ANALYSES BIOLOGIQUES (PARTIE 1) - Le Moniteur des Pharmacies n° 3257 du 24/01/2019 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des pharmacies n° 3257 du 24/01/2019
 

Cahiers Formation du Moniteur

Conseil

Auteur(s) : CAHIER  COORDONNÉ  PAR  ANNE-HÉLÈNE COLLIN  E T  ALEXANDRA BLANC , PHARMACIENNES - INFOGRAPHIES  WALTER BARROS   NOUS REMERCIONS  JEAN-FRANÇOIS AUCLAIR,  PHARMACIEN BIOLOGISTE À VAIRES-SUR-MARNE (SEINE-ET-MARNE), POUR SA PARTICIPATION 

HÉMOGRAMME 

Martin, 35 ans, débute un traitement par clozapine : – Je ne comprends pas : vous ne me donnez mon médicament que pour une semaine. Le médecin a pourtant dit que je devais le prendre pendant un bon moment…– Effectivement, c’est un traitement qui sera poursuivi longtemps. Mais il peut entraîner une baisse des globules blancs. A l’instauration, des prises de sang doivent donc être faites toutes les semaines pendant les 18 premières semaines, et ensuite tous les mois, pour surveiller vos globules blancs. Votre médecin est prudent : il attend votre prochaine prise de sang pour prescrire la suite du traitement.

« NFS NORMALE »

« NFS normale »

INR 

« JE N’AI PLUS D’HÉPARINE ! »

Marcelle, 57 ans, retourne voir son pharmacien quelques jours après la délivrance de son ordonnance pour une thrombose veineuse profonde, qui comportait Innohep et Coumadine :– Le médecin m’avait prescrit des injections d’Innohep pour 5 jours puis des comprimés de Coumadine en m’expliquant que ceux-ci prendrait le relais. L’infirmière me dit que je ne peux pas arrêter les injections : mon contrôle sanguin d’hier montre un INR à 1,7. Et je n’ai plus de piqûre ! Que dois-je faire ?– Votre infirmière a parfaitement raison. Nous allons contacter votre médecin pour qu’il prolonge l’héparine.– Mais 5 jours d’héparine, ce n’est pas déjà suffisant ?– Tout dépend du résultat de votre INR. Les héparines ne peuvent être arrêtées que lorsque deux résultats d’INR consécutifs à 2 jours d’intervalle sont dans la zone thérapeutique. L’action anticoagulante de Coumadine n’est pas encore totalement effective.
L’International Normalized Ratio (INR) est un test biologique nécessaire pour la surveillance de l’efficacité et de la sécurité d’emploi d’un traitement par antivitamines K, sujet à de grandes variations pharmacocinétiques interindividuelles.


DÉFINITION

L’INR est un mode d’expression du temps de Quick (TQ), ou temps de prothrombine (TP), pour exprimer la coagulabilité du plasma. C’est un rapport entre le TQ mesuré dans le plasma du patient et un TQ témoin, en prenant en compte l’Indice de sensibilité international (ISI) spécifique du réactif utilisé : INR = [TQ patient/TQ témoin]ISI
Le temps de Quick explore la voie extrinsèque de la coagulation, comprenant les facteurs II (prothrombine), VII (proconvertine), X (facteur Stuart), tous dépendants de la vitamine K. Le TQ explore également le facteur V (proaccélérine) et le fibrinogène.
L’INR permet d’avoir un résultat constant quel que soit le laboratoire. Toutefois, il est recommandé de contrôler l’INR auprès du même laboratoire.

OBJECTIFS THÉRAPEUTIQUES


CIBLE

L’INR d’un patient sans traitement et sans trouble de la coagulation est ≤ 1,2.
Pour les patients sous AVK, l’INR cible est 2,5 (fenêtre de tolérance entre 2 et 3) dans la majorité des indications. L’INR cible peut être plus élevé, supérieur à 3 (fenêtre de 2,5 à 4,5), notamment dans les valvulopathies mitrales ou chez les porteurs de prothèse cardiaque.
Un INR trop bas, < 2 (sous-dosage en AVK) traduit un risque de thrombose. L’INR doit être corrigé par le prescripteur dans la journée par la recherche et le contrôle de la cause du déséquilibre et/ou une augmentation de la dose de l’AVK.
Un INR trop élevé (surdosage en AVK) traduit un risque hémorragique. La cause du déséquilibre est recherchée, et la conduite à tenir, ordonnée par le médecin, dépend du résultat de l’INR et de sa valeur cible (voir encadré ci-dessous). Elle est immédiatement mise en place de façon progressive, avec un suivi rapproché de l’INR (voir p. 9) pour ne pas basculer dans le risque thrombotique.

