Décrypter l’étiquette d’une eau de protection solaire SPF 50 - Le Moniteur des Pharmacies n° 3419 du 28/05/2022 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des Pharmacies n° 3419 du 28/05/2022
 

EXPERTISE

COSMÉTOLOGIE

Auteur(s) : Michèle Sauvage

L’eau de protection solaire n’est pas constituée que d’eau mais d’un biphasé avec phases huileuse et aqueuse. La texture légère, transparente et non collante du mélange revendique une efficacité contre les utraviolets équivalente aux laits. Cette galénique nécessite d’homogénéiser le produit en agitant le flacon et de s’en enduire le corps juste avant l’exposition au soleil. Une application généreuse à renouveler toutes les deux heures.

FORMULATION

La formule annonce un indice de protection solaire (ou SPF pour sun protection factor) 50 grâce à l’association de huit filtres solaires ultraviolets (UV) à large spectre, qui se répartissent selon leur solubilité entre la phase aqueuse et la phase huileuse. Agents hydratants, humectants ou émollients complètent la formule afin de protéger la peau du desséchement cutané et de la déshydratation.

LES EXCIPIENTS

Ils participent à la forme galénique.

– L’eau (water) est un solvant qui permet de dissoudre les autres substances.

– Le diisopropyl sebacate, huile très présente dans les formules de produits solaires, est un solvant et favorise l’étalement du produit sur la peau.

LES ACTIFS

Ils sont choisis pour leurs fonctions cosmétiques.

Les filtres organiques

L’homosalate (filtre UVB), l’octocrylène (filtre UVB-UVA), le salicylate d’éthylhexyle (filtre UVB), le butyl méthoxydibenzoylméthane (filtre UVA), l’éthylhexyl triazone (filtre UVB), le bis-éthylhexyloxyphénol-méthoxyphenyl-triazine (filtre à large spectre UVB-UVA), l’acide phénylbenzimidazole sulfonique (filtre UVB), l’acide téréphthalylidène dicamphore sulfonique (filtre à large spectre UVA).

Les hydratants, humectants et/ou émollients

– Le dicaprylyl éther et le dicaprylyl carbonate, huiles estérifiées d’origine synthétique ou végétale issues d’huile de coco ou de palme, favorisent aussi l’étalement du produit.

– la glycérine d’origine synthétique, animale ou végétale.

– le caprylyl glycol, alcool doux d’origine synthétique ou végétale issu d’huile de palme ou de coco.

– L’acide hyaluronique hydrolysé (hydrolyzed hyaluronic acid), forme fragmentée de l’acide hyaluronique qui présente une meilleure perméabilité cutanée.

LES ADDITIFS

Ils améliorent la conservation ou les caractères organoleptiques de la formule.

– L’alcool dénaturé (alcohol denat), solvant, antimicrobien, peut être irritant et asséchant pour les peaux sensibles.

– Le propanédiol, solvant, ajuste la viscosité.

– Le triéthanolamine, tensioactif, émulsifiant, régulateur de pH.

– Le phénoxyéthanol, conservateur d’origine synthétique. Il est considéré comme sûr par les autorités européennes avec une concentration maximale autorisée de 1 %.

– Le poly C10-30 alkyl acrylate, émulsifiant, agent de stabilité, ajuste la viscosité.

– Le tocophérol ralentit l’oxydation des corps gras et protège les actifs de la lumière. Antiradicalaire pour la peau.

– Le trisodium éthylènediamine disuccinate fixe les ions métalliques pouvant affecter la stabilité ou l’aspect du produit.

Sources : Inventaire des ingrédients cosmétiques (établi par la décision 96/335/CE de la Commission, abrogée avec effet au 8 mai 2020), CosIng, Journal officiel de l’Union européenne ; règlement (CE) n° 1223/2009 du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 relatif aux produits cosmétiques, refonte 2018 ; Fédération des entreprises de la beauté (Febea), base de données des ingrédients cosmétiques, febea.fr ; avis du CSSC sur l’octocrylène, SCCS/1627/21, avis final ; « L’octocrylène, un filtre UV qu’il faudrait peut-être mieux ne pas mettre à l’ombre », C. Couteau, L. Coiffard, regard-sur-les-cosmetiques.fr.

Ingrédients

LISTE INCI

AQUA/WATER, HOMOSALATE, DICAPRYLYL ETHER, DIISOPROPYL SEBACATE, OCTOCRYLENE, ETHYLHEXYL TRIAZONE, DICAPRYLYL CARBONATE, ETHYLHEXYL SALICYLATE, ALCOHOL DENAT, BUTYL METHOXYDIBENZOYLMETHANE, GLYCERIN, PHENYLBENZIMIDAZOLE SULFONIC ACID, PROPANEDIOL, TRIETHANOLAMINE, BIS-ETHYLHEXYLOXYPHENOL-METHOXYPHENYL TRIAZINE, CAPRYLYL GLYCOL, HYDROLYZED HYALURONIC ACID, PHENOXYETHANOL, POLY C10-30 ALKYL ACRYLATE, TEREPHTHALYLIDENE DICAMPHOR SULFONIC ACID, TOCOPHEROL, TRISODIUM ETHYLENEDIAMINE DISUCCINATE, PARFUM/FRAGRANCE

FOCUS SUR…

L’OCTOCRYLÈNE

Ce filtre lipophile absorbe majoritairement les UVB et les UVA courts. Il a un effet photostabilisateur sur l’acide phénylbenzimidazole sulfonique (ou avobenzone), filtre organique UVB longs qui se dégrade considérablement à la lumière. Il permet aux produits solaires de résister à l’eau.

Mis en cause pour son impact environnemental, car peu biodégradable et bioaccumulable, il est également soupçonné d’effets perturbateurs endocriniens.

Le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC), jugeant les résultats d’études in vivo non concluants, considère que son utilisation dans les produits cosmétiques est sûre jusqu’à la concentration maximale autorisée de 10 % (en acide).

De nouvelles restrictions seraient annoncées en 2022 après sa réévaluation par la Commission européenne.

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