Phytothérapie, aromathérapie et maux de l’hiver - Le Moniteur des Pharmacies n° 3453 du 18/02/2023 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des Pharmacies n° 3453 du 18/02/2023
 

Cahier Formation

CONSEIL

Auteur(s) : Chantal Ollier

Télécharger au format pdf

LA PRÉVENTION

« Renforcer ses défenses naturelles, c’est possible ? »

Une alimentation équilibrée apportant suffisamment de vitamines et de minéraux (vitamines C et D, zinc en particulier) mais aussi de magnésium, ainsi qu’une durée suffisante de sommeil sont notamment nécessaires au fonctionnement normal du système immunitaire.

En complément, des plantes aux propriétés immunostimulantes peuvent être proposées en association avec des gestes barrières, indispensables pour éviter la transmission des pathologies épidémiques principalement.

Plantes et huiles essentielles sont déconseillées chez la femme enceinte ou allaitante, quelles que soient leurs indications.

PLANTES IMMUNOSTIMULANTES

Elles sont généralement proposées en cure de 10 à 15 jours par mois durant la période à risque.

L’échinacée pourpre

Les parties aériennes d’Echinacea purpurea bénéficient d’un usage bien établi dans la prévention à court terme et le traitement du rhume : des médicaments sont disponibles (voir page 7). Différentes parties de la plante ou d’autres espèces d’échinacées sont présentes dans des compléments alimentaires visant à renforcer l’immunité : Alvityl Défenses, Berocca Immunité Défense, Les miraculeux Gummies Immunité, Rhinostim d’Oligosanté, Immun Actifs de SynActifs, etc.

Les plantes adaptogènes

• Définies comme des régulateurs métaboliques, elles augmentent la capacité de l’organisme à s’adapter aux stress et à en prévenir les dommages sur l’organisme. Elles possèdent aussi des propriétés immunomodulatrices non spécifiques à la fois immunostimulantes et anti-inflammatoires. Réservées à l’adulte, sauf l’éleuthérocoque utilisable à partir de 12 ans, elles sont notamment indiquées en cas d’asthénie associée. Leur prise le soir est à éviter pour ne pas gêner l’endormissement.

• Le ginseng (Panax ginseng, racine) a fait l’objet d’une étude clinique suggérant des résultats favorables relatifs à sa capacité à prévenir le rhume chez l’adulte en bonne santé. Selon des recherches également, il potentialiserait les effets de la vaccination antigrippale. Des réactions d’hypersensibilité sont possibles ainsi que des insomnies et des troubles gastro-intestinaux.

En pratique : en infusion de 5 à 10 minutes, 1 à 2 g par tasse (1 cuillère à café = 3,5 g), 2 à 3 fois par jour ; dans des compléments alimentaires : Activ 4 Renfort (Naturactive), Dynabiane (Pileje), gamme Gerimax, etc.

• L’éleuthérocoque (Eleutherococcus senticosus, racine), également antiviral, a fait l’objet d’études cliniques montrant sa capacité à diminuer les complications infectieuses de la grippe et à réduire chez l’enfant la fréquence des infections virales respiratoires. Il peut induire insomnie, irritabilité, tachycardie et maux de tête.

En pratique : en décoction de 15 minutes, 0,5 à 4 g par jour en 1 à 3 prises ; dans des compléments alimentaires : Chrono Phyto Immunité (Olisma), Granions Défenses immunitaires, Ristabil (Laboratoires Leurquin Mediolanum), etc.

• L’astragale (Astragalus membranaceus, racine) est une plante de la médecine traditionnelle chinoise utilisée pour accroître l’énergie vitale, ainsi que le système immunitaire, et tonifier les poumons. Considérée comme adaptogène en Occident, elle est proposée notamment en cas de rhumes récurrents. Active par ses polysaccharides, elle augmente chez l’homme la réponse immunitaire spécifique et non spécifique en réponse à des infections virales et réduirait la fréquence et la durée du rhume. Elle est contre-indiquée aux premiers stades d’une furonculose et un avis médical est nécessaire en cas de maladie auto-immune.

En pratique : en gélules de poudre ou en décoction à la dose de 2 à 4,8 g par jour ; dans des compléments alimentaires : Phytostandard Cyprès Astragale (Pileje), Granions Nez-Gorge, Phytovex Nez-Gorge (Upsa), etc.

L’andrographis

L’échinacée d’Inde (Andrographis paniculata, parties aériennes) est une plante de la médecine ayurvédique, chinoise et thaïlandaise utilisée dans la prévention et le traitement des infections des voies aériennes supérieures. Antivirale, anti-inflammatoire et immunomodulatrice, elle stimule la réponse immunitaire spécifique et non spécifique et a fait l’objet d’études cliniques dans le traitement et la prophylaxie du rhume. Elle expose à des risques de troubles digestifs et de réactions d’hypersensibilité. Elle peut potentialiser les effets de l’isoniazide.

En pratique : plante au goût très amer, elle s’emploie en gélules de poudre à la dose de 1,5 à 3 g par jour après les repas et au coucher ; dans les compléments alimentaires : Actirub (Santé Verte), Propex Coup de froid (Ortis), etc.

Les champignons immunostimulants

• Leurs propriétés immunostimulantes, démontrées in vitro et chez l’animal ainsi que dans quelques études chez l’homme, sont attribuées à leurs polysaccharides. Ils sont de plus en plus présents dans des compléments alimentaires : Shiitaké Maitaké-Reishi d’Arkogélules Bio ou Copmed, Ergystimyl (Nutergia), Dayang Immunité Bio, MyVeggie Défense, etc.

• Le reishi (ou ganoderme luisant carpophore, Ganoderma lucidum) est employé depuis plus de 2 000 ans dans la médecine traditionnelle asiatique pour promouvoir la santé, la vigueur et la vitalité. Classé parmi les adaptogènes, il s’utilise sous forme de teinture ou d’extrait fluide en quantité équivalente à 1,5 à 6 g de reishi séché par jour.

• Le shiitaké carpophore (Lentinus edodes), apprécié de la cuisine asiatique et « élixir de vie » de la médecine traditionnelle chinoise, est préconisé pour procurer vigueur, énergie et diminuer le taux sérique de cholestérol. Immunostimulant avec une action ciblée sur les lymphocytes T, antiviral efficace sur les virus influenza, il s’emploie en gélules de poudre (300 mg, 2 fois par jour). Il est déconseillé en cas d’hyperéosinophilie.

Les plantes sources de vitamine C

• La vitamine C est nécessaire aux défenses naturelles mais les plantes qui en contiennent ne disposent pas d’allégations en ce sens. Elles sont proposées pour améliorer la résistance aux infections, prévenir et traiter les rhumes et syndromes grippaux ou soulager la fatigue passagère. Eviter d’en prendre après 16 heures pour ne pas gêner le sommeil.

