Le plantain lancéolé - Le Moniteur des Pharmacies n° 3173 du 15/04/2017 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des pharmacies n° 3173 du 15/04/2017
 

Expertise

Phytothérapie

Auteur(s) : CHANTAL OLLIER 

« C’est une herbe que personne ne doit mépriser » : c’est ce que l’on pouvait lire à propos du plantain dans les traités de médecine du Moyen Age. Il est encore aujourd’hui un simple très utilisé.

PRINCIPAUX CONSTITUANTS

Iridoïdes (2 à 3 %) : aucubine ou aucuboside, catalpol, aspéruloside.

Esters osidiques de l’acide caféique (3 à 8 %): actéoside majoritaire, plantamajoside.

Mucilage (2, 0 à 6,5 %).

Flavonoïdes : apigénine, lutéoline et leurs hétérosides.

Acides phénols dont l’acide chlorogénique.

Autres composés : dérivé coumarinique (esculétine), petite quantité d’un saponoside, 1 % d’éléments minéraux (silice, zinc, potassium).

MÉCANISME D’ACTION

L’activité anti-inflammatoire du plantain résulte d’une inhibition de l’oxyde nitrique et de la COX-2, d’une action antiradicalaire et d’un effet antioxydant (iridoïdes, flavonoïdes, actéoside).

L’activité antibactérienne se vérifie surtout pour les extraits aqueux (aucubogénine – partie non osidique de l’aucuboside – et saponoside). Une action antivirale est démontrée pour certains de ses composés.

L’effet antitussif est dû au mucilage, qui couvre les muqueuses pharyngées d’une couche protectrice contre les irritations.

Un effet spasmolytique est mis en évidence sur la trachée (iridoïdes, actéoside, lutéoline).

Des effets antitoxiques sont reportés : protection contre les effets indésirables sur les muqueuses du 5-FU, protection cependant controversée du foie contre les toxines (iridoïdes).

L’effet immunostimulant se manifeste par une augmentation de la production d’anticorps et d’interféron gamma (mucilage, iridoïdes, acide chlorogénique).

L’action anti-histaminique résulte d’une inhibition des IgE impliquées dans les réactions allergiques.

Le plantain favorise l’épithélisation et la cicatrisation des plaies et des muqueuses (aucuboside).

Des extraits aqueux augmentent la coagulation du sang in vivo et in vitro.

Le sirop de plantain (100 ml de sirop contenant 20 g d’extrait fluide de plantain) semble diminuer la fréquence et l’intensité de la toux, de la douleur thoracique et de la dyspnée en 3 à 14 jours.

POSOLOGIE

Voie orale : – infusion à partir de 12 ans : 2 g (1 càc = 0,7 g) pour 150 ml d’eau bouillante, infusion 10 min, 2 à 3 fois par jour. – extrait sec aqueux 3 à 6/1 : à partir de 12 ans, 233 mg par prise, 3 fois/j ; de 5 à 11 ans, 233 mg par prise, 2 à 3 fois/j ; de 3 à 4 ans, 117 mg par prise, 3 fois/j (à diluer dans un peu d’eau chez les moins de 6 ans).

Usage local : à partir de 18 ans, pastilles à sucer à 160 mg d’extrait sec aqueux 3 à 6/1 ou de poudre, 1 pastille toutes les 2 heures jusqu’à 8 pastilles par jour.

Consulter si les symptômes persistent au-delà de 1 semaine de traitement.

Autres usages externes : – macération à froid 1 à 2 heures en remuant fréquemment de 1,4 g de plante pour 150 ml d’eau, à appliquer 3 à 4 fois par jour en lavages ou cataplasmes. – collyres à utiliser en spécialités (Sensivision).

EFFETS INDÉSIRABLES

Pas d’effets indésirables signalés à ce jour.

PRÉCAUTIONS D’EMPLOI, CONTRE-INDICATIONS

Le plantain est déconseillé en cas de grossesse, allaitement et chez les moins de 3 ans du fait de données insuffisantes et de la nécessité chez les très jeunes enfants de consulter un pédiatre.

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

Non documentées à ce jour. 

Sources : EMA, « Community Herbal Monograph » (janvier 2014), et « Assessment Report » (novembre 2011) on Plantago laceolata L. folium ; J. Fleurentin, J.-C. Hayon, «Les plantes qui nous soignent», Ed. Ouest-France (2008) ; M. Rombi, D. Robert, « 120 plantes médicinales », Alpen Editions (2007) ; Wichtl M., Anton R., «Plantes thérapeutiques», Tec et Doc (2003).

FICHE TECHNIQUE

Nom latin :Plantago lanceolata L.
Famille : Plantaginaceae.
Partie utilisée : feuille et hampe florale.
Monographie de contrôle : Pharmacopée européenne.
Propriétés pharmacologiques : – adoucissantes – anti-inflammatoires – antitussives – antibactériennes – antispasmodiques – immunostimulantes et antiallergiques.
Indications traditionnelles : – voie orale et usage local : traitement symptomatique des irritations oropharyngées et de la toux sèche – également en France en usage externe comme traitement d’appoint adoucissant et pour calmer les démangeaisons de la peau, en cas de crevasses, gerçures, écorchures et contre les piqûres d’insectes. En cas d’irritation oculaire due à des causes diverses (atmosphère enfumée, effort visuel soutenu, bains de mer ou de piscine).

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