FRÉQUENCE DES MESURES

La mesure de l’INR doit être effectuée dans les 48 heures (+/- 12 heures) après la première prise d’AVK, afin de dépister une potentielle hypersensibilité.
Les contrôles suivants ont généralement lieu tous les 2 à 4 jours jusqu’à stabilisation de l’INR : lorsque 2 INR successifs sont dans la fenêtre cible. Les contrôles sont ensuite espacés progressivement en quelques semaines jusqu’à un contrôle par mois (délai maximal entre deux INR).
L’INR doit également être contrôlé après chaque changement de posologie : un premier contrôle 3 jours après la modification, puis tous les 2 à 4 jours jusqu’à l’obtention de l’INR cible.
Un contrôle de l’INR est nécessaire 3 à 4 jours après toute introduction, modification ou arrêt de médicaments interagissant avec les AVK (antibiotiques…).

STABILISATION DE L’INR

Au premier rang des médicaments responsables d’accidents iatrogènes graves : les AVK. Chaque année, on estime à environ 5 000 le nombre d’accidents mortels liés aux hémorragies sous AVK (rapport ANSM, 2014). Le rapport bénéfice/risque positif de ces médicaments à marge thérapeutique étroite est conditionné par leur bon usage. Ce qui implique une bonne connaissance par les patients de leur traitement.
Dès la première délivrance, le pharmacien doit s’assurer de la compréhension de certaines informations par le patient.

A QUOI SERT L’AVK ?

➜A prévenir et à traiter les événements thrombo-emboliques. Les AVK sont précisément indiqués en cas de cardiopathies emboligènes (troubles du rythme auriculaires, certaines valvulopathies mitrales, prothèses valvulaires…), d’infarctus du myocarde compliqués, de thromboses veineuses profondes, d’embolies pulmonaires.

QUELLE DOSE PRENDRE ?

➜Pour obtenir un INR dans la cible, il est parfois nécessaire d’établir des posologies alternées sur 2 ou 3 jours (exemple : « 1/2 comprimé les jours pairs, 1 comprimé les jours impairs »), avec des comprimés entiers, des demi-comprimés, des quarts de comprimés… S’assurer au comptoir que le patient a bien compris cette alternance et la fraction de comprimé à prendre. Proposer des moyens pratiques à mettre en place, afin de faciliter l’observance (calendrier…).

A QUELLE HEURE ?

➜Dans la grande majorité des cas, l’AVK est administré le soir. L’INR mesuré le lendemain matin permet de pouvoir modifier la dose si nécessaire dès la prise suivante.

QUE FAIRE EN CAS D’OUBLI ?

➜La prise du comprimé oublié peut être rattrapée dans les 8 heures qui suivent l’horaire habituel d’administration. Passé ce délai, il est préférable de ne pas prendre le comprimé oublié et d’attendre l’heure de prise suivante sans doubler la dose. Le patient doit cependant inscrire l’oubli dans son carnet de suivi. S’il ne se souvient plus d’avoir pris ou non son médicament, lui conseiller de sauter la prise, afin d’éviter une double dose.

QUEL EST L’INR CIBLE ?

➜Il est important que le patient connaisse son INR cible, qui est fixé par le médecin à 2,5 dans la plupart des indications (exceptions : valvulopathies mitrales, prothèses valvulaires…). Pourquoi le suivi biologique est-il important ?
➜Les AVK sont des médicaments à marge thérapeutique étroite. Ils doivent prévenir et traiter de façon efficace les évènements thrombo-emboliques tout en réduisant au maximum le risque hémorragique. Le suivi de l’INR permet de surveiller cet état d’équilibre et de modifier la posologie de l’AVK rapidement si nécessaire.

QUAND FAIRE L’ANALYSE SANGUINE ?

➜Le contrôle de l’INR doit impérativement suivre le calendrier fixé par le médecin. Il est effectué au minimum une fois par mois, plus souvent en cas de signes d’appels hémorragiques ou d’arrêt, voire d’introduction d’un autre traitement.