• Le cynorrhodon, pseudo-fruit de l’églantier (Rosa canina), s’utilise en infusion de 10 minutes, 2 à 2,5 g par tasse (1 cuillère à café = 3,5 g), 2 à 3 fois par jour.

• Les fruits d’acérola (Malpighia glabra) et d’argousier (Hippophae rhamnoides) sont présentés sous la forme de jus déshydraté titré en vitamine C pour l’acérola (disponible en poudre ou en comprimés) ou de jus pour l’argousier.

AROMATHÉRAPIE

• Deux huiles essentielles (HE) immunostimulantes et antivirales sont préconisées, sur la base d’un usage traditionnel, pour limiter la contagion chez l’adulte en période épidémique. L’une ou l’autre s’emploie de préférence en application locale, moins toxique que la voie orale et tout aussi efficace, sur la voute plantaire (zone d’absorption rapide) ou le thorax (afin de cibler les fonctions respiratoires).

• L’HE de ravintsara à cinéole (Cinnamomum camphora CT cinéole de Madagascar, feuilles) : 4 gouttes diluées dans 16 gouttes d’huile végétale, matin et soir.

• HE d’eucalyptus radié (Eucalyptus radiata, feuilles) : 4 à 6 gouttes diluées dans 16 gouttes d’huile végétale.

LES MAUX DE GORGE

« Je suis resté dans les courants d’air, et maintenant j’ai mal à la gorge ! »

Lié à une rhinopharyngite ou à une angine le plus souvent d’origine virale, le mal de gorge se traduit par une douleur pharyngée plus ou moins vive, parfois accentuée à la déglutition. D’autres signes peuvent être présents : fièvre supérieure ou égale à + 38 °C, écoulement nasal, enrouement, toux.

SIGNES D’ALERTE

• Certaines situations doivent faire écarter une pathologie bactérienne, qui nécessite une antibiothérapie, en particulier une angine à streptocoque β-hémolytique du groupe A pouvant être identifiée par un test rapide d’orientation diagnostique (Trod) angine. A proposer systématiquement aux enfants entre 10 et 14 ans (chez qui les angines bactériennes sont plus fréquentes) et aux adultes et adolescents à partir de 15 ans, notamment en l’absence de toux mais en présence de ganglions sensibles au niveau du cou et/ou de fièvre supérieure à + 38 °C (score de Mac Isaac).

• La persistance de la fièvre ou de fortes douleurs pharyngées après 2 à 3 jours nécessitent un avis médical.

CONSEILS

Des mesures simples apportent un soulagement : boire et manger tiède voire froid, s’hydrater pour lubrifier les muqueuses pharyngées, sucer des bonbons sans sucre pour favoriser la production de salive qui calme l’inflammation, désobstruer le nez si nécessaire pour agir sur les sécrétions coulant dans l’arrière-gorge.

PHYTOTHÉRAPIE

L’emploi des plantes doit être limité à 1 semaine.

Plantes astringentes

• Elles contiennent des tanins qui, en se liant aux protéines, imperméabilisent les couches les plus externes des muqueuses, favorisent leur régénération et exercent, de plus, des propriétés anti-infectieuses et antioxydantes. Traditionnellement utilisées dans le traitement des inflammations mineures de la bouche et de la gorge, ces plantes s’emploient en gargarismes ou en bains de bouche, jusqu’à 3 fois par jour.

• A partir de 12 ans : la rose de Damas ou de Provins ou la rose rouge ou encore la rose pâle, 1 à 2 g de pétales pour 200 ml d’eau en infusion de 15 minutes, ou l’hamamélis, 2 à 3 g d’écorce (1 cuillère à café = 2,5 g) ou de feuilles (1 cuillère à café = 0,5 g) pour 200 ml d’eau en décoction de 10 à 15 minutes.

• Chez l’adulte : la ronce, 1,5 à 8 g de feuilles dans 150 ml en infusion de 15 minutes, ou l’écorce de chêne, 20 g/l (1 cuillère à soupe = 6 g) en décoction 10 minutes.

Plantes anti-inflammatoires

• Egalement antimicrobiennes et antioxydantes, elles s’utilisent en gargarismes. Elles sont aussi présentes dans des compléments alimentaires : sauge (Azéol Comprimés à sucer ou Spray gorge de Pileje, Echinaforce Spray Maux de Gorge de A. Vogel, etc.), réglisse (Pulmoll, Valda Réglisse, etc.), matricaire (Activox Pastilles d’Arkopharma, par exemple).

• La sauge (Salvia officinalis, feuilles) : elle a fait l’objet d’études cliniques dans la pharyngite virale aiguë. En infusion de 10 minutes réservées à l’adulte, 2,5 g/100 ml (1 cuillère à café = 1,3 g), 3 fois par jour. Par prudence, elle est déconseillée en cas de cancer ou d’antécédent de cancer hormonodépendant.

• La réglisse (Glycirrhiza glabra, racine) : la racine est intéressante en cas de toux associée en raison de ses propriétés antispasmodiques. Sous forme de pastilles à sucer, elle permet de calmer les irritations de la gorge car elle augmente la sécrétion de mucus et exerce un effet adoucissant. Plante réservée à l’adulte, ses contre-indications et précautions d’emploi en limitent l’utilisation (voir page 11).

• La matricaire (Matricaria recutita, fleurs) ou souci (Calendula officinalis, fleurs), à partir de 12 ans en infusion, plusieurs fois par jour, de 5 à 10 minutes (1 à 5 g/100 ml pour la matricaire, 1 à 2 g/150 ml pour le souci).

Plantes émollientes

• Ces plantes à mucilage contiennent des polysaccharides qui couvrent les muqueuses d’une couche protectrice. Elles sont utilisées en cas de mal de gorge mais aussi de toux sèche, indication pour laquelle certaines d’entre elles disposent d’études cliniques. Egalement dotées de propriétés anti-inflammatoires, elles s’emploient sous forme de pastilles à sucer ou en infusion bue lentement pour permettre au mucilage de recouvrir les muqueuses.

• La guimauve (Althaea officinalis) : la racine est la partie la plus riche en mucilage de la plante. Des études cliniques soulignent qu’elle diminue l’intensité et la fréquence des toux d’irritation. Dès l’âge de 3 ans, en macération à froid de 1 à 2 heures, en remuant fréquemment : 0,5 à 3 g chez l’adulte pour 150 ml d’eau (1 cuillère à café = 3 g), plusieurs fois par jour sans dépasser 15 g par jour. Boire immédiatement après préparation à distance des autres médicaments pour ne pas retarder ou diminuer leur absorption. Dans des compléments alimentaires : Activox Propolis (Arkopharma), Almavox Pastilles (Gifrer), Léro Nez & Gorge sirop, etc.

• Le plantain lancéolé (Plantago lanceolata, feuille) : il est doté de propriétés immunostimulantes. Les résultats d’une étude post-marketing réalisée sur un sirop de plantain indiqué dans les inflammations des voies respiratoires montrent notamment une diminution de la fréquence et de l’intensité de la toux. A partir de 12 ans en infusion de 10 minutes, 2 g/150 ml d’eau (1 cuillère à café = 0,7 g), 2 à 3 fois par jour.

