Les médecins favorables à l’évaluation de l’homéopathie par la HAS - Le Moniteur des Pharmacies n° 3256 du 17/01/2019 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des pharmacies n° 3256 du 17/01/2019
 
POLÉMIQUE

Temps Forts

Focus

Auteur(s) : FRANCE 5 , MAGALI CLAUSENER AVEC LAURENT LEFORT , FRANCE 5 , MAGALI CLAUSENER AVEC LAURENT LEFORT 

Les dépenses de l’Assurance maladie pour les produits homéopathiques tous régimes confondus s’élèvent à 129 millions d’euros par an. Leur éventuel déremboursement suscite une controverse, non pour les économies qui pourraient être générées, mais en raison de l’efficacité mise en doute. Le temps de l’évaluation est venu.

La Haute Autorité de santé (HAS) va procéder à l’évaluation des produits homéopathiques afin de décider s’ils doivent être ou non remboursés. L’autorité publique ne ferme pas la porte au maintien du remboursement. Dans le documentaire « Homéopathie, bientôt la fin ? » diffusé le 15 janvier sur France 5, Anne d’Andon, cheffe du service évaluation des médicaments au sein de l’agence a même déclaré avec beaucoup de précaution « pouvoir imaginer rembourser un placebo à partir du moment où il a une certaine efficacité ; c’est-à-dire qu’il change quelque chose ». Pas plus efficace qu’un placebo. Ce sont les conclusions de plusieurs sociétés savantes et dernièrement celle du Conseil national des généralistes enseignants (CNGE) qui enfonce le clou. Mais qu’en pensent les autres médecins ? « Le syndicat compte un certain nombre de médecins homéopathes. Nous avons donc des praticiens qui y croient et d’autres qui y sont opposés, explique le Dr Jacques Battistoni, président de MG France. Mais ce n’est pas le rôle d’un syndicat d’avoir un avis scientifique. » « Le débat doit être serein et tranché par la HAS », estime Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF. Position que partage le Dr Patrick Gasser, président de l’Union nationale des médecins spécialistes confédérés (UMESPE-CSMF). « Nous avons été favorables à une évaluation de l’homéopathie dès le premier jour où Agnès Buzyn l’a évoquée », explique le Dr Charles Bentz, président du syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF). Cette évaluation fait donc l’unanimité. « Il ne peut y avoir deux poids deux mesures. Les mêmes règles doivent s’appliquer à l’homéopathie, c’est assez logique », commente Jacques Battistoni. « Penser que l’homéopathie c’est bien, ce n’est pas la même chose qu’en être sûr, ajoute Patrick Gasser. Il faut justifier les décisions prises. On ne peut pas continuer à rembourser des produits que l’on pense être efficaces. Il faut plus de transparence. »

Une décision politique

Reste la méthodologie. Un point sur lequel insiste Charles Bentz. « L’enregistrement européen des médicaments homéopathiques est lié à leurs spécificités * . La HAS se rend compte de la difficulté d’évaluer ces médicaments pour lesquels les indications sont larges », relève-t-il. Et d’ajouter : « Contrairement à ce qui est dit, il y a beaucoup de littérature scientifique sur l’homéopathie. La HAS en a reçu une centaine qui correspond à ses critères. » De fait, face à la complexité du sujet, la HAS a décalé sa décision prévue pour février 2019 au printemps. Elle devrait émettre un avis par symptôme ou situation clinique en se basant sur une analyse de la littérature, les données des laboratoires ou encore une consultation des parties prenantes (sociétés savantes, associations de patients et d’usagers…). A partir de ce travail, elle donnera un avis sur le remboursement ou le déremboursement des produits homéopathiques. « C’est une décision politique », remarque Charles Bentz. « Il va falloir faire des choix. Des médicaments sont bien déremboursés », observe Patrick Gasser. Dans l’attente de l’avis de la HAS, le SNMHF continue de faire entendre sa voix. Lors des 8es Assises du médecin homéopathe, le 19 janvier, un livre blanc sur l’homéopathie sera rendu public. La polémique ravivée en mars dernier fêtera donc bien sa première année.

*Schématiquement, l’enregistrement concerne les médicaments homéopathiques qui n’ont pas d’indication thérapeutique particulière et pour l’AMM, les spécialités homéopathiques qui revendiquent une indication thérapeutique. Dans les deux cas, le laboratoire doit fournir un dossier documentant la qualité, la sécurité et l’usage homéopathique du médicament. (Source : ministère de la Santé).

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