A QUEL MOMENT DE LA JOURNÉE DOIT-ON FAIRE LA PRISE DE SANG POUR L’INR ?

➜Le matin, ce qui permet d’ajuster la posologie le soir même.

QUE FAIRE DU RÉSULTAT D’INR RENDU PAR LE LABORATOIRE ?

➜Le noter dans le carnet de suivi et contacter le médecin qui indiquera la conduite à tenir. Augmenter la dose lorsque l’INR est trop bas, réduire la dose lorsque l’INR est trop élevé.

QUELS SONT LES SIGNES D’UN SURDOSAGE ?

➜Il est important pour le patient d’identifier les signes d’hémorragie, principal risque des AVK :
– signes banals : tout saignement léger inhabituel, saignement des gencives, saignement de nez, hémorragie conjonctivale, règles exceptionnellement abondantes…
– signes plus inquiétants : sang dans les urines, dans les selles, selles noires et nauséabondes, crachats sanglants, vomissements sanglants, saignements persistants…
– signes trompeurs (signes de saignements non extériorisés) : fatigue, essoufflement, pâleur, céphalées ne cédant pas au traitement antalgique habituel, malaise inexpliqué…

QUE FAIRE EN CAS D’APPARITION DE SIGNES HÉMORRAGIQUES ?

➜Appeler son médecin. Tout signe d’hémorragie nécessite un contrôle de l’INR d’urgence.

QUELS SONT LES RISQUES DE L’AUTOMÉDICATION ?

➜Les risques d’interactions médicamenteuses avec les AVK sont nombreuses : paracétamol à fortes doses, aspirine, AINS majorent le risque hémorragique ; le millepertuis réduit l’efficacité de l’AVK. Par ailleurs, les laxatifs à base d’huile de paraffine (Lansoÿl, Lubentyl…) diminuent l’absorption de la vitamine K liposoluble et risquent de modifier l’INR. Le message à transmettre au patient est donc le suivant : ne prendre aucun médicament sans l’avis de son pharmacien ou de son médecin.
De même, le patient doit signaler à tout médecin et professionnel de santé la prise d’un traitement anticoagulant, pour éviter la prescription d’un médicament contre-indiqué (miconazole…) ou nécessitant des précautions d’emploi (céphalosporines, cyclines, macrolides, fibrates, statines, colchicine…).

QUELS SONT LES ALIMENTS RICHES EN VITAMINE K ?

➜Aucun aliment n’est interdit pour un patient sous AVK. Eviter simplement les changements importants et brutaux d’alimentation, comme l’apport massif ou l’arrêt total des aliments riches en vitamines K : brocoli, chou, épinard, laitue, cresson, asperge…

QUE FAIRE EN CAS DE PROGRAMMATION D’UNE INTERVENTION CHIRURGICALE ?

➜Les actes opératoires tels qu’une chirurgie cutanée, de la cataracte, certains actes buccodentaires, de rhumatologie, les endoscopies digestives..., responsables de saignements de faible intensité, ne nécessitent pas l’arrêt de l’AVK.
A l’inverse, les actes chirurgicaux plus importants impliquent une interruption des AVK 5 jours précédant l’intervention et, lorsque le risque thrombotique est élevé, un relais par héparine est recommandé. L’AVK sera repris dans les 24-48 heures après l’intervention.
Dans tous les cas, l’INR doit être stabilisé et dans la cible avant d’envisager l’intervention chirurgicale.

FICHE PRATIQUE

Fiche pratique
- A quel moment doit-on réaliser un INR ?
Le matin, afin de modifier la dose de l’AVK dès la prise du soir si besoin.
-  Le patient doit-il être à jeun ?
Non.
-  Y a-t-il des précautions particulières ?
Non.
-  Quand obtient-on les résultats ?
Dans la journée (en routine).
Temps de Quick : temps de coagulation, à 37 °C, d'un plasma anticoagulé après que l'on a activé la voie du facteur tissulaire de la coagulation.
Le carnet de suivi AVK rappelle le bon usage des anticoagulants et est source de nombreuses informations pratiques pour le patient. Il permet, en outre, de noter les résultats d’INR et la posologie adaptée de l’anticoagulant.
Le carnet est disponible auprès du Cespharm (cespharm.fr).

QU’AURIEZ-VOUS RÉPONDU ?