• La mauve (Malva sylvestris) : elle est utilisable à partir de 12 ans. Pour la feuille, en infusion de 5 à 10 minutes, 1 cuillère à café dans 50 ml d’eau, 3 fois par jour ; pour la fleur, en infusion de 10 minutes, 1 à 2 g pour 250 ml d’eau (1 cuillère à café = 0,5 g), 2 à 3 fois par jour.

• Le bouillon-blanc (Verbascum thapsus, V. densiflorum, V. phlomoides, fleur mondée). Il est plus particulièrement mis à profit en association avec d’autres plantes pectorales (mauve, guimauve, bouillon-blanc, pied-de-chat, coquelicot, violette). A partir de 12 ans, en infusion de 10 minutes, 1,5 à 2 g/150 ml d’eau (1 cuillère à café = 0,5 g), 3 à 4 fois par jour. Bien filtrer pour éliminer les poils irritants présents sur les fleurs.

• L’erysimum ou herbe aux chantres (Sisymbrium officinale, feuilles et sommités fleuries) : plante des irritations pharyngées avec enrouement passager, elle s’emploie en extrait sec aqueux sous forme de pastilles à sucer ou de sprays buccaux. Dans des médicaments (Euphon, Vocadys, etc.) ou des compléments alimentaires : Activox Pastilles (Arkopharma), VoxylTabs (Naturactive), Léro Nez & Gorge sirop, etc.

AROMATHÉRAPIE

• Le traitement fait appel à des huiles essentielles (HE) fortement anti-infectieuses et immunostimulantes : l’HE de thym à thujanol, d’arbre à thé, de sarriette ou encore d’origan compact, associées à des HE anti-inflammatoires, par exemple menthe poivrée, eucalyptus citronné ou lemongrass.

En pratique : par voie oromuqueuse (1 à 2 gouttes du mélange sur un morceau de sucre à sucer, 3 fois par jour) ou appliquées diluées dans une huile végétale (à 20 % chez l’adulte) sur le cou pendant 2 à 4 jours. En pastilles ou en sprays : Le comptoir Aroma Spray gorge ou Aromaforce, Pastilles Gorge Phytosun arôms, etc.

• L’HE de menthe poivrée est également indiquée seule, selon la monographie publiée par l’Agence européenne des médicaments, pour son activité antiseptique, antalgique et anti-inflammatoire.

En pratique : à partir de 12 ans sous forme de pastilles à sucer ou de sprays à une dose équivalente à 2 à 3 gouttes, 3 à 4 fois par jour. Elle ne doit pas être associée à d’autres produits contenant de la menthe et expose à des risques de maux de tête et de bradycardie. Elle peut exacerber des brûlures gastriques : sa prise doit alors être interrompue. Elle s’emploie avec prudence en cas d’inflammation ou d’ulcère gastro-intestinal ou en cas de calculs biliaires en raison de son activité cholérétique.

LE RHUME

« Existe-t-il des inhalations ou des plantes pour soigner mon rhume ? »

Le rhume, ou rhinopharyngite, s’annonce par une légère altération de l’état général puis peut associer gêne du rhinopharynx, éternuements, obstruction nasale, rhinorrhée claire et abondante puis épaisse, colorée, avant de redevenir plus fluide et translucide. Maux de tête et fièvre légère peuvent aussi être présents.

SIGNES D’ALERTE

Maux de tête ou douleurs périorbitaires intenses, température supérieure ou égale à + 38,5 °C ou fièvre pendant plus de 2 ou 3 jours, difficultés à respirer ou encore otalgie doivent amener à consulter. Il en va de même si les symptômes s’aggravent après 5 jours ou persistent au-delà de 10 jours.

CONSEILS

• Boire fréquemment, humidifier les pièces sans les surchauffer et en aérant régulièrement, dormir la tête du lit surélevée pour améliorer la respiration.

• Le lavage des fosses nasales est essentiel, notamment chez l’enfant : il évacue les sécrétions et/ou facilite le mouchage et aide à rétablir le fonctionnement mucociliaire qui constitue les défenses locales.

PRISE EN CHARGE

Phytothérapie et aromathérapie ont une action complémentaire et ne visent pas seulement à soulager les symptômes mais contribuent aussi à aider l’organisme à mieux se défendre.

Traitement local

Il repose sur l’action décongestionnante des voies aériennes supérieures, anti-infectieuse puissante et anti-inflammatoire de certaines huiles essentielles (HE).

Inhalations humides

• Les inhalations humides d’HE sont pertinentes en première intention en l’absence de contre-indications - enfants de moins de 12 ans, antécédents de convulsions ou d’épilepsie - et à l’exception de certaines situations - asthme (du fait de leur potentiel allergisant et du risque de bronchospasme), couperose ou irritations cutanées au niveau du visage. A privilégier : arbre à thé, niaouli, ravintsara, pin sylvestre ou mélanges prêts à l’emploi, en médicaments ou dispositifs médicaux (Capsules inhalation Aromaforce de Pranarôm, Puressentiel Inhalation Humide Resp’OK, etc.). Utilisation sur 5 jours au maximum.

En pratique : un inhalateur adapté couvrant le nez et la bouche est préférable à un bol pour ne pas irriter les yeux. Ajouter 1 à 6 gouttes d’une ou plusieurs HE à de l’eau chaude (mais non bouillante pour ne pas altérer leurs qualités). Inhaler les vapeurs pendant 5 minutes, 1 à 4 fois par jour, en évitant de sortir dans l’heure qui suit car les muqueuses dilatées par la chaleur sont irritables et sensibles aux microorganismes.

• L’HE de menthe poivrée dispose d’une monographie européenne la proposant notamment en inhalation pour son action décongestionnante nasale par effet froid (le menthol stimule les récepteurs au froid donnant l’impression de mieux respirer).

En pratique : à partir de 12 ans, 2 à 4 gouttes dans l’eau chaude, jusqu’à 3 fois par jour. Il existe un risque de bronchospasme ou de spasme laryngé chez les personnes sensibles. HE irritante pour les yeux, il peut être préférable, le cas échéant, de la mélanger à d’autres HE et d’en diminuer les doses.

Alternatives

• Les inhalations sèches s’utilisent selon les mêmes précautions d’emploi : 1 à 2 gouttes des HE précédentes sur un mouchoir, à respirer, ou formes prêtes à l’emploi (Vicks Inhaler, Inhaleur Resp’OK Puressentiel, etc.).

• Un spray nasal décongestionnant est également une alternative, à partir de 3 ans. Les précautions d’emploi dépendent des types et concentrations en HE (Spray nasal décongestionnant de Phytosun arôms, de Puressentiel, de Pranarôm ou du comptoir Aroma, Les Elémentaires nez très bouché d’Upsa, Spray nasal aux essences de Naturactive, etc.).

