Effets des topiques hormonaux humains sur l’animal de compagnie - Le Moniteur des Pharmacies n° 3402 du 29/01/2022 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des Pharmacies n° 3402 du 29/01/2022
 

EXPERTISE

DÉLIVRANCE

Auteur(s) : Corinne Piquemal*, Elisabeth Begon**, Flore Demay***, Sylviane Laurentie****

Les patientes traitées par un gel cutané contenant des hormones de synthèse sont généralement bien informées des précautions à prendre vis-à-vis de leur entourage afin d’éviter tout effet indésirable lié à un contact involontaire et répété avec un tel médicament. Elles sont souvent moins conscientes des dangers qu’encourent leurs animaux de compagnie.

Plusieurs cas d’effets indésirables, impliquant chiens de petits gabarits, chats, chiots et chatons, et faisant suite à des contacts répétés avec des substituts hormonaux appliqués en gel sur la peau de leur propriétaire ont été rapportés dans différents pays européens. Il s’agit généralement de cas impliquant des œstrogènes. Ceux-ci sont étalés sur les cuisses, l’abdomen ou encore les bras, qui sont autant de surfaces susceptibles d’entrer en contact avec l’animal. Mais le risque existe également via les draps, lorsque la personne sous traitement et les animaux dorment dans le même lit.

Les animaux exposés au médicament développent essentiellement des signes évoquant un hyperœstrogénisme (en particulier gonflement des mamelles et de la vulve). Des signes de retour en chaleur chez des femelles stérilisées ont aussi été décrits. Des atteintes dermatologiques sont souvent rapportées, avec une perte de poils se localisant principalement à la face ventrale du thorax et de l’abdomen. Par ailleurs, l’action toxique des œstrogènes sur la moelle osseuse peut à terme provoquer une anémie mettant en jeu la vie de l’animal. Le délai d’apparition des symptômes reste variable, allant de quelques semaines à plusieurs années. Ils s’atténuent en général, voire disparaissent, à l’arrêt de l’exposition aux hormones.

Aucun cas mentionnant de tels événements n’a cependant été rapporté jusqu’ici dans la base de données nationale de pharmacovigilance de l’Anses-ANMV ou les centres antipoison vétérinaires en France.

Que dire au comptoir ?

Si des symptômes évoquant un hyperœstrogénisme ou un retour en chaleur d’un animal stérilisé sont détectés par les propriétaires, il doit leur être conseillé de présenter l’animal rapidement chez un vétérinaire et de bien lui préciser qu’une personne du foyer fait l’objet d’un traitement topique hormonal.

Il convient par ailleurs de rappeler aux utilisatrices de prendre les précautions nécessaires afin d’éviter tout désagrément pour leurs animaux :

- se laver les mains après avoir appliqué le gel,

- couvrir les zones traitées avec un vêtement,

- interdire tout léchage des zones traitées,

- éviter de dormir avec ses animaux,

- et en cas de contact direct de l’animal avec une zone traitée, empêcher l’animal de se toiletter et rincer à l’eau les surfaces corporelles sur lesquelles le médicament a pu être transféré.

L’Anses-ANMV souhaite également rappeler que ces précautions d’emploi sont à garder en mémoire pour l’ensemble des médicaments topiques disponibles sur le marché.

* Département pharmacovigilance, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail-Agence nationale du médicament vétérinaire (Anses-ANMV).

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