Qu’auriez-vous répondu ?
Colette, 55 ans, est sous Sintrom (acénocoumarol) depuis plusieurs années dans le but de prévenir des complications thrombo-emboliques liées à la pose d’une prothèse valvulaire. Son traitement est équilibré avec un comprimé par jour. Ce matin, Colette est inquiète :
– Mon dernier INR est bas, 1,9 au lieu de 3,5 habituellement… Ça n’est pas arrivé depuis des années…
– Vous avez oublié un comprimé ? Modifié quelque chose dans vos habitudes, votre alimentation peut-être… ?
– Ah oui ! je fais un régime sur les conseils de mon naturopathe : je réduis les protéines et les graisses mais je mange beaucoup plus de légumes, surtout des légumes verts.
– C’est ce changement brutal d’alimentation qui est responsable de la baisse de votre INR. Il est possible de concilier changement d’alimentation et AVK, mais de façon progressive. Le plus important est de contacter votre médecin pour rétablir la valeur de l’INR. Et je vous conseille de prendre rendez-vous avec un médecin nutritionniste pour adapter votre alimentation.

LE PHARMACIEN A-T-IL BIEN RÉPONDU ?

Oui. Une modification importante de l’alimentation chez un patient sous AVK (apport massif d’aliments riches en vitamine K ou retrait de ces mêmes aliments) peut être responsable d’un déséquilibre de l’INR. De même, l’INR peut être fortement modifié lors de jeûne alimentaire volontaire (Ramadan, Carême…) ou involontaire (gastro-entérite, intoxication alimentaire…). Faire « un régime » et augmenter l’apport en légumes verts, riches en vitamine K, n’est pas interdit pour un patient sous AVK, mais l’apport doit être progressif et régulier. Et il contraint à des mesures de l’INR rapprochées.

INR CIBLE : 2,5


INR CIBLE > 3


•  INR < 4 : pas de saut de prise, pas de vitamine K

•  INR < 6 : pas de saut de prise, pas de vitamine K

•  4 ≤ INR < 6 : saut d’une prise, pas de vitamine K

•  6 ≤ INR < 10 : saut d’une prise + avis spécialisé (cardiologue, notamment) pour un traitement éventuel de 1 à 2 mg de vitamine K par voie orale

•  6 ≤ INR < 10 : arrêt du traitement + 1 à 2 mg de vitamine K par voir orale

•  INR ≥ 10 : arrêt du traitement + 5 mg de vitamine K par voie orale

•  INR ≥ 10 : avis spécialisé immédiat ou hospitalisation

IONOGRAMME 

RÉGIME SANS SEL

Jeannine, 54 ans, traitée par irbésartan, hydrochlorothiazide et Diffu-K pour une HTA essentielle :– Mon médecin me répète encore qu’il faut que je réduise le sel, mais sans sel, la cuisine n’a pas de goût ! J’ai vu sur Internet qu’il existait des sels de régime. Vous en avez ?– Ces sels de régime sans sodium peuvent remplacer le sel de table lorsqu’il est interdit, mais ils contiennent du potassium. Avec votre traitement, ils risquent d’augmenter votre kaliémie. Mieux vaut les éviter sans avis de votre médecin. Pour donner du goût à votre cuisine, essayez d’introduire des épices, des herbes aromatiques…
L’ionogramme détermine la concentration d’anions et de cations présents dans le plasma (ionogramme sanguin) ou dans les urines (ionogramme urinaire). Le dosage des protéines peut compléter les données. Un ionogramme permet l’exploration des troubles électrolytiques.


LE SODIUM

Il est le principal cation extracellulaire. Il permet le maintien de la pression osmotique, de l’équilibre acidobasique et représente un facteur important de l’hydratation cellulaire (l’eau suit le sodium).
La natrémie est régulée de façon à maintenir un niveau constant (voir tableau) par élimination ou réabsorption rénale. Du fait de la rétention d’eau que le sodium entraîne, sa restriction – et ainsi la restriction de sel – est indispensable dans certaines pathologies : hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale…

