Le mal aigu des montagnes - Le Moniteur des Pharmacies n° 3417 du 14/05/2022 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des Pharmacies n° 3417 du 14/05/2022
 

EXPERTISE

FORMATION

Auteur(s) : Charlotte Rommel

Cette affection touche 20 à 50 % des personnes montant en haute altitude, en général à plus de 2 500 mètres.

De quoi s’agit-il ?

• Le mal aigu des montagnes résulte d’une mauvaise acclimatation à l’altitude. Il est dû à une baisse de pression en oxygène dans l’air entraînant une diminution du taux d’oxygène dans le sang (hypoxémie). L’hypoxémie est alors la cause d’une hyperventilation provoquant une augmentation du pH sanguin (alcalose).

• Le mal se caractérise par un ensemble de symptômes dominés par des céphalées (95 % des cas), une insomnie, une grande fatigue et un manque d’appétit. Des œdèmes localisés, des nausées, des vomissements, des vertiges et une dyspnée sont aussi possibles. Le plus souvent, il évolue favorablement avec l’acclimatation et disparaît au bout de 4 jours.

• Néanmoins, deux complications liées à l’altitude, rares mais graves, peuvent survenir : l’œdème cérébral et l’œdème pulmonaire de haute altitude pouvant provoquer le décès.

Quels sont les facteurs favorisants ?

Le mal survient 4 à 8 heures après l’arrivée en altitude, surtoutà partir de 2 500 mètres. Il touche autant les sportifs chevronnés que débutants et plusieurs facteurs peuvent favoriser sa survenue tels qu’une vitesse d’ascension rapide, des antécédents de maladie de haute altitude, avoir moins de 50 ans ou encore être migraineux.

Quels examens et thérapeutiques préconisés ?

• Une consultation préventive est recommandée lorsque la personne présente des antécédents de mal aigu des montagnes, se rend pour la première fois en haute altitude ou souffre d’une pathologie chronique. Un test à l’hypoxie est alors pratiqué pour évaluer la capacité de l’organisme à s’adapter au manque d’oxygène.

• L’acétazolamide (Diamox) est souvent administré en prévention sur prescription médicale (hors autorisation de mise sur le marché). Il est réservé aux mauvais répondeurs à l’hypoxie ou lorsqu’il n’est pas possible de faire une ascension progressive. Inhibiteur de l’anhydrase carbonique, il s’oppose à l’alcalinisation du sang et augmente la ventilation pulmonaire. La posologie est de 125 mg deux fois par jour, à débuter 24 heures avant l’ascension et à poursuivre jusqu’à ce que l’altitude maximale soit atteinte.

Sources : « Maladies de haute altitude », Société française de médecine d’urgence (sfmu.org) ; « Maladies spécifiques aux milieux hostiles », Institut de formation et de recherche en médecine de montagne ; Richalet J.-P. et coll., « Evaluation de la tolérance à l’hypoxie et susceptibilité aux pathologies de haute altitude », Science & Sports, 2015.

CONSEILS AU PUBLIC

– Avant le départ se rendre dans un centre proposant des consultations spécialisées en médecine de montagne.

– Respecter une ascension progressive ! L’acclimatation est fondamentale en début de séjour.

– Limiter les efforts physiques lors des premiers jours au-delà de 3 000 mètres, ne pas dépasser 400 mètres de dénivelé entre 2 nuits successives et s’hydrater régulièrement.

– Lors de la survenue des premiers symptômes, prendre du paracétamol et, en cas d’inefficacité, redescendre de 500 mètres ou se reposer 1 ou 2 jours à la même altitude.

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