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Ça va déjà mieux !

Publié le 31 janvier 2019
Par Laurent Lefort
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Avouez-le. A vous aussi, ça vous est déjà arrivé d’entrer subclaquant dans la salle d’attente et de vous sentir presque guéri(e) dès que vous vous êtes retrouvé(e) devant le médecin. Figurez-vous que ce n’est peut-être pas qu’une impression. Deux psychologues de l’université de Stanford* (Etats-Unis) se sont intéressés à l’effet produit par le comportement du praticien sur le malade, prick-tests à l’histamine à l’appui. Le but n’était pas de savoir si tel ou tel praticien filait des boutons, mais bien d’essayer de comprendre si une personnalité empathique et rassurante obtenait de meilleurs résultats thérapeutiques. Et la réponse est oui. A travers cette expérience, les chercheurs californiens ont démontré qu’avec un praticien qui prend le temps de sourire, de discuter et d’expliquer les symptômes attendus, les démangeaisons ressenties étaient bien moins importantes que dans le groupe des patients s’étant retrouvés devant un médecin aimable comme une porte de prison. Et ce, même sans prescrire le moindre médicament. Doit-on en déduire qu’il est urgent pour la Sécurité sociale de rembourser la bienveillance ? En tout cas, les psychologues n’hésitent pas à conclure que des mots bien sentis sont susceptibles de booster l’efficacité du plus puissant des médicaments. Attitude chaleureuse, sourire, le petit compliment qui va bien, les patients qu’on appelle par leur nom, le nez qu’on décolle de l’écran d’ordinateur, la voix claire et le ton affirmé, allez, à vous de mener votre propre enquête au comptoir. Demande de conseils, commentaires d’ordonnances, entretiens, bilans partagés de médication, tout est bon pour poursuivre la démonstration.

*https://www.nytimes.com/2019/01/22/well/live/can-a-nice-doctor-make-treatments-more-effective.html

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