Tout sur la vitamine D - Le Moniteur des Pharmacies n° 3161 du 29/01/2017 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des pharmacies n° 3161 du 29/01/2017
 
SUPPLÉMENTATION ALIMENTAIRE

Temps Forts

Enquête

Auteur(s) : DELPHINE GUILLOUX 

De nombreuses études cherchent à attribuer toujours plus de vertus à la vitamine D. En effet, son impact sur le métabolisme phosphocalcique n’est plus à prouver et est indispensable. Le retrait du marché d’Uvestérol D, lié au mode d’administration et non à la molécule, va-t-il entacher l’engouement suscité par la vitamine ?

La seule source de vitamine D est endogène. Faux

L’organisme dispose de 2 sources d’apport en vitamine D : la synthèse au niveau de la peau sous l’effet des UV B et l’alimentation. La première permet de produire du cholécalciférol (ou vitamine D3). La seconde apporte à la fois du cholécalciférol présent dans quelques aliments d’origine animale, et de l’ergocalciférol présent dans quelques aliments d’origine végétale. La production endogène cutanée constitue cependant la principale source, couvrant 50 à 70 % des besoins quotidiens. On retrouve la vitamine D dans le poisson, les œufs et le fromage, «   mais il ne faut pas compter sur nos assiettes pour avoir un taux de vitamine D optimal !   », précise le docteur Modaï, nutritionniste à Paris.

Il vaut mieux supplémenter en vitamine D2 qu’en vitamine D3. Faux

Tout dépend du rythme d’administration. La préférence va généralement à la vitamine D3 en cas d’utilisation de doses espacées, car la concentration de 25-OH vitamine D, principale forme de réserve de vitamine D, est maintenue plus longtemps avec la vitamine D3 qu’avec la vitamine D2.

Seules certaines populations doivent être systématiquement supplémentées en vitamine D. Vrai

Les populations qui ont le plus de besoins en supplémentation sont celles pour qui l’effet des UV sur la peau n’est pas suffisant, à savoir les populations non exposées au soleil et celles dont les besoins sont accrus. Les populations considérées comme « à risque » sont donc les nourrissons, les jeunes enfants, les sujets de plus de 65 ans et les femmes enceintes. «   Cependant, avec la peur grandissante du vieillissement cutané et les nombreuses campagnes de prévention contre le cancer de la peau, les personnes s’exposent de moins en moins, et le risque de déficience concerne de plus en plus de monde   », souligne le docteur Modaï. «   Vivre dans une région ensoleillée n’est finalement pas un gage de teneur optimale en vitamine D, d’autant que la protection solaire empêche la synthèse endogène de vitamine D.   »

La moitié de la population manque de vitamine D. Faux

En France, les études épidémiologiques révèlent une insuffisance en vitamine D qui serait proche de 80 %, «   et sûrement davantage en hiver à Paris !   », insiste le docteur Modaï. Il faut différencier l’insuffisance qui intervient pour un taux de 25-OH vitamine D entre 10 et 30 ng/ml, et la carence définie pour un taux inférieur à 10 ng/ml et qui concernerait entre 5 et 15 % de la population.

Un déficit en vitamine D est dangereux. Vrai

Les principaux risques d’une insuffisance ou d’une carence en vitamine D sont l’ostéoporose, voire une ostéomalacie en cas de carence avérée chez l’adulte, et le rachitisme chez l’enfant. Chez l’adulte, les conséquences sont une augmentation du risque de chutes et de fractures aux répercussions socio-économiques colossales : «   l’ostéoporose ne concerne plus seulement la personne âgée en maison de retraite ! Les femmes sont de moins en moins nombreuses à prendre un traitement hormonal substitutif, ce qui augmente le risque d’ostéoporose. A partir de 50 ans, il est quasiment indispensable de supplémenter toutes les femmes en vitamine D.   »

Il faut systématiquement pratiquer un dosage avant de supplémenter en vitamine D. Faux

Le GRIO (Groupe de recherche et d’information sur les ostéoporoses) recommande de supplémenter en vitamine D tous les sujets de 65 ans et plus, sans effectuer de dosage. Le risque de déficit en vitamine D est extrêmement élevé dans cette population. «   Si les populations à risque sont connues, il est important de faire de la prévention individuelle et un dosage pourra s’avérer nécessaire dans certaines situations », précise le docteur Modaï. Ainsi un dosage peut permettre de révéler une carence justifiant une supplémentation plus importante, par exemple chez un sujet âgé alité. Un dosage peut également être pratiqué en dehors des populations à risque, particulièrement lorsque l’exposition solaire est (quasi) nulle, en cas de chutes à répétition, d’ostéoporose avérée, de maladie ou prise de médicaments favorisant l’ostéoporose, ou de pathologie chronique sévère (BPCO, insuffisance cardiaque, cancer, diabète…).

Le surdosage peut être dangereux. Faux

Si le dosage n’est pas systématique, c’est également en raison de l’absence de risque à supplémenter. Le Docteur Modaï rappelle qu’«   il n’existe pas de troubles liés à une supplémentation excessive aux doses recommandées   ». La supplémentation excessive peut entraîner maux de tête, nausées, vomissements, perte de poids ou encore fatigue intense. Ces effets indésirables sont exceptionnels. Au niveau européen, la dose maximale de sécurité est passée de 2 000 à 4 000 UI par jour, alors qu’en France, elle est toujours de 1 000 UI par jour. Les études démontreraient qu’il n’y a aucun danger jusqu’à des doses quotidiennes de 10 000 UI pendant plus de 6 mois !

La dose à administrer est la même pour tout le monde. Faux

Le traitement systématique ou d’entretien chez l’adulte est de 800 à 1 000 UI/jour, ou 5 600 à 7 000 UI par semaine, ou 100 000 UI par trimestre. La dose augmente en cas de carence avérée : 4 prises de 100 000 UI tous les 15 jours. Si le dosage sanguin révèle une insuffisance, le schéma dépend du taux de 25-OH vitamine D : entre 10 et 20 ng/ml, 3 prises de 100 000 UI tous les 15 jours et entre 20 et 30 ng/ml, 2 prises espacées de 15 jours. Pour les enfants, la dose dépend de l’âge, de la couleur de la peau et de la nature du lait consommé.

La vitamine D aurait des effets bénéfiques sur l’asthme. Vrai

Une étude réalisée en Angleterre, dont les résultats ont été communiqués au Congrès international de l’European Respiratory Society, a récemment démontré les effets bénéfiques de la vitamine D dans l’asthme. Elle aurait ainsi réduit le risque d’exacerbation sévère, sans toutefois améliorer la fonction pulmonaire. Mais l’étude portait essentiellement sur des patients atteints d’asthme modéré. Des questions se posent : ces résultats se confirment-ils avec un asthme sévère ? Une supplémentation en vitamine D est-elle associée à une diminution des exacerbations uniquement en situation de déficit ?

Un taux bas de vitamine D serait un facteur de risque de cancer.Vrai… peut-être

Dans son rapport «   UV, vitamine D et cancers non cutanés   », l’INCa rapportait déjà en 2011 un lien entre un faible taux de vitamine D et une augmentation du risque de cancer colorectal. Et les données, bien que contradictoires, laissent présager du même résultat concernant le cancer du sein. La vaste étude américaine « Vital » est en cours pour trancher la question. Une autre question reste en suspens : une fois le cancer déclaré, une supplémentation a-t-elle un rôle bénéfique ? 

NOTRE

EXPERT

Dr Pascale Modaï, médecin nutritionniste à Paris

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