HYPONATRÉMIE

L’hyponatrémie est définie par une natrémie inférieure à 135 mmol/l. Elle est peu ou pas symptomatique : anorexie, nausées, vomissements et/ou troubles de l’attention et de la marche sont les premières manifestations. Les cas les plus sévères (natrémie < 125 mmol/l) se manifestent par des crampes, des céphalées, des troubles de l’équilibre ou des troubles cognitifs, pouvant aller jusqu’aux signes de souffrance cérébrale (agitation, convulsion, coma…) ; ce sont des urgences médicales.
L’hyponatrémie peut être la conséquence d’une déplétion en sodium, notamment en cas de pertes liquidiennes (diarrhées ou vomissements répétés, brûlures…). La polydipsie (ingestion excessive d’eau), la diminution de l’élimination d’eau (certaines néphropathies, sécrétion inappropriée d’hormone antidiurétique ADH…) peuvent entraîner une hyponatrémie par dilution.
Certains médicaments provoquent ou aggravent une hyponatrémie : les diurétiques thiazidiques et apparentés, les IEC, les AINS, les analogues de l’hormone antidiurétique (desmopressine), les IRSS (citalopram, escitalopram…) les INRSA (venlafaxine…), certains antiépileptiques (carbamazépine, par ex.), les IPP…
Attention : l’hyperprotidémie et l’hyperlipidémie entraînent une diminution de la natrémie ou « fausse hyponatrémie ». Elle se corrigera spontanément lors de la disparition de la cause du trouble protéique et lipidique.
L’hyponatrémie est corrigée par l’administration de solutés salés hypertoniques. La cause sera également traitée.


HYPERNATRÉMIE

L’hypernatrémie résulte d’une natrémie supérieure à 145 mmol/l.
L’hypernatrémie est liée à un déficit en eau (difficulté d’accès à l’eau, perte de la sensation de soif…) et plus rarement à un excès de sodium, mais elle est toujours accompagnée d’hyperosmolarité qui implique un état de déshydratation intracellulaire. Elle se manifeste par une sensation de soif intense et une faiblesse musculaire. Une agitation, des céphalées, des troubles neurologiques peuvent compléter le tableau.
Le traitement repose sur l’administration de solutés hypotoniques et la correction de l’hypovolémie éventuelle. Des diurétiques et une hémodialyse peuvent aussi être nécessaires.


LE POTASSIUM

Principal cation intracellulaire, le potassium joue un rôle essentiel dans la transmission de l’influx nerveux, l’osmolarité, l’excitabilité du myocarde.


HYPOKALIÉMIE

Elle est définie par une concentration du potassium plasmatique inférieure à 3,5 mmol/l.
L’hypokaliémie est le plus souvent asymptomatique mais peut provoquer des troubles du rythme (torsades de pointe notamment…), des atteintes musculaires (myalgies, faiblesse musculaire, pouvant aller dans les cas sévères à une rhabdomyolyse, des paralysies…).
Elle peut résulter d’une carence en apport (prolongée), de pertes excessives digestives (sueurs, vomissements, diarrhées) ou urinaires, d’affections endocriniennes. Certains médicaments peuvent également provoquer une hypokaliémie.
Le traitement de l’hypokaliémie comprend la prise en charge de l’étiologie et la supplémentation per os ou par voie injectable en potassium (Diffu-K, Kaléorid…).


HYPERKALIÉMIE

L’hyperkaliémie est définie par une élévation de la teneur plasmatique en potassium au-dessus de 5,5 mmol/l.
Elle fait suite à une diminution de l’élimination rénale du potassium, ou à un transfert du potassium intracellulaire vers le compartiment extracellulaire (acidose, notamment chez le diabétique, lyse cellulaire…). Elle est majoritairement due à une insuffisance rénale ou à la prise de médicaments.
Elle se manifeste par des signes cardiaques (anomalies de la conduction, fibrillation ventriculaire… pouvant aller jusqu’à l’arrêt cardiaque) et des altérations de la fonction neuromusculaire (paresthésie, tremblements, paralysie…).
L’administration d’insuline avec glucose, de ß2-adrénergique ou de bicarbonates (pour faire entrer le potassium dans la cellule), les résines échangeuses d’ions ou encore la dialyse, permettent d’abaisser la kaliémie.


LE CALCIUM

Le calcium est majoritairement stocké au niveau de l’os. Le calcium plasmatique joue cependant un rôle important dans la perméabilité membranaire, la coagulation, ou la contraction musculaire.