Voie générale

Le traitement vise à limiter la durée et l’intensité des symptômes et à éviter les récidives.

Les plantes immunomodulatrices

• Elles exercent aussi une action anti-inflammatoire et antivirale.

• Sur la base d’études cliniques probantes, l’Agence européenne des médicaments estime que le jus stabilisé ou desséché obtenu par expression de la partie aérienne d’échinacée pourpre (Echinacea purpurea) bénéficie d’un usage bien établi dans la prévention à court terme et le traitement du rhume. Il en diminue la durée, l’intensité des symptômes et l’incidence. Son efficacité est conditionnée à 1 prise dès les premiers signes du rhume et le traitement est limité à 10 jours. Exemple de médicament : HumexPhyto Rhume.

• Les recommandations d’utilisation sont les mêmes pour les autres parties de la plante et les autres échinacées (Echinacea pallida, E. angustifolia) qui ne bénéficient que d’un usage traditionnel. Exemples de compléments alimentaires : Actirub (Santé Verte), Flash’Rub (Arkopharma), Efirub Coups de froid (3C Pharma).

• Utilisables dès l’âge de 12 ans, les échinacées sont déconseillées en cas de maladies auto-immunes ou d’immunodéficience notamment. Des réactions d’hypersensibilité sont possibles et un avis médical est nécessaire en cas d’atopie.

Le pélargonium

Antiviral, mucolytique, le pélargonium (Pelargonium sidoïdes, P. reniforme) est intéressant en cas de toux associée (voir page 10). Selon une étude clinique, sa prise dans les 48 heures suivant le début d’un rhume permet d’en réduire la durée et de diminuer l’intensité des symptômes. Il est indiqué sous forme d’extrait hydroalcoolique dès l’âge de 6 ans dans le traitement symptomatique du rhume pour une durée maximale de 1 semaine. Exemples de compléments alimentaires : Flash’Rub et DuoFlash Confort Respiratoire (Arkopharma), Efirub Coups de froid (3C Pharma).

• Des troubles gastro-intestinaux sont possibles ainsi qu’une toxicité hépatique, devant faire arrêter le traitement.

Les plantes sudorifiques

• Ayant aussi des propriétés antimicrobiennes, elles sont traditionnellement utilisées pour soulager le rhume associé à une fièvre légère. Leur efficacité nécessite 1 prise aux premiers symptômes sous forme d’infusions à boire chaudes pour exercer un effet diaphorétique (évacuation de la chaleur par la transpiration).

• Le tilleul (Tilia sp, inflorescences) et le sureau (Sambucus nigra, fleurs) s’utilisent en infusion de 5 à 10 minutes. Pour le tilleul : 1,5 g/150 ml (1 cuillère à café = 1,8 g), 2 à 4 fois par jour, à partir de 12 ans pour 1 dose journalière de 3 à 6 g et 1 g/150 ml de 4 à 12 ans pour 1 dose journalière de 2 à 4 g. Pour le sureau : à partir de 12 ans, 2 à 5 g/150 ml d’eau (1 cuillère à café = 1,5 g), 3 fois par jour.

• La reine-des-prés (Filipendula ulmaria, fleurs et sommités fleuries), renfermant de l’aldéhyde salicylique, associe des propriétés anti-inflammatoires, immunomodulatrices et antipyrétiques. Réservée à l’adulte, elle est déconseillée en cas d’hypersensibilité aux salicylés et s’utilise en infusion de 5 à 10 minutes : 1,5 à 6 g (1 cuillère à café = 1,4 g), 1 à 3 fois par jour, pour la partie aérienne fleurie et 2,5 à 6 g par jour en 1 à 3 prises pour les fleurs. Utiliser de l’eau chaude et non bouillante pour éviter l’évaporation des dérivés salicylés.

Huiles essentielles

• L’aromathérapie à visée systémique indiquée dans le traitement du rhume combine des propriétés anti-infectieuses, anticatarrhales et immunostimulantes. Les HE sont employées diluées dans une huile végétale en application 2 à 3 fois par jour sur le torse, le haut du dos ou la plante des pieds pendant en moyenne 3 jours. 2 à 4 HE sont idéalement associées entre elles parmi lesquelles notamment les HE de ravintsara, de niaouli, d’eucalyptus radié, de pin sylvestre.

• Selon sa monographie européenne, l’HE de menthe poivrée permet d’améliorer les symptômes liés à un refroidissement en application cutanée sur la poitrine ou le dos jusqu’à 3 fois par jour, diluée car elle est dermocaustique, dans une huile végétale chez l’adulte (5 à 20 %), en solution hydroalcoolique diluée de 2 à 4 % chez l’enfant de 4 à 11 ans, et de 3 à 6 % chez l’adolescent (déconseillée avant 4 ans). Elle expose à des risques d’hypersensibilité et est contre-indiquée chez l’enfant présentant des antécédents de convulsions.

LES SYNDROMES GRIPPAUX

« Avec cette grippe, je suis épuisée ! »

Infection respiratoire aiguë due au virus influenza, la grippe se manifeste par une fièvre élevée d’apparition brutale (environ + 39 °C), des myalgies et maux de tête, une rhinorrhée, une toux sèche et une fatigue intense qui peut perdurer 3 à 4 semaines. Des symptômes grippaux, parfois moins intenses, peuvent être dus à d’autres virus respiratoires.

SIGNES D’ALERTE

Une consultation est nécessaire pour les personnes à risque ciblées par la vaccination, si la fièvre est mal supportée, en cas d’apparition de signes inhabituels tels qu’un essoufflement au repos ou des troubles de la conscience.

CONSEILS

• Boire pour éviter la déshydratation, ne pas surchauffer les pièces et ne pas trop se couvrir. Aérer les pièces pour diminuer la quantité de virus présents dans l’air.

• Le respect des gestes barrières associé à la vaccination antigrippale ou anti-Covid 19 est la meilleure protection pour limiter ces infections et diminuer le risque de formes graves.

PRISE EN CHARGE

Plantes antivirales

• Le cyprès (Cupressus sempervirens, noix) contient des proanthocyanes (de la famille des tanins) aux propriétés antivirales. Par leur pouvoir de fixation aux protéines virales et au tissu conjonctif, ces composés gênent l’adhésion des virus sur leurs cellules hôtes limitant ainsi leur réplication, induisent une lyse virale et en conséquence une baisse de la charge virale. In vitro, les proanthocyanes de cyprès se montrent particulièrement actifs contre le virus de la grippe. Le cyprès peut être proposé en extrait de plante standardisé (EPS), 1 cuillère à café diluée dans de l’eau, 3 fois par jour pendant 5 à 7 jours.

• Le sureau (Sambucus nigra, fruits) est traditionnellement utilisé pour aider à soulager la fièvre et les symptômes associés (toux, mal de gorge, etc.) en cas de grippe ou de rhume. In vitro, une action antivirale contre les virus influenza est démontrée et les essais pilotes sont en faveur d’une réduction de la durée de l’épisode grippal pour l’extrait aqueux lorsqu’il est pris dès les premiers symptômes. Il est conseillé chez l’adulte à une dose équivalente à 1,3 à 18 g par jour de fruits séchés en extrait, infusion ou décoction (1 cuillère à café = 3,2 g).

