Les inégalités territoriales se creusent - Le Moniteur des Pharmacies n° 3123 du 09/04/2016 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des Pharmacies n° 3123 du 09/04/2016
 
PRIX DE CESSION

Temps forts

ENQUÊTE

Auteur(s) : François Pouzaud

La fracture officinale n’est pas que dans l’évolution des chiffres d’affaires mais également dans les prix des officines. Comme le révèle l’étude annuelle d’Interfimo sur les prix de cession en 2015, les disparités se sont encore accentuées selon la taille de l’officine, sa situation géographique ou son environnement.

Les prix des pharmacies continuent à s’assagir partout en France. Mais, comme les années précédentes, les baisses sont inégales sur tout le territoire, même si elles touchent toutes les régions à une exception près (Rhône-Alpes, Auvergne), tailles et typologies d’officines. Par conséquent, les écarts se creusent. En Aquitaine par exemple, le marché est très actif sur les affaires à prix élevé permettant à sa nouvelle région administrative, Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC), de rester dans le top-3 des régions les plus chères de France. « Pour les pharmacies affichant un chiffre d’affaires supérieur à 1,5 million d’euros nous avons trois acheteurs pour un vendeur », précise Roger Gravel, du cabinet CCRI. En milieu rural, c’est le risque de désertification médicale qui impacte sur les prix des officines. Mais, en Aquitaine, « celles de bourg, même petites, se vendent encore à bon prix parce que cette menace y reste faible », indique Bruno Boirie, expert-comptable du cabinet Extencia Médoc.

La Bretagne affiche les prix les plus élevés de France en raison notamment de l’attrait de cette région. « Les pharmacies à proximité des côtes bretonnes (micromarché) se vendent bien et cher. Leur CA moyen (1,8 M€), supérieur à la moyenne nationale [1,6 à 1,7 M€ NdlR], attire davantage d’acquéreurs en seconde ou troisième installation qui, en raison d’un bon apport, peuvent acheter plus cher, mais aussi des primo-accédants accompagnés par un investisseur. Les prix restent donc soutenus en raison de la forte demande », précise Carole Glez, expert-comptable du cabinet Cohesio à Rennes (Ille-et-Vilaine).

Autre constat : 3 des 4 régions où les officines sont les plus valorisées (ALPC, Bretagne et PACA) sont celles qui voient leur population augmenter et qui ont donc le plus de potentiel de développement. « Les nouveaux retraités vendent leurs biens pour quitter Paris et s’installer dans les régions de bord de mer, plus sur la façade atlantique en raison des prix moins élevés de l’immobilier qu’en région PACA », observe Roger Gravel. Par ailleurs, la concentration/restructuration du réseau, augmentant la taille des officines et leurs performances économiques, a un impact positif sur les prix. « Les regroupements, rachats de clientèle et créations de SEL ont démarré très tôt en Normandie. Aujourd’hui, les officines, notamment de l’ex-Haute-Normandie, affichent un chiffre d’affaires moyen et une rentabilité supérieurs à la moyenne nationale », explique Christelle Labois, expert-comptable du cabinet LLA. Dès lors, on comprend que les écarts de prix se creusent avec la région voisine d’Ile-de-France, la plus dense en officines et aussi la moins chère de France. Des ventes d’officines en difficulté à très bas prix et les rachats/fermetures de petites officines dus au surnombre sont à l’origine d’une perte record de 10 points du prix moyen francilien par rapport à 2014.

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