Ni fait ni à faire - Le Moniteur des Pharmacies n° 3404 du 12/02/2022 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des Pharmacies n° 3404 du 12/02/2022
 

ÉDITO

Auteur(s) : Matthieu Vandendriessche

Quelle curieuse destinée que celle de la dispensation à l’unité (DAU) ! A l’automne 2014, la ministre de la Santé Marisol Touraine la présente comme un gage d’évolution de la profession pour contrer le projet de dérégulation de l’officine impulsé par son collègue de Bercy, Emmanuel Macron. La mesure fait l’objet d’une expérimentation qui ne livre aucun enseignement hormis quelques évidences. Puis tombe dans les limbes avant d’être recyclée par l’équipe de campagne du candidat Macron. La DAU, on vous la promet ! Et vous l’aurez. Décriée par les syndicats et l’industrie pharmaceutique, elle est introduite dans la loi antigaspillage pour une économie circulaire (Agec). Le lancement est prévu le 1er janvier 2022. Nous y voilà. Un décret sur les modalités de mise en œuvre est publié au Journal officiel du 2 février. La DAU grille la politesse à la préparation des doses à administrer (PDA), qui attend la parution de ses bonnes pratiques depuis une douzaine d’années. Pour la première fois au Journal officiel, le déconditionnement d’un médicament est implicitement reconnu. On y évoque en effet la possibilité d’avoir recours au reconditionnement dans des sachets doses. On les imagine, ces grosses machines de production pour les résidents des Ehpad s’arrêter net pour sortir une poignée de sachets renfermant un petit comprimé… Selon le décret, la spécialité peut aussi être présentée sous blister. On suppose en ayant recours au surétiquetage de l’existant, à un blister prédécoupé ou à un blister unitaire déjà découpé. Encore faudrait-il qu’ils soient disponibles pour les antibiotiques concernés, dont on n’a pas encore la liste… Et pour le conditionnement secondaire, rien n’est vraiment dit. Le patient qui finit la boîte peut partir avec. Pour les autres, reste un sac ou une enveloppe sur lesquels il faut tout de même indiquer une dizaine de mentions assurant la traçabilité. Sachez enfin que, pour le moment, l’Assurance maladie ne veut pas entendre parler de rémunération. Il n’y a vraiment pas de quoi s’emballer !

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