Huiles essentielles (HE) antivirales

• Les HE d’arbre à thé, d’eucalyptus radié, de niaouli, de ravintsara peuvent être appliquées diluées (voir page 5) sur le thorax et le haut du dos et/ou la plante des pieds 2 à 4 fois par jour, pendant 3 à 5 jours.

• L’HE de saro (Cinnamosma fragrans, feuilles) contient 45 à 55 % de 1,8-cinéole. Elle s’emploie diluée, 1 à 5 gouttes dans une demi-cuillère à café d’huile végétale.

En pratique : utilisation synergique possible de 2 à 4 HE (voir encadré) pouvant être complétée par la diffusion atmosphérique d’HE antiseptiques (voir p. 7).

En cas de fièvre

• La fièvre est un élément de défense de l’organisme contre l’infection et doit être respectée sauf si elle est mal supportée.

• Le saule (Salix pururea, S. fragilis et/ou S. daphnoides, écorce) est traditionnellement préconisé en cas de fièvre associée à un refroidissement. La présence de précurseurs de l’acide salicylique, de catéchines et de flavonoïdes lui confère des propriétés anti-inflammatoires, antalgiques et antipyrétiques.

Réservé à l’adulte, il est contre-indiqué en cas d’hypersensibilité aux salicylés et aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), d’asthme induit par les salicylés et, par précaution, d’ulcère gastrique, de déficit en G6PD, de troubles de la coagulation, d’atteinte hépatique ou rénale sévère. Il peut augmenter l’effet des anticoagulants et ne doit pas être associé à d’autres salicylés ou AINS sans avis médical.

En pratique : la posologie est de 4 g pour 250 ml d’eau (1 cuillère à café = 1,5 g) en décoction de 15 minutes à couvert, puis en infusion 15 minutes. A boire chaud 3 fois par jour après les repas durant 3 jours. Des effets indésirables sont possibles à type de réactions allergiques, dont urticaire et asthme, de troubles gastro-intestinaux tels que des brûlures d’estomac, des nausées, des diarrhées, des douleurs abdominales.

LA BRONCHITE AIGUË

« Quelles plantes utiliser pour calmer mes quintes de toux ? »

D’origine virale dans 90 % des cas, la bronchite aiguë guérit en 10 jours chez les personnes en bonne santé. Généralement précédée d’un rhume, elle débute par une toux sèche accompagnée de douleurs thoraciques qui peut devenir ensuite productive. Les expectorations d’aspect jaunâtre ou verdâtre correspondent à l’évolution naturelle de la pathologie. La fièvre, si elle est présente, est inférieure à + 38,5 °C. Les sécrétions persistent une dizaine de jours mais la toux peut durer 2 à 3 semaines. Le risque de contagion est particulièrement important (via la toux) comme toutes les infections respiratoires d’origine virale.

SIGNES D’ALERTE

Nécessitant un avis médical, les signes d’alerte sont notamment une toux qui dure depuis plus de 3 semaines, une fièvre supérieure à + 38 °C plus de 3 jours et des difficultés à respirer. Une toux survenant chez un nourrisson, une personne âgée ou chez un sujet atteint d’une maladie respiratoire chronique ou toute autre pathologie chronique grave (insuffisance cardiaque, immunodépression, etc.) doit également faire orienter vers un médecin.

CONSEILS

• Pour améliorer le confort et éviter l’aggravation de la bronchite, il convient d’inciter à l’arrêt du tabac ou du tabagisme passif. Se reposer le plus possible, boire régulièrement pour aider à fluidifier les sécrétions bronchiques, aérer le logement et y limiter le chauffage. Surélever la tête du lit en cas de toux nocturne.

• Selon quelques essais cliniques, le miel serait un peu plus efficace que l’absence de traitement pour diminuer la toux nocturne.

• L’association de composants à visée antitussive à des expectorants est illogique.

PRISE EN CHARGE DE LA TOUX SÈCHE

En phytothérapie

• Les plantes à mucilage (ou émollientes) sont utilisées pour leur capacité à protéger des irritations locales et pour leur effet anti-inflammatoire (voir page 5). Le coquelicot (pétales, en infusion 15 minutes, 5 à 10 g pour 0,25 à 0,5 l d’eau à boire en 3 fois dans la journée) et la violette (fleurs, en infusion 15 minutes, 5 g pour 250 ml d’eau par jour) sont également indiqués.

• Ces plantes se trouvent aussi sous forme de compléments alimentaires (dans Azéol Sirop Toux sèche de PiLeJe, Tux Actifs de SynActifs, etc.) et de dispositifs médicaux (Pastilles toux sèche et grasse Phytosun arôms, Phytoxil Toux & Gorge de Sanofi, GrinTuss d’Aboca, etc.). Ces derniers renferment aussi souvent des composants lubrifiants (acide hyaluronique, glycérol, etc.). Ils se positionnent fréquemment à la fois dans les toux sèches et grasses.

En aromathérapie

• Les huiles essentielles (HE) à la fois antispasmodiques, antivirales et anti-inflammatoires sont en première ligne et utilisées le plus souvent en association (voir tableau page 12).

• Dans les compléments alimentaires, certaines de ces HE sont associées à d’autres indiquées dans les toux grasses (voir ci-après). Ces associations s’expliquent par l’intérêt d’agir sur un ensemble de symptômes - via les propriétés anti-infectieuses, décongestionnantes ou anti-inflammatoires de certaines d’entre elles - et pas seulement sur la toux, qu’elle soit sèche ou grasse.

PRISE EN CHARGE DE LA TOUX GRASSE

Le traitement fait appel aux plantes et aux HE expectorantes et/ou mucolytiques.

En phytothérapie

Les plantes expectorantes se différencient par la variété de leurs actifs. Leur emploi est généralement limité à 1 semaine.

Les plantes à saponosides

• Les saponosides sont des composés doués de propriétés tensioactives et qui se lient aux stérols des membranes cellulaires, perturbant ainsi la perméabilité membranaire. Leur mécanisme d’action expectorant passerait par une interaction avec des récepteurs gastriques qui activerait un réflexe vagal entraînant la stimulation des glandes bronchiques et ainsi la sécrétion d’un fluide muqueux. Certaines de ces plantes sont présentes dans des compléments alimentaires : Léro Nez & Gorge, Bronchophyt de Pharma Nature, Bronchosan d’A. Vogel, etc.

