les études sur la DMLA sauf pour la lutéine et la zéaxanthine, présentes aux doses préconisées (MaculA-Z, Nutrof Total, PreserVision 3, Suvéal Duo, Visioprev Duo, etc.). Ces références sont néanmoins recommandées dans la DMLA par les spécialistes en complément de règles hygiénodiététiques : arrêt du tabac, alimentation de type méditerranéen, contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire.

- Il est à noter que l’allégation « contribue à maintenir une vision normale » de ces références repose sur les apports en zinc et en DHA, les vitamines C, E (et le zinc) contribuant à protéger du stress oxydatif.

  • Sources : « Réduire le risque de DMLA en adoptant une alimentation méditerranéenne », actualité de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) du 20/12/2018 ; « Dégénérescence maculaire liée à l’âge », recommandations de la HAS, 2022 ; Saisine n° 2017-SA-0143 relative à l’actualisation des repères alimentaires du programme national nutrition santé (PNNS) pour les femmes dès la ménopause et les hommes de plus de 65 ans, avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ; programme Age-Related Eye Disease Study (Areds) ; « Dégénérescence maculaire liée à l’âge et nutrition », Correspondances en métabolismes, hormones, diabètes et nutrition, janvier-février 2017.

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