ATTENTION À LA CACOPHONIE ! - Le Moniteur des Pharmacies n° 3110 du 09/01/2016 - Revues - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
Le Moniteur des Pharmacies n° 3110 du 09/01/2016
 
ÉLECTIONS AUX URPS

L’événement

Auteur(s) : François Pouzaud*, Loan Tranthimy**

Le scrutin du 7 décembre aux Unions régionales des professionnels de santé (URPS) pour les pharmaciens a bouleversé les équilibres syndicaux. La FSPF et l’USPO, désormais les deux seuls syndicats représentatifs, vont être appelés en 2016 à négocier ensemble. Mais sont-ils prêts à tirer un trait sur leurs divergences et à s’entendre pour défendre la cause des pharmaciens ?

Malgré une légère baisse de la participation aux élections des URPS concernant les pharmaciens (59,40 % contre 62,40 %), le scrutin a profondément modifié le paysage syndical. Ce vote est marqué par une forte poussée du principal syndicat contestataire, l’USPO, et la perte de la majorité absolue de la FSPF, même si la hiérarchie entre ces deux syndicats ne change pas. La FSPF recule de 10,4points par rapport au dernier scrutin de 2010, l’USPO progressant de plus de 13 points. En troisième position, l’UNPF passe sous la barre des 10 %, perdant ainsi sa représentativité et la possibilité de négocier avec la CNAM

Un bipartisme installé pour les cinq ans à venir

Ce rééquilibrage des forces pour les cinq années qui viennent n’est pas sans conséquences sur les futures négociations conventionnelles. En obtenant chacun plus de 30 % des suffrages, les deux syndicats, la FSPF et l’USPO, vont pouvoir signer seuls avec l’Assurance maladie. Perdant sa position majoritaire, la FSPF va donc devoir s’entendre avec le challenger. L’USPO se dit prête à faire des efforts, bien qu’elle reste très hostile aux honoraires à la boîte, une réforme signée unilatéralement par la FSPF. « Si on est astucieux, on travaille à deux, mais si on continue à se diviser et à négocier seul chacun de son côté, ce sont les pouvoirs publics qui seront gagnants », déclare Gilles Bonnefond, président de l’USPO.

La FSPF semble aussi avoir pris conscience de ce nécessaire partage de la gouvernance. Mais pour Philippe Gaertner, il n’est pas question de faire machine arrière sur la rémunération et de repartir de zéro, ni de réintégrer les honoraires de dispensation dans l’arrêté de marge, comme le souhaite l’USPO. « Ce n’est pas au syndicat n° 1 de se coller aux propositions du syndicat n° 2 », estime-t-il. Néanmoins, le président de la FSPF ne ferme pas la porte à l’USPO. « Nous sommes amenés à nous revoir, la signature par nos deux syndicats de l’avenant sur la ROSP génériques montre que nous sommes capables de travailler ensemble quand les positions adoptées sont raisonnables » (lire notre article sur la ROSP génériques p. 16). Gilles Bonnefond veut également positiver : « Lorsque la FSPF demande que les baisses de prix soient compensées, elle milite également pour un contrat avec l’Etat, et nos deux syndicats se rejoignent sur le fait que les mesures à prendre ne doivent pas concourir à faire éclater le réseau. »

Un résultat qui traduit un ras-le-bol de la base

Ce bipartisme lance donc un nouveau défi aux deux syndicats. L’un comme l’autre pressent l’Assurance maladie de rouvrir la négociation sur l’économie pour stopper la dégradation de la rémunération (la baisse de marge du réseau est évaluée à 128 M€ de janvier à novembre 2015) et de préparer la mise en place des honoraires à l’ordonnance. « L’année 2016 ne pourra pas être seulement une année d’observation car tout un tas d’indicateurs économiques ne sont pas atteints », rappelle Philippe Gaertner.

Pour Claude Le Pen, économiste de la santé, la demande des syndicats paraît compliquée et peu probable pour 2016, même si le résultat du scrutin des URPS traduit un ras-le-bol de la base. « Il n’y a aura pas de changement de cap malgré les pressions supplémentaires exercées par le syndicat contestataire (l’USPO) sur les négociations conventionnelles. Ce n’est pas un objectif prioritaire de l’Assurance maladie et du gouvernement, davantage préoccupé par la mise en œuvre de la troisième année du plan d’économies sur le médicament », pense-t-il. Ceci étant, Claude Le Pen reconnaît que « les deux syndicats sont condamnés à s’entendre sur les mesures économiques à prendre et à relancer ensemble les discussions avec l’Assurance maladie avec des idées nouvelles ».

FSPF et USPO parviendront-ils à se mettre d’accord sur un plan d’actions commun ? Tout reste à faire. Philippe Gaertner attend encore de connaître les propositions de l’USPO, tandis que Gilles Bonnefond a d’ores et déjà critiqué le plan d’urgence de la FSPF, notamment l’extension des honoraires pour ordonnance complexe aux ordonnances ALD, car « on ne maîtrise pas leur évolution ». De plus, « le passage à 1 € réduit notre marge de manœuvre pour avancer dans les négociations, un plan d’action commun ne sera possible qu’au prix d’efforts partagés », conclut le challenger.

L’UNPF joue sa survie

Malgré son échec, l’Union nationale des pharmacies de France (UNPF) ne baisse pas les bras même si, dès juin 2016, elle ne pourra plus participer aux futures négociations conventionnelles avec la CNAM. « L’UNPF garde toute sa représentativité sociale (salaires, conventions collectives, prévoyance, formation…) et continuera à faire entendre sa voix », précise ce syndicat qui entend rester force de proposition et continuer à défendre les intérêts de la profession. Sans avoir voix au chapitre,il a demandé au ministère de la Santé de pouvoir continuer à participer aux négociations conventionnelles. « L’UNPF a toujours joué un rôle de conciliateur dans la profession. La question est en suspens et nous attendons un retour du ministère », indique Eric Myon, vice-président de l’UNPF.

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