• Le lierre grimpant (Hedera helix, feuilles) : il bénéficie d’un usage bien établi comme expectorant en cas de toux productive lorsqu’il est utilisé sous forme d’extrait hydroalcoolique. Egalement anti-inflammatoire, bronchodilatateur par action agoniste β-2, antimicrobien, le lierre a, d’après les études cliniques, la capacité de fluidifier les sécrétions, de calmer la toux et d’améliorer la fonction respiratoire en cas de bronchite aiguë. Son efficacité est comparable à celle de l’ambroxol et de l’acétylcystéine. Il est présent dans des médicaments : Prospan et les spécialités Lierre grimpant de Biogaran, Eg Labo, HumexPhyto et Viatris.

En pratique : utilisable dès l’âge de 2 ans, il doit être proposé avec prudence en cas de gastrite ou d’ulcère gastrique et expose à des risques d’effets indésirables gastro-intestinaux (nausée, vomissements, diarrhées) et allergiques.

• La réglisse (Glycyrrhiza glabra, G. uralensis, racine) : elle augmente la sécrétion de mucus bronchique mais se montre également antitussive par la présence de mucilage qui diminue les irritations de la gorge. Anti-inflammatoire et corticomimétique, elle est déconseillée en cas d’hypertension, de maladie rénale, d’hypokaliémie, de troubles cardiovasculaires ou d’hépatiques qui rendent plus sensibles à ses effets indésirables observés en cas de surconsommation (rétention d’eau, hypokaliémie, hypertension artérielle, troubles du rythme cardiaque).

En pratique : réservée à l’adulte, elle s’emploie en infusion de 10 à 15 minutes, 1,5 g par tasse (1 cuillère à café = 3 g), 1 tasse 2 fois par jour. Elle ne doit pas être utilisée en même temps que des confiseries à la réglisse et des médicaments tels que des diurétiques, des cardiotoniques, des corticostéroïdes, des laxatifs stimulants en raison d’un risque de déséquilibre électrolytique. Elle peut s’opposer aux effets des antihypertenseurs.

• La primevère (Primula veris ou P. elatior, racine et fleurs) : elle est traditionnellement employée comme expectorant lors de toux associée à un refroidissement.

En pratique : utilisable avec prudence en cas de gastrite ou d’ulcère gastrique, elle s’emploie à partir de 12 ans en infusion de 10 minutes : pour la racine, 0,2 à 0,5 g par tasse (1 cuillère à café = 3,5 g), 3 fois par jour ; pour la fleur, 1 g par tasse (1 cuillère à café = 1,3 g), 3 fois par jour. Un surdosage peut entraîner une irritation de l’estomac et des diarrhées. Le contact avec la fleur expose à des risques d’allergie cutanée.

Les plantes à HE

• Les HE mucolytiques et expectorantes diminuent la viscosité des sécrétions respiratoires, en augmentent le volume et en améliorent le transport mucociliaire. Elles sont, de plus, douées de propriétés antimicrobiennes. Certaines sont présentes dans des compléments alimentaires : Sirop Pin + Thym + Sauge Ladrôme, Petitux Lehning (à partir de 2 ans), HerbalGem Sirop respiration Bronches, Bronchosan d’A. Vogel, etc.

• Le fenouil doux et amer (Foeniculum vulgare ssp vulgare, fruits) : ils exercent outre un effet expectorant, une action anti-inflammatoire et antispasmodique sur les muscles lisses.

En pratique : il est contre-indiqué en cas d’hypersensibilité aux Apiacées (anis, carvi, céleri, aneth, coriandre) ou à l’anéthol ou en cas d’allergie au pollen d’armoise en raison d’une allergie croisée. Il est utilisable :

- à partir de 12 ans en infusion de 15 minutes des fruits fraîchement broyés à la dose de 1,5 g (1 cuillère à café = 2,5 g) pour 250 ml d’eau, 3 fois par jour jusqu’à 2 semaines ;

- entre 4 et 12 ans à la dose de 1 g pour 100 ml, 3 fois par jour durant 1 semaine au maximum en raison de la présence d’estragole dans l’HE et de son potentiel cancérogène auquel le jeune enfant pourrait être plus sensible. Le risque cancérogène lié à l’infusion de fenouil reste toutefois négligeable. Des réactions allergiques cutanées ou respiratoires sont possibles.

• L’anis (Pimpinella anisum, fruits) : elle possède les mêmes propriétés que le fenouil et en partage les contre-indications et effets indésirables possibles.

En pratique : en infusion de 15 minutes des fruits fraîchement broyés à partir de 12 ans, 1 à 3,5 g pour 150 ml d’eau (1 cuillère à café = 2,5 g), 3 fois par jour.

• Le thym (Thymus vulgaris, T. zygis, feuilles et fleurs) : il a une efficacité dans les toux grasses qui serait comparable à celle de la bromhexine. Des études cliniques montrent également son intérêt en association à la primevère ou au lierre commun en réduisant de moitié les accès de toux versus un placebo dans deux essais cliniques randomisés.

En pratique : à partir de 12 ans en infusion de 10 minutes, 1 à 2 g pour 150 ml d’eau (1 cuillère à café = 1,4 g), 3 à 4 fois par jour. Il peut occasionnellement causer des troubles gastriques.

• On le trouve aussi dans des médicaments, notamment dans Bronphyto pastilles (Omega pharma).

• L’eucalyptus globuleux (Eucalyptus globulus, feuilles) : il doit à son HE et à ses polyphénols des propriétés expectorantes, antibactériennes et anti-inflammatoires.

En pratique, à partir de 12 ans, il est utilisable :

- par voie orale, infusion de 10 minutes, 1,5 à 3 g par tasse (1 cuillère à café = 1,8 g), jusqu’à 4 tasses par jour ;

- en inhalation, 3 g pour un bol d’eau chaude, jusqu’à 3 fois par jour.

• Le pin (Pinus sylvestris, P. nigra, bourgeons) : il est connu depuis l’Antiquité pour ses propriétés anti-infectieuses des bronches. Balsamique, il diminue et fluidifie les sécrétions bronchiques. Il s’emploie en infusion de 5 minutes : 2,5 g pour 0,25 à 0,5 l d’eau à boire dans la journée.

Les plantes à marrubiine

• Dotée de propriétés fluidifiantes, la marrubiine est une lactone diterpénique qui confère de l’amertume.

• Le marrube blanc (Marrubium vulgare, parties aériennes fleuries) est traditionnellement utilisé pour fluidifier les sécrétions bronchiques. Il est contre-indiqué en cas d’obstruction des voies biliaires ou d’atteinte hépatique en raison de son action cholérétique et nécessite également un avis médical en cas d’ulcère gastroduodénal, comme de nombreux toniques amers. Il est conseillé à partir de 12 ans en infusion de 5 à 10 minutes : 1 à 2 g/250 ml d’eau (1 cuillère à café = 1 g), 3 fois par jour.

• En complément alimentaire, on le trouve dans Flash’rub d’Arkopharma notamment.

Les plantes à glucosinolates

• Les glucosinolates se décomposent facilement en dérivés soufrés rubéfiants, déclenchent par action réflexe une sécrétion bronchique et ont un effet antimicrobien plus ou moins marqué.

