Présidentielle : la santé fera-t-elle gagner les candidats ? - 28/03/2022 - Actu - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
28/03/2022 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..

Présidentielle : la santé fera-t-elle gagner les candidats ?

Getty Images/iStockphoto

La santé gagnante ? C’était le thème du débat organisé le 23 mars 2022 par le Leem (Les entreprises du médicament), à Paris. « La santé est, de façon inédite, devenu un sujet prioritaire de cette campagne », a déclaré en préambule Frédéric Collet, président du Leem. Brice Teinturier, directeur général délégué de l’institut de sondage Ipsos, a souligné qu’actuellement les problématiques de santé arrivaient en quatrième position des préoccupations des Français, après le pouvoir d’achat, la guerre en Ukraine et l’environnement. Et si 68 % des Français estiment que la situation du système de santé est bonne dans notre pays, il y a « un mur d’inquiétudes ».

La France à la traîne

La santé, c’est aussi l’innovation et la recherche, la réindustrialisation, l’accessibilité aux traitements innovants. « Je n’ai pas beaucoup trouvé de mesures sur la recherche médicale dans les programmes des candidats, alors que la crise a révélé que la France était un peu à la traîne et que dans tous les classements, on dégringole. On a vraiment manqué de stratégie de prise de risque maximal et d’agilité », a relevé Alexandre Loupy, néphrologue et chercheur. « Une grande partie des médicaments de demain seront des biothérapies. Il est évident que la puissance de la recherche biomédicale française doit être valorisée et soutenue », a ajouté Florence Allouche-Ghenassia, start-uppeuse.

Le problème de la pollution

La crise sanitaire a également mis en évidence la dépendance de la France pour les produits de santé. « L’objectif de relocaliser la production fait l’unanimité des candidats et les inégalités entre eux sont le degré de précision des mesures qu’ils mettent au service de cet objectif », a remarqué Chloé Morin, politologue. Mais retrouver la souveraineté pour la production des médicaments est-ce possible ? « Nous sommes forcément dépendants et il est évident que les industries pharmaceutiques ne vont pas réaliser la totalité de leur approvisionnement en France, ce n’est ni possible, ni souhaitable. Le bon terme c’est l’industrialisation, c’est-à-dire comment on se débrouille pour avoir des unités de production en France », a expliqué Nicolas Bouzou, économiste. Florence Allouche-Ghenassia a pointé un autre problème : « Est-ce qu’on réindustrialise ce qu’on n’a pas eu envie de produire en France ? De nombreux produits fabriqués en Asie sont polluants. Si on fait revenir des usines, alors il faudra innover pour faire de la chimie « verte » et créer des technologies de production, parce qu’il est évident que certaines productions ne répondent pas aux normes européennes environnementales ».

Les pratiques médicales en question

En termes d’innovations thérapeutiques, la pandémie a montré que l’industrie pharmaceutique pouvait innover rapidement. « La molécule, c’est un élément du parcours du soins et il y a encore des économies à faire sur la qualité, la pertinence des parcours, le juste soin, les bonnes pratiques médicales », a néanmoins souligné Magali Léo, responsable du plaidoyer de l’association de patients Renaloo. Elle a notamment insisté sur les pratiques médicales en donnant l’exemple des thérapies prophylactiques contre le Covid-19 destinées aux 100 000 patients immunodéprimés qui ne sont pas prescrites. Aujourd’hui seules 17 000 personnes en ont bénéficié. « Ce n’est pas un problème réglementaire ni un problème de coût, mais un problème de pratiques médicales. Est-ce que la liberté de prescription dont se prévalent les professionnels de santé doit supplanter le droit à la santé des patients ? Depuis l’autorisation en accès précoce en août 2021 d’un anticorps monoclonal qui permet de prévenir le Covid, on a 400 personnes dialysées, greffées, qui sont décédées des suites du Covid. Je pose la question : est-ce autant de morts évitables ? », a-t-elle observé. Et de conclure : « Je suis un peu déçue de voir que les candidats n’ont aucune proposition sur la régulation des pratiques des professionnels de santé ».



Magali Clausener

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