« Automatiser mon officine, c’est aussi revaloriser mon équipe » - Le Moniteur des Pharmacies n° 3402 du 29/01/2022 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des Pharmacies n° 3402 du 29/01/2022
 

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Auteur(s) : Matthieu Vandendriessche

Mathilde Clément a réalisé en mai le transfert de son officine, la Grande Pharmacie Bailly. Celle-ci a trouvé place sur le parvis de la gare Saint-Lazare, à Paris, à une centaine de mètres de son site originel. Faire mieux avec deux fois moins d’espace : la titulaire a relevé le défi en s’appuyant sur l’automatisation et la montée en compétences de son équipe.

Voilà plus d’un siècle qu’elle trônait rue de Rome, à Paris, aux abords de la gare Saint-Lazare. La Grande Pharmacie Bailly, bien connue pour son rayon orthopédie, a opéré un transfert en mai dernier. Il faut aujourd’hui parcourir une centaine de mètres en traversant le parvis de la gare pour la retrouver. « J’avais ce projet de transfert en tête du fait de désaccords avec mon bailleur, explique Mathilde Clément, titulaire depuis 2010. Contrairement à ce qui se fait habituellement, nous nous sommes orientés vers une plus petite surface ». La pharmacie occupe l’emplacement d’une agence bancaire et d’une boutique d’opérateur téléphonique. Sa surface a ainsi été réduite de près de la moitié, passant à 300 m2. « Faire mieux avec moins de place » est le défi à relever pour la titulaire quadragénaire. Pour entrer dans ses murs, l’officine se réinvente. Elle comprend trois espaces répartis sur différents niveaux : dermocosmétique, parapharmacie et compléments alimentaires, médicaments et orthopédie. Au premier niveau, côté mur, le rayon a été dédoublé à certains endroits avec un linéaire coulissant pour optimiser l’exposition de gammes de cosmétiques. A l’opposé, une paroi vitrée donne sur le parvis. Entre les deux, les étagères sont munies de grillage métallique qui laisse diffuser la lumière naturelle, selon le style industriel proposé par l’agenceur Cubik. A proximité des rayons, les conseillères en parapharmacie sont sur le pont. Elles encaissent les achats avec des machines à carte bancaire portables mais renvoient aussi vers des caisses automatiques, les premières installées par BD Rowa. Deux l’ont été en août et quatre se trouvent désormais à disposition pour les ventes hors ordonnance. La clientèle, qui se presse ici au rythme de 1 200 passages par jour, commence à y trouver son compte. En décembre, près de 3 000 transactions sont réalisées aux caisses automatiques pour un chiffre d’affaires de 60 000 €. « Je suis convaincue que cela crée de la récurrence. Quelqu’un qui a oublié un dentifrice sait qu’il pourra se le procurer rapidement ici », considère Mathilde Clément.

Des robots dans une configuration inédite

Autre élément de différenciation, l’aromathèque digitalisée. Les références d’huiles essentielles, les marques proposées et les motifs d’utilisation sont affichés sur un écran géant qui se dresse au milieu de l’espace de vente. Là encore, le conseil peut être sollicité. « Je travaille actuellement avec mon équipe pour qu’elle s’y investisse davantage. » La manageuse se félicite d’avoir pu conserver en l’état son effectif d’une quarantaine de salariés : pharmaciens, préparateurs, orthopédistes, conseillères en parapharmacie, personnel administratif et comptable… Dans la précédente configuration, elle avait misé sur la robotisation en s’appuyant sur la société BD Rowa (ex-ARX). Un pas supplémentaire est franchi dans cette voie avec trois robots qui opèrent de manière synchronisée via une interface établie par le logiciel Pharmaland. En sous-sol, un des robots constitue une réserve. Il est relié à un autre installé sur la mezzanine, muni de deux bras et lui assure un réassort automatique. Ce dernier gère l’acheminement des médicaments aux comptoirs, derrière lesquels se trouvent des linéaires digitaux. Un troisième robot stocke les articles de compression, les pansements, l’équipement du patient diabétique, ainsi que les tubes d’homéopathie. Il délivre les articles d’orthopédie dans les cabines d’essayage. Un usage inédit de ces équipements fait de cette pharmacie un terrain d’innovations pour la société de robotisation. Gagner de la place et du temps, c’est un moyen pour Mathilde Clément de revaloriser son équipe au bénéfice des patients et clients. Sa démarche managériale est de développer une compétence de base pour chacun, plutôt qu’une spécialisation. « L’organisation du planning permet à chacun de dégager deux heures de formation toutes les trois semaines sur son temps de travail. » Parmi les autres activités que pourrait lui offrir ce nouvel espace optimisé, la titulaire entrevoit la mise en œuvre d’accompagnements du patient.

BIO Mathilde Clément

2006 Diplômée en juin de la faculté de pharmacie de Nantes (Loire-Atlantique)

2010 S’installe en juin à la Grande Pharmacie Bailly, rue de Rome, à Paris

2021 Réalise en mai le transfert de son officine sur le parvis de la gare Saint-Lazare

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