La stimulation cérébrale profonde - Le Moniteur des Pharmacies n° 3164 du 19/02/2017 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des pharmacies n° 3164 du 19/02/2017
 

Expertise

Formation

Auteur(s) : PATRICIA WILLEMIN 

Chaque année en France, 400 patients atteints d’une maladie de Parkinson invalidante malgré un traitement médicamenteux optimal bénéficient d’un traitement neurochirurgical.

De quoi s’agit-il ?

La stimulation cérébrale profonde consiste en l’implantation d’électrodes de stimulation au sein des noyaux sous-thalamiques principalement impliqués dans la survenue des symptômes de la maladie de Parkinson. Ces noyaux gris centraux fonctionnent sous l’influence de la dopamine et interviennent dans le contrôle de la motricité et des mouvements volontaires.

Les électrodes sont reliées par des câbles tunnellisés sous le cuir chevelu à un neurostimulateur implanté au niveau pectoral ou de l’abdomen piloté sans fil grâce à un appareil de programmation externe.

Ce stimulateur délivre un courant électrique à haute fréquence qui permet de moduler les séquences de signaux anormaux émis par le cerveau.

L’objectif de la stimulation est de normaliser l’activité de ces noyaux responsables des symptômes moteurs de la maladie : troubles du mouvement, rigidité musculaire et tremblements.

Qui peut se faire opérer ?

Cette technique chirurgicale ne s’adresse qu’à 5 à 10 % des personnes touchées par la maladie de Parkinson car un patient doit remplir des critères de sélection précis pour être opérable.

La neurostimulation peut être proposée au patient s’il a moins de 70 ans, si sa maladie a été diagnostiquée depuis plus de 5 ans et répond positivement à la dopathérapie, s’il souffre de fluctuations motrices sévères et de dyskinésies (mouvements anormaux involontaires) invalidantes malgré un traitement médicamenteux optimal. Le patient ne doit pas présenter de troubles cognitifs importants, ni souffrir d’une autre affection médicale grave.

Comment se déroule l’opération ?

Elle peut être unilatérale ou bilatérale et se déroule en plusieurs temps :

– la zone à stimuler est définie avec une grande précision (cadre de stéréotaxie, IRM) ;

– un orifice est pratiqué sur un côté du crâne. Le neurochirugien introduit des micro-électrodes tests. L’emplacement correct et les effets de la stimulation sont testés en anesthésie locale avec le concours du patient qui doit répondre à des questions et effectuer des mouvements durant la procédure ;

– une fois la zone établie avec précision, l’électrode définitive est implantée et la même procédure est effectuée pour le 2e hémisphère ;

– le neurostimulateur (pile) est implanté sous anesthésie générale quelques jours plus tard.

La stimulation est mise en route 24 heures plus tard et les réglages s’établissent sur une dizaine de jours.

Quels sont les risques ?

Les conséquences les plus graves sont une hémorragie et une infection.

Un entretien préalable à l’opération permet de tester la motivation du patient et un délai de réflexion de quelques mois est respecté.

Quel en est le bénéfice ?

La neurostimulation améliore les performances motrices en continu, la journée et la nuit, en limitant les fluctuations et les dyskinésies et permet de réduire les doses du traitement médicamenteux.

En retrouvant tout ou partie de son autonomie, le patient peut vivre presque normalement sur le long terme.

Toutefois la neurostimulation ne guérit pas et n’arrête pas la progression de la maladie. 

Sources : Le point sur la stimulation cérébrale profonde, L’ Echo, n°117, décembre 2013, revue trimestrielle de l’association France Parkinson ; La chirurgie, France Parkinson, franceparkinson.fr

A SAVOIR

– Le système de stimulation cérébrale profonde peut interagir avec certains types d’appareils qui engendrent de l’énergie électromagnétique (portique de sécurité des aéroports...) ou des appareils pouvant créer des champs magnétiques (IRM, aimant, détecteur de métaux…).
– Le patient doit toujours avoir sur lui une carte notifiant qu’il est « porteur de matériel de neurostimulation ».
– Il doit toujours garder près de lui sa « télécommande » spécifique (celle–ci ne donne pas accès aux paramètres de stimulation) lui permettant de contrôler si le neurostimulateur est en route et si la pile n’est pas épuisée.

Radiographie de la tête et du cou d'un patient portant des électrodes d'un stimulateur implantées dans les noyaux sous-thalamiques du cerveau.

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