Un peu de sémantique sur le financement - Le Moniteur des Pharmacies n° 3258 du 01/02/2019 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des pharmacies n° 3258 du 01/02/2019
 
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Auteur(s) : FRANÇOIS POUZAUD 

Le financement externe des officines se diversifie. En effet, outre les apports des titulaires et le recours au crédit bancaire traditionnel, d’autres montages financiers existent, tels que le capital-risque, les apports en comptes courants d’associés pharmaciens investisseurs, le crédit vendeur et le crédit « booster ». Un éclairage s’impose.

Présent aux côtés des primo-accédants lors de leur installation, le cabinet d’expertise comptable AdequA constate que la multiplicité des modes de financement d’une officine sème parfois le trouble dans les esprits. « Les jeunes professionnels nagent en plein flou sémantique », rapporte Olivier Delétoille, expert-comptable de ce cabinet. C’est particulièrement vrai lorsque l’ensemble des financements mis en place permet d’acquérir une pharmacie à travers une SEL nouvelle ou d’acquérir une SEL via une SPF-PL… Et lorsque l’acquéreur est obligé de mobiliser beaucoup d’apport pour une belle affaire.

Dans ces montages, « les financeurs, associés ou non, attendent un rendement légitime (par un taux d’intérêt) qui sera d’autant plus élevé qu’ils seront patients et les prises de risques plus ou moins bien garanties », explique-t-il. Dans la catégorie des préteurs externes, il faut en distinguer quatre :

1.Le capital-risqueur. Il consiste à financer de jeunes entreprises innovantes et/ou à fort potentiel, sous une forme de participation au capital. Celui des officines n’étant ouvert qu’à des pharmaciens exploitants ou adjoints, des outils ou des artifices sont nécessaires pour les autres (tels que le recours aux OCA – obligations convertibles en actions – qui défraie régulièrement la chronique, mais dont l’utilisation en pratique est limitée). « Ce n’est pas le côté innovant du monde de la pharmacie sur lequel mise le capital-risqueur, mais sur le simple rendement attaché à l’effet de levier financier attendu », prévient Olivier Delétoille. Pour rappel, l’effet de levier consiste à utiliser l’endettement traditionnel afin d’augmenter sa capacité d’investissement. Les bénéfices obtenus deviennent bien plus importants que le coût de l’endettement.

2.Les avances en comptes courants des associés pharmaciens investisseurs (ou prêt d’un associé). Le grand intérêt de ce complément de financement est son remboursement intervenant le plus souvent après celui des emprunts bancaires traditionnels, donc in fine.

3.Le crédit vendeur. Le pharmacien sortant accepte de différer le paiement du prix de vente de l’entreprise, parfois in fine, c’est-à-dire au-delà des emprunts bancaires traditionnels. « Il convient juste de s’assurer que ce mode de financement ne conduira pas à une survalorisation de l’affaire », conseille cet expert-comptable.

4.Le crédit « booster ». Le plus souvent mis en place par les groupements, il entre dans la catégorie des « coups de pouce » au pharmacien souhaitant s’installer, primo-accédant ou pas, sans distinction d’âge, et dont les apports sont trop faibles. Il se distingue du « capital-risque », car il ne peut être converti en capital. En toile de fond, il est aussi destiné à rassurer, voire à servir de « faire-valoir » en vue de convaincre les partenaires bancaires traditionnels.

« Si le remboursement est attendu à moyen terme, 5 ou 6 ans par exemple, alors que les pharmacies se financent sur 12 ans, cela crée dès le départ une impasse financière non visible sur des plans de financement limitant leur observation à 3 ou même à 5 ans, commente Olivier Delétoille. Il faudra donc anticiper, avec une restructuration complète des dettes, une vente de l’affaire, une augmentation de capital, l’intégration d’un nouvel associé… »

Exception faite du recours à un capital-risqueur, les trois autres constituent des apports véritables. Pour l’associé exploitant, c’est éviter parfois une captation anormale par d’autres de la prise de valeur de la société. 

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