Huiles essentielles à sesquiterpènes - Le Moniteur des Pharmacies n° 3169 du 18/03/2017 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des pharmacies n° 3169 du 18/03/2017
 

Expertise

Aromathérapie

Auteur(s) : ANNE-HÉLÈNE COLLIN 

Les sesquiterpènes, lourdes molécules en C15 (ß-caryophyllène, α - curcumène, ∂ -germacrène, zingibérène…), sont présents dans quelques huiles essentielles. Ce sont de grands anti-inflammatoires, généralement bien tolérés. Certains, comme le chamazulène et autres dérivés de l’azulène, donnent une coloration bleue ou verte aux HE qui les contiennent.

PROPRIÉTÉS

Anti-inflammatoires puissantes. Plusieurs mécanismes ont été mis en évidence : inhibition de la synthèse et de la libération des médiateurs de l’inflammation – leucotriènes, cytokines (ß-caryophyllène, α-humulène, patchoulène), facteur d’activation plaquettaire (α-bulnésène), histamine (chamazulène) – activité anti-oxydante (chamazulène), action sur les récepteurs cannabinoïdes (ß-caryophyllène).

Calmantes et spasmolytiques importantes.

Décongestionnantes veineuses et lymphatiques.

Anti-allergiques.

Hypotensives.

Propriétés particulières : le chamazulène est antihistaminique et antiprurigineux.

INDICATIONS PRINCIPALES

Les HE à sesquiterpènes sont principalement indiquées dans la prise en charge des pathologies allergiques et inflammatoires : piqûres d’insecte, démangeaisons, irritations cutanées…

Les HE riches en chamazulène sont employées comme antihistaminiques dans les allergies saisonnières et/ou cutanées, et chez certains asthmatiques. Les sesquiterpènes auraient par ailleurs montré un intérêt dans le soulagement des ulcérations gastriques.

En cosmétologie, les HE à sesquiterpènes sont intéressantes dans les soins des inflammations superficielles de la peau et du cuir chevelu.

POSOLOGIE ET VOIES D’ADMINISTRATION

Voie cutanée : quelques gouttes dans une cuillère à café d’huile végétale ou tout autre excipient adapté.

Voie respiratoire : en inhalation sèche (1 goutte sur un mouchoir), en diffusion atmosphérique (séances de 15 minutes) ou en olfaction (flacon à passer sous le nez).

Voie orale : exceptionnellement, sur le conseil d’un spécialiste en aromathérapie, à faible dose (3 à 5 gouttes par jour), sur une courte durée (jusqu’à 10 jours).

PRINCIPAUX EFFETS INDÉSIRABLES

Les HE à sesquiterpènes sont bien tolérées aux doses normales d’utilisation ; elles sont beaucoup moins agressives pour la peau que les HE à monoterpènes.

Le chamazulène aurait une action sur l’axe hypophyso-ovarien, en raccourcissant les cycles menstruels de la femme.

Certains sesquiterpènes, comme le chamazulène, agissent en synergie avec les cétones, augmentant leur pouvoir abortif.

PRÉCAUTIONS D’EMPLOI, CONTRE-INDICATIONS

Dilution recommandée dans un excipient lipophile (huile végétale, miel, base neutre).

Le chamazulène a montré une activité inhibitrice du cytochrome P450 (CYP1A2, CYP2C9, CYP2D6, CYP3A4), et pourrait ainsi modifier la biodisponibilité des médicaments, principalement ceux métabolisés par CYP1A2 et CYP3A4.

Conservation : les HE à sesquiterpènes, très réactives, doivent impérativement être conservées à l’abri de l’air, de la lumière et de la chaleur. 

Sources : P.   Franchomme, D.   Pénoël, L’Aromathérapie exactement, Editions Roger Jollois, 1990 ; D.Baudoux, Les cahiers pratiques d’aromathérapie selon l’école française, tomes   I et   V, 2002 et 2006 ; F Millet, Le grand guide des huiles essentielles, Marabout, 2015 ; R. Tisserand, R. Young, Essential Oil Safety, second edition, Churchill Livingstone Elsevier, 2014 ; ema.europa.eu ; Pharmacopée européenne, 4 e édition ; Société Française d’Ethnopharmacologie ; J. Fleurentin, Du bon usage de l’aromathérapie, Editions Ouest-France, 2016.

PRINCIPALES HE

Camomille allemande ou matricaire (capitules floraux) Matricaria recutita (Asteraceæ). ß-farnésène (37-57 %), α-farnesène (6-15 %), chamazulène (1-15 %)
Gingembre (rhizome) Zingiber officinale (Zingiberaceæ). α-zingibérène (30-35 %), ß-sesquiphellandrène (> 10 %), α-curcumène (5-10 %), α-farnésène (5-10 %), ß-bisabolène (5-10 %)
Myrrhe (gomme-résine) Commiphora molmol ou C. myrrha (Burseraceæ). curzérène (26-44 %), αet ß-élémène (10 %), ß et ∂-germacrène, α-copaène
Cèdre de l’Atlas (bois) Cedrus atlantica (Abietaceæ). ß-himachalène (40 %), α-himachalène (15 %), γ-himachalène (15 %)
Patchouli (feuilles) Pogostemon cablin (Lamiaceæ). α-patchoulène (5-64 %), α-bulnésène (13-21 %), α-guaiène (11-16 %), ß-patchoulène (1,8-3,5 %), ß-caryophyllène (1-2 %)…

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