HYPOCALCÉMIE

Une hypocalcémie (< 2,12 mmol/l) est le plus souvent due à une carence en vitamine D ou à une hypoparathyroïdie, une insuffisance rénale chronique, un déficit en apport d’éléments calciques, une hyperphosphatémie, une hypomagnésémie… Elle se traduit par des paresthésies, des spasmes musculaires et des crampes, des crises de tétanie, des convulsions, des troubles cardiaques, des troubles psychiques. Une carence chronique expose le patient à des troubles osseux et dentaires, notamment.
Certains médicaments exposent à une hypocalcémie : bisphosphonates, diurétiques de l’anse, le charbon activé, certains cytotoxiques (cisplatine, capécitabine…).
La prise en charge repose sur le traitement de l’étiologie et sur une supplémentation en calcium et en vitamine D. L’alimentation peut être enrichie en calcium (produits laitiers, eaux minérales types Contrex, Hépar, Courmayeur…, cresson, choux verts, herbes aromatiques, amandes, noisettes, poissons gras…) et en vitamine D (huile de foie de morue, poissons gras, beurre, œufs…), indispensable à l’absorption du calcium. Une exposition raisonnable au soleil est une source d’apport de vitamine D à privilégier.

HYPERCALCÉMIE

L’hypercalcémie est définie par une calcémie > 2,63 mmol/l. Sévère à partir de 3 mmol/l, elle nécessite une prise en charge rapide en raison des manifestations cardiovasculaires (HTA, troubles du rythme), neuropsychiques (somnolence, altération de la conscience…), notamment, qui menacent le pronostic vital.
Elle est due à une augmentation de l’absorption digestive de calcium (apport calcique alimentaire excessif, vitamine D produite en excès…), une résorption osseuse accrue (hyperparathyroïdie, lyses osseuses (métastases osseuses, hémopathie…) ou à une diminution de l’excrétion rénale du calcium (diurétiques thiazidiques, lithium…).
Le traitement dépend de l’étiologie.


CHLORURE

Le chlorure est l’anion extracellulaire principal. Avec les bicarbonates (voir ci-après), il est l’anion essentiel à l’équilibre acidobasique.
Ses variations suivent généralement celle de la natrémie.


BICARBONATES

Le couple H2CO3/HCO3 - constitue le principal système tampon de l’organisme assurant un pH sanguin stable (7,37-7,42).
L’acidose (bicarbonates < 22 mmol/l) survient en cas d’insuffisance rénale, de diarrhées importantes, d’acidocétose diabétique, d’acidose lactique, ou d’intoxication (aspirine, méthanol…).
L’alcalose (bicarbonates > 28 mmol/l) apparaît en cas d’insuffisance respiratoire ou de perte d’acide gastrique. 

LES SELS DE SUBSTITUTION

Les sels de substitution
Prendre garde à la consommation de sels de régime sans avis médical préalable. Si les sels diététiques permettent de rehausser le goût des aliments et ne contiennent pas de sodium, ils renferment, en revanche, du potassium dont la teneur n’est pas négligeable. À titre d’exemple, le sel XAL contient 32 g de potassium pour 100 g de poudre, soit 0,32 g de potassium pour une pincée (pour des apports journaliers recommandés en potassium de 2 g).
Leur utilisation chez un patient traité par antihypertenseur hyperkaliémiant (inhibiteurs de l’enzyme de conversion, antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II) requiert un avis médical et une surveillance de l’ionogramme sanguin, notamment chez l’insuffisant rénal.

TESTEZ-VOUS

Testez-vous
Marie-Claire, 54 ans, sous énalapril, souffre de jambes lourdes.
– Donnez-moi une boîte de Veinobiase, s’il vous plaît.
Délivrez-vous le médicament ?
Réponse : Non. Un comprimé de Veinobiase contient 391 mg de potassium. Il est de ce fait déconseillé chez les patients présentant un risque d’hyperkaliémie, notamment en association avec les inhibiteurs de l’enzyme de conversion. Il faut orienter Marie-Claire vers un autre veinotonique dépourvu de potassium (voir liste des excipients à effets notoires).

FICHE PRATIQUE

Fiche pratique
- Quand doit-on réaliser un ionogramme sanguin ?
Possible à tout moment de la journée.
- Le patient doit-il être à jeun ?
Non.
- Y a-t-il des précautions particulières ?
Non.
- Quand obtient-on les résultats ?
Dans la journée (en routine).

L’ESSENTIEL À RETENIR

Pourrez-vous respecter la minute de silence en mémoire de votre consœur de Guyane le samedi 20 avril ?


Décryptage

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