Prévention du suicide - Le Moniteur des Pharmacies n° 3115 du 13/02/2016 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des Pharmacies n° 3115 du 13/02/2016
 

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FICHE FORMATION

Auteur(s) : Karelle Goutorbe

Le 2e rapport de l’Observatoire national du suicide a été présenté ce mardi 2 février. Si les taux de décès par suicide ont tendance à diminuer depuis 10 ans, le nombre de conduites suicidaires reste préoccupant.

Qui est concerné ?

• En France, près de 11 000 personnes meurent par suicide chaque année, soit 3 fois plus que dans les accidents de la circulation. Environ 200 000 personnes par an sont prises en charge aux urgences pour tentative de suicide (TS).

• Le taux de mortalité par suicide augmente avec l’âge. D’importants écarts régionaux sont observés (taux les plus élevés dans l’Ouest et le Nord).

• Le nombre de suicides est 3 fois plus élevé chez les hommes.

• Les tentatives de suicide sont plus nombreuses chez les jeunes filles.

• Entre 15 et 24 ans, le suicide représente 18 % des décès (2e cause de mortalité).

• L’auto-intoxication par médicaments représente 13,7 % des suicides et est le mode opératoire le plus utilisé pour les TS.

Quelles sont les mesures de prévention ?

• Certaines mesures préventives contre le suicide semblent efficaces telles que la réduction des moyens létaux, le maintien d’un contact proactif avec les personnes à risque de récidive suicidaire ainsi que la mise à disposition de lignes téléphoniques.

• La prévention passe aussi par la formation des médecins généralistes, des programmes en milieu scolaire, l’amélioration de la prise en charge des tentatives de suicide et des campagnes d’information grand public.

Qu’est-ce que la crise suicidaire ?

• La crise suicidaire est un état temporaire et réversible. Elle s’étend sur une période de 6 à 8?semaines, durant laquelle le suicide devient progressivement la solution pour apaiser les souffrances psychiques.

• Elle débute par les premières idées suicidaires puis se poursuit par des pensées obsédantes et la programmation du passage à l’acte.

• Le suicide est rarement motivé par une recherche de la mort. Les personnes peuvent se donner une chance jusqu’au dernier moment.

Quels sont les signes d’alerte de crise suicidaire ?

• L’expression d’intentions suicidaires (« Je veux mourir », « Je n’en peux plus »…) ou de signes de crise psychique (malaises, asthénie, troubles du sommeil et de l’appétit, irritabilité, tristesse, anxiété, dévalorisation, isolement…) doivent alerter.

• Une maladie psychiatrique (dépression, troubles bipolaires, schizophrénie, troubles du comportement alimentaire, addictions) ou un trouble de personnalité avec tendance à l’impulsivité constitue un facteur de risque important.

• L’histoire familiale, des événements douloureux (deuil, rupture…) peuvent être des éléments de précipitation de la crise suicidaire.

• Si, pris isolément, les premiers signes ne sont pas exceptionnels et alarmants, leur regroupement ou leur survenue inhabituelle doit amener à suspecter une crise suicidaire et provoquer une investigation médicale.

• L’approche de bienveillance et de dialogue de l’entourage est essentielle pour engager une prise en charge.

Comment traiter la crise suicidaire ?

• En cas de crise suicidaire établie, une prise en charge hospitalière peut être mise en place soit dans des services psychiatriques traditionnels, soit au sein d’unités spécifiques (en particulier pour les sujets jeunes).

• L’organisation des soins passe par une évaluation psychiatrique du sujet et de l’environnement familial sous forme d’entretiens individuels ou de thérapie de groupes.

Sources : Rapports de l’Observatoire national du suicide, novembre 2014 et février 2016 ; inpes.sante.fr ; « Crise suicidaire », La revue du praticien, vol. 61, février 2011 ; « Risque suicidaire de l’enfant et de l’adulte », La revue du praticien, vol. 60, 20 avril 2010 ; social-sante.gouv.fr

FACE À UNE PERSONNE SUICIDAIRE

• En cas de risque suicidaire avéré, se rapprocher des services d’urgence psychiatrique, Samu 15 ou SOS Médecins.

• Orienter vers le médecin traitant, psychiatre ou psychologue, centre médico-psychologique (CMP) de secteur.

• Proposer les dispositifs d’écoute anonyme :

– SOS Amitié : sos-amitie.com, le numéro de téléphone varie selon la zone géographique

– SOS Suicide Phénix : 01 40 44 46 45, sos-suicide-phenix.org

– Fil Santé Jeunes : 0800 235 236, filsantejeunes.com

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