Martial Olivier-Koehret : « Le pharmacien devrait pouvoir aller plus loin dans son rôle de dépannage » - Le Moniteur des Pharmacies n° 3128 du 14/05/2016 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des Pharmacies n° 3128 du 14/05/2016
 

Temps forts

INTERVIEW

Auteur(s) : Emilie Bollinger

Président de l’association Soins Coordonnés, Martial Olivier-Koehret, médecin généraliste, œuvre depuis 2011 en faveur de l’exercice pluriprofessionnel. A ce titre, il milite pour un accroissement des champs d’action officinaux.

Quels sont les objectifs de l’association Soins Coordonnés ?

M.O-K. : Notre association loi 1901 regroupe 14 professions de santé différentes, dont bien entendu des pharmaciens et encourage la coordination pluriprofessionnelle. Et ceci à travers trois axes: un soutien à la formation continue, un accompagnement à la maîtrise d’ouvrage pour les professionnels regroupés dans des associations ou des maisons de santé par exemple ainsi qu’une expression publique à travers des communiqués ou des interventions.

A ce sujet, vous avez récemment publié un communiqué sur la vaccination, en commun avec l’Association nationale des étudiants en pharmacie (ANEPF). Quels liens vous unissent ?

M.O-K. : Nous avons depuis plusieurs années des partenariats avec plusieurs associations de jeunes professionnels notamment l’ANEPF. Ce sont eux qui demain vont promouvoir et appliquer pleinement les principes de la coopération pluriprofessionnelle. Il est donc nécessaire d’y réfléchir avec eux dès à présent.

Sur la vaccination, quel doit être le rôle du pharmacien ?

M.O-K. : Nous sommes complètement en accord avec l’ANEPF sur ce sujet. On ne peut plus se désoler de voir les taux de vaccination diminuer sans réagir. Il faut mobiliser l’ensemble des professionnels, développer un message commun auprès des patients pour promouvoir la vaccination et vacciner chaque fois que c’est possible. Les infirmières et les pharmaciens devraient pouvoir le faire beaucoup plus largement qu’aujourd’hui. Mais pour autant, en tant que médecin généraliste, je veux pouvoir être informé à chaque fois qu’un autre professionnel vaccine mon patient. Contrairement à ce qui s’est passé lors de la campagne de vaccination en 2009 contre la grippe A (H1N1) notamment, il faut que les choses soient organisées pour que le rôle de chacun soit reconnu au mieux.

Le rôle du pharmacien évolue. Les entretiens pharmaceutiques en sont un bon exemple. Quel regard portez-vous sur ces expériences ?

M.O-K. : Nous les avons soutenues ainsi que toutes les initiatives qui donnent un rôle plus important aux pharmaciens. Les pharmaciens voient deux millions de patients par jour, ils ont la confiance de la population et leur maillage territorial est complet. Mais ils ne sont pas encore assez considérés comme des acteurs de santé. Sur le suivi des AVK ou de l’asthme, ils peuvent être très utiles et on pourrait aller encore plus loin. Je prends un autre exemple: les infections urinaires. Les officinaux sont très souvent exposés à des demandes urgentes de patientes notamment le samedi après-midi. Le pharmacien devrait pouvoir aller plus loin dans son rôle de « dépannage ». Mais il faut se mettre d’accord sur le type d’intervention de chacun et le formaliser par exemple en permettant au pharmacien d’interpréter des bandelettes urinaires.

Dans les parcours de soins formalisés comme les PAERPA*, les pharmaciens n’ont-ils pas été oubliés ?

M.O-K. : Je crois que ni les généralistes ni les pharmaciens n’ont une place suffisante dans ce type de dispositifs qui ont néanmoins le mérite d’exister. En effet, ces derniers montrent qu’il y a une nécessité de se coordonner et de travailler ensemble. En revanche, ce sont généralement des dispositifs très lourds qui ont tendance à saucissonner les exercices.

* Personnes âgées en risque de perte d’autonomie.

BIO EXPRESS

• 1988 Installation comme médecin généraliste à Luxeuil-les-Bains en Haute-Saône

• 2006-2009 Président du syndicat MG-France

• 2011 Fondateur de l’association Soins Coordonnés

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