• Le radis noir (Raphanus sativus, racine) s’emploie plutôt en sirop dans la bronchite mais son effet cholagogue et cholérétique en contre-indique l’emploi en cas d’obstruction des voies biliaires ou d’atteinte hépatique.

En aromathérapie

• L’aromathérapie utilise des HE à tropisme respiratoire, expectorantes, et des HE plus spécifiquement anti-infectieuses. Elles s’emploient le plus souvent en mélanges appliqués, dilués dans une huile végétale, sur le thorax et le dos, 2 à 3 fois par jour, ou éventuellement par voie orale pendant 1 semaine au maximum.

• Elles sont présentes dans des compléments alimentaires, en association parfois avec des HE utilisées pour les toux sèches : Capsules Bronches de Phytosun arôms, de Puressentiel ou Gélules Bronches d’Olioseptil, GAE Capsules aux essences de Naturactive, Sirop Voies respiratoires Pranarôm, etc.

Les HE à 1,8-cinéole

• Les études cliniques montrent que le 1,8-cinéole ou eucalyptol est expectorant, améliore la clairance ciliaire et la fonction respiratoire, exerce un effet anti-inflammatoire et antalgique. En inhalation, il stimule les récepteurs au froid donnant aussi l’impression de mieux respirer.

• Précautions : dépresseurs à haute dose du système nerveux central, ces HE sont contre-indiquées chez les enfants présentant des antécédents de convulsions et pour les enfants de moins de 30 mois chez lesquels elles peuvent provoquer un spasme laryngé. Elles sont déconseillées entre 30 mois et 4 ans et en diffusion atmosphérique ou en inhalation humide chez les personnes sensibles, notamment les enfants de moins de 12 ans et les asthmatiques (le 1,8-cinéole assèche les muqueuses et peut déclencher une crise d’asthme).

En pratique : ces HE sont plus efficaces et moins toxiques en application cutanée que par voie orale mais ne doivent pas être appliquées près ou sur le visage des enfants.

• L’HE d’eucalyptus (Eucalyptus globulus, E. polybractea, feuilles de la Pharmacopée européenne) : elle est l’une des plus riches en 1,8-cinéole (au minimum 70 %). Sa monographie européenne confirme son usage traditionnel pour améliorer les symptômes de la toux liée à un refroidissement. Elle s’utilise :

- par voie orale, à partir de 12 ans, 100 à 200 mg, 2 à 5 fois par jour, avec prudence en cas d’inflammation ou d’ulcère gastroduodénal, car elle peut irriter la muqueuse gastroduodénale par augmentation de la circulation locale ;

- en application cutanée à partir de 4 ans, diluée à 10 % dans une huile végétale (car elle est irritante pour la peau et les muqueuses), sur la poitrine et le dos ;

- en inhalation à partir de 12 ans, jusqu’à 3 à 8 gouttes pour un bol d’eau tiède, 3 fois par jour.

• L’HE d’eucalyptus radié (Eucalyptus radiata, feuilles, 60 à 75 % de 1,8-cinéole) : elle a, de plus, des propriétés immunostimulantes. Elle s’emploie en application cutanée diluée : 4 gouttes dans 16 gouttes d’huile végétale.

• L’HE de ravintsara (Cinnamomum camphora à cinéole de Madagascar, feuilles, 52 à 60 % de 1,8-cinéole) : en plus de ses propriétés expectorantes, elle possède un effet antiviral marqué, immunostimulant et rééquilibrant général.

• Elle est employée en application sur la peau dans les affections otorhinolaryngologiques (ORL) et pulmonaires à la posologie de 2 gouttes dans 8 gouttes d’huile végétale.

• L’HE de niaouli (Melaleuca quinquenervia, feuilles, 40 à 60 % de 1,8-cinéole) : elle possède de fortes propriétés antivirales. Irritante pour la peau à l’état pur, elle s’emploie diluée entre 5 à 15 % (2 gouttes dans 18 gouttes d’huile végétale). Œstrogène-like, elle est déconseillée en cas de cancer ou d’antécédent de cancer hormonodépendant.

• L’HE de myrte vert (Myrtus communis CT cinéole, feuilles et rameaux fleuris, 30 % de 1,8-cinéole). Elle possède également des propriétés sédatives et antitussives. A utiliser en application sur la peau, diluée entre 5 et 15 % dans une huile végétale.

Autres HE expectorantes

• L’HE de thym (Thymus vulgaris CT thymol, T. zygis, feuilles et sommités fleuries) : expose à des risques d’hypersensibilité. Elle est traditionnellement utilisée selon sa monographie de deux façons dans la toux de l’adulte :

- par voie orale comme expectorant en cas de toux associée à un refroidissement à la dose de 0,2 à 0,25 ml, soit 4 à 5 gouttes, 3 à 5 fois par jour, diluées dans 1 cuillère à café de miel ou d’huile végétale alimentaire ;

- en usage local pour réduire des symptômes de la toux et des refroidissements en dilution à 10 % dans une huile végétale, jusqu’à 3 applications par jour.

• L’HE de pin sylvestre (Pinus sylvestris, aiguilles) : elle est majoritairement composée d’α- et de β-pinène (des terpènes). Expectorante et fluidifiante des sécrétions bronchiques, balsamique, elle est irritante à l’état pur et s’emploie impérativement diluée en massage de la peau à 20 % au maximum (2 gouttes dans 11 gouttes d’huile végétale).

En complément

• L’HE de tea tree ou d’arbre à thé (Melaleuca alternifolia, feuilles) est appréciée pour son activité antibactérienne et antivirale majeure et son pouvoir immunostimulant. Elle s’emploie de préférence diluée pour éviter une allergie de contact : 3 gouttes dans 12 gouttes d’huile végétale.

L’ESSENTIEL À RETENIR

LA GELÉE ROYALE

Ayant une action immunostimulante et immunomodulatrice démontrée chez l’animal, la gelée royale est proposée pour réduire la fatigue physique et intellectuelle ainsi que pour renforcer l’immunité. Elle ne dispose toutefois d’aucune allégation santé et est déconseillée, tout comme la propolis, en cas d’allergie aux produits de la ruche, aux pollens ou chez les personnes prédisposées aux allergies en général et à l’asthme.

En pratique : à titre indicatif, 150 à 250 mg par jour de produit lyophilisé ou 300 à 750 mg par jour de gelée royale fraîche à prendre avant le petit déjeuner.

PROBIOTIQUES ET IMMUNITÉ

Le microbiote intestinal joue un rôle démontré dans l’acquisition et le développement de l’immunité locale et systémique à travers différents mécanismes. De nombreux travaux menés in vitro et chez l’animal montrent l’intérêt des probiotiques dans ce cadre.

Des études cliniques chez l’homme contre placebo indiquent que la prise au long cours (3 mois au minimum) de plusieurs associations (certaines souches de Lactobacillus gasseri, L. acidophilus, Bifidobacterium longum, B. bifidum, B. lactis, etc.) diminue l’incidence, la durée et l’intensité des épisodes de rhume et d’états grippaux.

