Huiles essentielles à monoterpénols - Le Moniteur des Pharmacies n° 3126 du 30/04/2016 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des Pharmacies n° 3126 du 30/04/2016
 

Expertise

AROMATHÉRAPIE

Auteur(s) : Anne-Hélène Collin

Ces alcools en C10 à chaîne aliphatique (linalol, géraniol, citronellol…) ou cyclique (alphaterpinéol, menthol, thuyanol…) sont présents dans un grand nombre d’HE. S’ils partagent des propriétés similaires (mais moindres) avec les phénols, ils n’en possèdent pas la toxicité. Ce qui facilite leur emploi.

PROPRIÉTÉS

• Anti-infectieuses à large spectre : proches de la puissance antibactérienne, antivirale et antifongique des huiles essentielles (HE) à phénols dont elles constituent une alternative, les HE à monoterpénols ont cependant une activité parasiticide moins marquée.

• Immunostimulantes et immunomodulantes (surtout les formes cycliques).

• Toniques et stimulantes du système nerveux central.

• Propriétés particulières :

– le linalol est calmant, sédatif et spasmolytique. Il présente une activité anesthésique locale et c’est un astringent cutané ;

– le citronellol est un insectifuge reconnu ;

– le géraniol possède des propriétés utérotoniques. C’est un anesthésiant local et un spasmolytique. Il est également insectifuge ;

– l’alphaterpinéol est sédatif et anesthésiant local ; c’est aussi un excellent antiparasitaire ;

– le thuyanol-4 est régénérateur hépatocellulaire ;

– le bornéol est cholérétique ;

– le menthol est vasoconstricteur, il est le plus anesthésiant des monoterpénols ; c’est aussi un hépatostimulant.

INDICATIONS

• Anti-infectieuses remarquables, les HE à monoterpénols constituent une alternative aux HE à phénols plus difficiles à manipuler, voire un relais lorsqu’un traitement au long cours est nécessaire. A long terme, les monoterpénols sembleraient plus efficaces que les phénols.

• Les autres indications varient en fonction des propriétés propres à chacun des alcools monoterpéniques : répulsives pour le citronellol et le géraniol, troubles nerveux pour le linalol…

• Administration possible chez les femmes enceintes et les enfants (avec avis spécialisé et sous respect des précautions d’emploi générales de l’aromathérapie), excepté les HE à menthol.

VOIES D’ADMINISTRATION

• Toutes les voies d’administration utilisées en aromathérapie sont possibles aux doses traditionnellement préconisées.

• Remarque : certains divs autorisent l’application des HE à monoterpénols pure sur la peau, en application unique et localisée.

PRINCIPAUX EFFETS INDÉSIRABLES

• Les HE à monoterpénols sont bien tolérées à doses thérapeutiques, excepté les HE à menthol qui procurent un effet froid et peuvent être à l’origine, notamment chez l’enfant, de spasmes laryngés en cas d’application sur le visage ou le thorax.

• Linalol, géraniol et citronellol sont à fort potentiel allergisant.

PRÉCAUTIONS D’EMPLOI, CONTRE-INDICATIONS

• Vigilance avec le menthol : les HE à menthol, issues de la majorité des espèces du genre Mentha, sont contre-indiquées chez les enfants de moins de 7 ans, quelle que soit la voie d’administration. Chez l’adulte et l’enfant de plus de 7 ans, leur application doit rester localisée. Elles sont à éviter chez la femme enceinte.

• Un test cutané est recommandé avant l’utilisation de toute HE, toutefois les HE à linalol, géraniol et citronellol, sensibilisants avérés, nécessitent une vigilance accrue.

HE IRRITANTES

Bois de rose (bois)

Aniba rosaeodora (Lauraceæ).

95 % de monoterpénols, dont la quasi-totalité de linalol.

Palmarosa (parties aériennes)

Cymbopogon martinii (Poaceæ).

80 à 95 % de monoterpénols dont géraniol (75 à 86 %), linalol (2 %).

Géranium rosat ou odorant (feuille)

Pelargonium x asperum (Geraniaceæ).

60 à 80 % de monoterpénols dont citronellol (16 à 26 %), géraniol (12 à 20%), linalol (8 à 11 %).

Thym vulgaire CT linalol (sommités fleuries)

Thymus vulgaris linaloliferum (Lamiaceæ)

70 % de monoterpénols dont linalol (60 %).

Lavande vraie (sommités fleuries)

Lavandula angustifolia, (Lamiaceæ).

45 % de monoterpénols dont linalol (20 à 45 %), terpinène-4-ol (1,2 à 6 %), alphaterpinéol (jusqu’à 2 %).

Menthe poivrée (feuille)

Mentha x piperita (Lamiaceæ).

30 à 55 % de menthol.

Sources : P. Franchomme, D. Pénoël, L’aromathérapie exactement, édition Roger Jollois, 1990 ; M. Faucon, Traité d’aromathérapie scientifique et médicale, éditions Sang de la terre et Médial, 2012 ; collectif, sous la coordination de D. Roux, Conseil en aromathérapie, Pro-Officina, 2008 ; D. Baudoux, Les cahiers pratiques d’aromathérapie selon l’école française, tomes 1 et 5, 2002 et 2006 ; F Millet, Le Grand Guide des huiles essentielles, Marabout, 2015 ; Pharmacopée européenne.

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