14/10/2021 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..

Il a beaucoup été question de l’avant et après Covid-19 lors du Congrès national des pharmaciens, qui s’est tenu les 9 et 10 octobre à Lyon. C’est donc “gonflés à bloc “par la montée en puissance de leur rôle dans le système de santé depuis le début de la crise sanitaire, que les pharmaciens vont engager les négociations de la convention nationale pharmaceutique dont le début est prévu en novembre et la fin en mars au plus tard. « Tout politique a de la considération pour une profession qui agit. Vous êtes des professionnels de santé de haut niveau, très qualifiés, qui savent vacciner et tester. (...) Pensez que le regard sur vous a changé est la meilleure façon aujourd’hui de discuter avec les autorités », a promulgué l’ancien président de la République, François Hollande. D’ailleurs, ni Olivier Véran, ministre de la Santé, « la pharmacie est un maillon indispensable de la campagne de vaccination, en particulier de la campagne de vaccination de rappel », ni Thomas Fatôme, directeur général de la Cnam, « il est indispensable que le pharmacien sorte grandi de cette crise » ne l’ont contredit. La profession entend donc tirer profit de cette situation favorable post-Covid. « Pour la pharmacie, le champ des possibles est quasi infini », a résumé Carine Wolf-Thal, la présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens.
 

Le pharmacien, acteur majeur de la prévention
« Nous sommes convaincus qu’il faut faire des pharmaciens des acteurs majeurs de la prévention », a lâché Thomas Fatôme lors de son intervention. Pour ce faire, la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France (FSPF) propose des entretiens de prévention calqués sur le calendrier de la vaccination de la Haute Autorité de santé (HAS). « Plusieurs sujets pourront être abordés avec le patient, en fonction de son âge. À 25 ans, le pharmacien passera en revue son carnet de vaccination, abordera l’addictologie, vérifiera ses connaissances et son implication dans le parcours de soins. À 45 ans, il serait question de rappel de la vaccination et de nutrition en cas d’obésité. À 65 ans, de la vaccination contre la grippe…. », a détaillé Philippe Besset, président de la FSPF.

Recrutement et revalorisation des salaires
C’est un axe sur lequel Philippe Besset est résolu à ne rien lâcher, car la pénurie de personnel est un problème déjà existant, qu’il évalue entre 8 000 à 10 000 postes. « À l’heure actuelle, 12 000 pharmacies réalisent des tests, 10 000 vaccinent. Et si le reste ne le fait pas, c’est essentiellement lié à des problématiques de manque de personnel », a-t-il ajouté. Alain Grollaud, le président de la Chambre Syndicale des Groupements et Enseignes de pharmacie (Federgy), ouvre la piste de l’emploi partagé. « Si demain les services augmentent, il faut imaginer des solutions partielles en embauchant des infirmières, kinés… à mi-temps », préconise-t-il. « Pour continuer de donner envie aux jeunes, il faut revaloriser les salaires. D’autant que les prix à la consommation ont augmenté de 2,1 % en septembre par rapport au même mois de l’année passée », a insisté Philippe Besset, lors de la conférence de presse qui s’est tenue en marge du congrès. Pour obtenir “gain de cause“, la FSPF envisage un double système de rémunération : une rémunération à l’acte réalisé et une rémunération à l’officine pour certains engagements comme la démarche qualité, environnementale…

« Le numérique est une des clefs de l’exercice de demain »
Lors de ce congrès, le numérique a également occupé une place prépondérante. Thomas Fatôme a rappelé que le gouvernement avait investi 2 Mds d’euros dans le plan Ségur, qui a servi entre autres à la création du plan Espace santé 2022, dont la première mise en service est prévue en janvier prochain. La phase d’interopérabilité entre les LGO des différents acteurs de santé est, elle, prévue à l’automne 2022. « Le partage des données de santé conditionnera tout le système de soins. Le numérique est une des clefs de l’exercice de demain. C’est aussi ce qui donnera envie aux jeunes d’exercer notre métier », a déclaré Philippe Besset. Reste à savoir si le pharmacien jouera un rôle d’éducation du patient dans l’utilisation de cette plateforme, comme l’a laissé suggérer Thomas Fatôme. « C’est une piste de négociation qui s’est ouverte à ce congrès », a annoncé Philippe Besset.
 

L’enjeu environnemental au cœur de la pharmacie
« Nous voulons nous appuyer sur un dialogue avec les pharmaciens pour faire des propositions concrètes », a lancé Thomas Fatôme, au congrès. Objectif : combler le retard accusé par la filière sur la gestion des déchets. De son côté, Philippe Besset a d’abord mis en exergue l’absurdité de la situation actuelle, avec d’un côté un camion qui récupère les déchets des patients en autotraitement collectés par la pharmacie et, de l’autre, un deuxième camion pour les déchets générés par la pharmacie. « C’est deux camions au lieu d’un. Pourquoi ne pas mettre en place une sorte d’échange marchandise ?, s’interroge-t-il. La pharmacie s’engage à continuer la collecte des déchets des patients en autotraitement. En contrepartie, les déchets de la pharmacie seraient récupérés gratuitement par le même biais ». Un projet que la FSPF a d’abord présenté à l’Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). « Mais, si l’amendement est refusé, notre intention est d’intégrer le sujet de la collecte des déchets aux négociations de la convention nationale pharmaceutique. Je demanderai alors une rémunération de 300 € pour la collecte des DASRI, que les pharmaciens effectuent jusqu’alors gratuitement, dans le but de financer les déchets produits par l’officine, a précisé Philippe Besset. Mais cette solution, avoue-t-il, est moins écologique puisque c’est toujours deux organismes collecteurs et, donc, deux camions ! ». Ainsi, la feuille de route de la FSPF pour les négociations de la convention nationale pharmaceutique 2022 est fixée. Reste à la concrétiser.






Audrey Chaussalet

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