18/12/2018 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..
Geralt/Pixabay

Malgré une échéance proche (le 9 février 2019), de nombreuses difficultés restent en suspens sur la mise en œuvre de la sérialisation des médicaments en officine. « Le dispositif est totalement inapplicable », a reconnu Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo) lors d’une conférence de presse de ce syndicat du 18 décembre. En particulier, la « désactivation » du code Datamatrix (identifiant unique) des médicaments, au moment de la dispensation au patient, risque de coincer aux entournures (impossibilité de délivrer un médicament dont l’authenticité n’est pas garantie, annulation par erreur d’un identifiant unique, etc.). 

Sans chercher à boycotter le dispositif européen de sérialisation, Gilles Bonnefond propose de l’aménager pour le rendre applicable et efficient sur le terrain. Son idée est de transposer à  titre expérimental le dispositif dérogatoire mis en place pour les pharmacies à usage intérieur (PUI) et les médecins propharmaciens à l’officine. Il veut que l’identifiant unique soit désactivé en back office, et non face au patient comme cela est prévu. La sélection se ferait donc à l’entrée de l’officine en quelque sorte. « Plus l’alerte est donnée en amont, plus on évite le risque de médicament contrefait », explique Gilles Bonnefond. 
Dans le circuit de la sérialisation projeté par l’Uspo, la lecture unique se ferait à réception de la commande pour vérifier si le produit peut être mis en stock et dispensé. Ainsi, par exemple, un médicament dont le Datamatrix n’est pas lisible ou dont le dispositif d’inviolabilité est défectueux serait d’emblée retourné au fournisseur. 
Si le médicament passe cette première étape, son code serait ensuite désactivé puis transmis à France MVO, l’organe officiel de gouvernance de la sérialisation en France.
« Si le produit est signalé comme ayant déjà été vendu, il est gelé pendant 10 jours le temps de vérifier si c’est une vraie ou fausse alerte, poursuit Gilles Bonnefond. Dans le premier cas, la procédure d’alerte suit son cours, dans le second cas, le pharmacien a le feu vert pour entrer le produit en stock. » 

Pour l’Uspo, ce dispositif a plusieurs avantages dont celui de pouvoir effectuer ce travail en dehors de la présence du patient donc sans perturber l’acte de dispensation et faire courir le risque d’une rupture de traitement. De plus, il résout le problème des pharmacies équipées de robots. 
« La proposition de l’Uspo a reçu l’accord du Leem, de la  Direction générale de la santé (DGS), de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) et de l’Ordre national des pharmaciens ainsi que le soutien des éditeurs de logiciels », soutient Gilles Bonnefond. Mais c’est au ministère de la Santé qu’il appartient de porter cette proposition devant la commission européenne.






François Pouzaud

Les dernières réactions

  • 19/12/2018 à 09:48
    cf
    alerter
    La méthode Bonnefond permet de donner des médicaments désactivés (qui peuvent alors avoir voyagé n'importe où , entre livraison grossiste et vente patient)..Quel intérêt alors sauf pour favoriser la gestion d'automate et favoriser les grands groupements : La rétrocession entre confrères parait en effet beaucoup plus compliquée à mettre en place avec la sérialisation..Ceci prouverait que Mr Bonnefond ne roule pas pour tous les pharmaciens ???
    Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer..
    La sérialisation, on n'en veut pas, car il n'existe pas de contrefaçon en officine, et qu'elle ne sert à rien ..
    Les seuls bénéficiaires de ce système seront les vendeurs sur internet , puis plus tard les grandes surfaces qui assureront ainsi la provenance de leurs produits, levant les derniers doutes pour les acheteurs hésitants entre sécurité et soldes médicamenteuses..
  • 19/12/2018 à 14:54
    tnttnt
    alerter
    Je suis pour la sérialisation mais contre cet ersatz proposé par l'Uspo.
    Dans cette proposition, qu'est ce qui empêche un pharmacien mal intentionné de revendre les médicaments Cyclamed ? Rien...
    Et ça veut aussi dire que quand on commande 3000 doliprane, il va falloir tous les scanner avant de réceptionner sa commande ??
  • 19/12/2018 à 15:41
    cf
    alerter
    à tnttnt ... Si cela vous amuse de scanner vos 3000 doliprane au comptoir, c'est votre problème..De toute façon il faudra les scanner...
  • 19/12/2018 à 16:30
    BREZHONEG
    alerter
    Je sais que l'informatique ne tombe jamais en panne, ne bloque jamais,etc..mais quel est le plan B prevu? ,(il faut toujours avoir un plan B, au cas où...) J'ai hacker de bien faire,n'est ce pas :o)....
  • 20/12/2018 à 12:54
    tnttnt
    alerter
    @cf : non je n'ai pas envie de les scanner et mon robot le fera très bien tout seul sans que j'ai quoi que ce soit à faire :)
  • 21/12/2018 à 09:11
    BREZHONEG
    alerter
    Il y a une appli d'echange de medicaments entre officines qui va peut etre avoir des soucis......
  • 22/12/2018 à 08:59
    tnttnt
    alerter
    @BREZHONEG : je me suis dit exactement la même chose :) Mais en fait tout dépend quand se fera le scan des boites. Si c'est à réception, pas de soucis ; si c'est à la délivrance, ce système est fini.
  • 22/12/2018 à 09:19
    cf
    alerter
    C'est pourquoi la sérialisation intéresse les groupements car la rétrocession sera impossible entre officine...
    Petite question / pour les toxiques qu'on déconditionne, on fait comment ?

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