Exemples de produits : Symbiosys Defencia (Biocodex), Bion3 Défense (Procter et Gamble), Lactibiane Immuno (Pileje), etc.

PROPOLIS ET MAL DE GORGE

La propolis possède des propriétés anti-infectieuses puissantes, anti-inflammatoires et immunomodulatrices étayées par quelques études cliniques. En l’absence de prédisposition aux allergies (voir encadré page 2), elle peut être proposée dans les affections respiratoires hautes d’origine virale mais ne bénéficie toutefois d’aucune allégation santé. Son association au miel atténue son goût prononcé.

En pastilles ou en sprays : gamme Oropolis, ProPolis Pastilles bio Ladrôme, Activox Propolis (Arkopharma), 3 Chênes ProPolis spray gorge, Propomax Spray gorge (Lehning), etc.

DISPOSITIFS MÉDICAUX ET MAUX DE GORGE

Certains fabricants proposent des dispositifs médicaux à base d’extraits de plantes riches en polysaccharides, en tanins et en mucilages (plantain, érysimum, réglisse, guimauve, etc.) en mettant en avant un mécanisme d’action physique : formation d’un film qui protège la muqueuse et calme l’irritation. L’intérêt étant de pouvoir revendiquer une action sur les maux de gorge (et/ou la toux), ce qui est difficile dans les compléments alimentaires faute d’allégation de santé dans cette indication.

Exemples : Les Elémentaires Maux de gorge (Upsa), Clariver Spray buccal (Cooper), Activox Maux de gorge toux sèche (Arkopharma), Salvigorge 2 Act (Aboca), etc.

LA DIFFUSION ATMOSPHÉRIQUE DANS LE RHUME

La diffusion atmosphérique d’HE antiseptiques (citron, mandarine, pamplemousse, citronnelle de Ceylan) s’effectue à l’aide de diffuseurs adaptés (évitant de trop chauffer ce qui dénature les HE), en discontinu - par exemple 20 minutes matin et soir, sans personne dans la pièce.

Les sprays assainissants sont une alternative : Sprays aériens de Puressentiel, Assaini’Spray de Naturactive, Aromaforce Spray assainissant de Pranarôm, etc. A utiliser dans une pièce ventilée, en l’absence de personnes à risque de convulsions, allergiques, de nourrissons, de femmes enceintes et enfants.

L’emploi des HE en diffusion atmosphérique ne doit pas être banalisé en raison du risque de formation de composés organiques volatils d’origine terpénique considérés comme des polluants atmosphériques.

LA MENTHE POIVRÉE EN PRÉPARATION NASALE

L’huile essentielle de menthe poivrée peut s’utiliser à partir de 12 ans en préparations nasales dosées à 1 à 5 % (dans la vaseline, par exemple). A appliquer en fine couche autour des narines jusqu’à 3 fois par jour.

LA PRISE EN CHARGE DE LA TOUX CHEZ L’ENFANT

La toux est un réflexe naturel de défense de l’organisme qui doit être respecté, en particulier chez les nourrissons chez qui son efficacité n’est pas optimale : vouloir l’entraver ou la faciliter par des fluidifiants est plus néfaste que bénéfique. Pour cette raison, tous les médicaments antitussifs et fluidifiants sont contre-indiqués avant l’âge de 2 ans. Seules des mesures hygiénodiététiques simples sont recommandées : désobstruction rhinopharyngée aussi souvent que nécessaire, car l’accumulation des sécrétions est la cause principale de la toux, hydratation régulière et limitation de la température de la chambre entre + 19 et + 20 °C, éviction de l’exposition au tabac.

Principales huiles essentielles des toux sèches

Elles s’utilisent en association (2 ou 3 d’entre elles) pendant 3 à 4 jours :

- en application sur le thorax et la gorge, diluées à 15 % dans une huile végétale, à raison de 2 à 3 applications par jour ;

- ou par voie orale (6 gouttes par jour au maximum) diluées dans une cuillère à café de miel ou d’huile alimentaire.

HORS PHYTOTHÉRAPIE ET AROMATHÉRAPIE, QUELS ANTITUSSIFS RESTE-T-IL EN CONSEIL ?

Depuis 2017, toutes les spécialités renfermant des dérivés opioïdes sont listées et l’offre des antitussifs hors phytothérapie ou homéopathie disponibles en conseil s’est fortement restreinte.

Hormis l’hélicidine qui peut être utilisée avec prudence selon les monographies, tous sont déconseillés durant la grossesse. Le Centre de référence sur les agents tératogènes (Crat) préconise de recourir à la codéine ou au dextrométorphane si nécessaire durant la grossesse, ou, si un fluidifiant bronchique est indispensable, à l’acétylcystéine.

Antitussifs anti-H1

L’oxomémazine est le seul antitussif antihistaminique disponible en conseil (Humex Toux sèche oxomémazine, Toplexil, etc.).

La prométhazine est associée à un mucolytique (le benzoate de méglumine) dans Fluisédal, médicament listé.

Indiquée dans les toux non productives gênantes à prédominance nocturne à partir de 2 ans, l’oxomémazine expose à des effets anticholinergiques (constipation, rétention urinaire, troubles de l’accommodation, somnolence, confusion et hypotension orthostatique).

Elle est contre-indiquée en cas de risque de rétention urinaire et de glaucome par fermeture de l’angle.

Antitussifs d’action centrale non opiacés non anti-H1

La pentoxyvérine (Clarix Pentoxyvérine), molécule possédant aussi des propriétés antispasmodiques, est indiquée dans le traitement des toux sèches et d’irritation à partir de 6 ans pour la forme enfant. Elle expose à des effets atropiniques à type de sécheresse buccale et de constipation notamment, plus rarement de rétention urinaire, de somnolence, de troubles de l’accommodation, de confusion. Elle est contre-indiquée lors d’insuffisance respiratoire, chez l’asthmatique, en cas de risque de rétention urinaire et de glaucome par fermeture de l’angle.

L’oxéladine (Paxeladine) est indiquée dans le traitement des toux non productives gênantes à partir de 30 mois. Elle expose à des réactions d’hypersensibilité.

Autres

L’hélicidine (Hélicidine), mucoglycoprotéine aux propriétés bronchorelaxantes extraite de l’escargot de Bourgogne Helix pomatia L., est indiquée dans le traitement des toux non productives gênantes à partir de 2 ans. Elle expose à un risque d’allergies.

Prévoyez-vous de fermer votre officine le 30 mai prochain en signe de protestation ?


Décryptage

NOS FORMATIONS

1Healthformation propose un catalogue de formations en e-learning sur une quinzaine de thématiques liées à la pratique officinale. Certains modules permettent de valider l'obligation de DPC.

Les médicaments à délivrance particulière

Pour délivrer en toute sécurité

Le Pack

Moniteur Expert

Vous avez des questions ?
Des experts vous répondent !