Pharmacien correspondant : une expérimentation lancée en région Paca - 18/03/2024 - Actu - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
18/03/2024 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..

Pharmacien correspondant : une expérimentation lancée en région Paca

Le pharmacien correspondant fait l’objet d’une expérimentation menée en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Cette mission était déjà effective mais le projet, axé sur le suivi des patients atteints d’hypertension artérielle, vise à la modéliser et à tracer un parcours collaboratif avec le médecin traitant.
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Suite à un décret paru en mai 2021, un patient peut déclarer à l’Assurance maladie, avec son accord, son pharmacien correspondant. Ceci afin qu’il renouvelle pendant une durée maximale de 12 mois tout ou partie des traitements lorsque le médecin en prescrit la possibilité. Le cas échéant, il peut aussi procéder à un ajustement des posologies. Ces actions ne s’effectuent que dans le cadre d’une structure d’exercice coordonné (équipe de soins primaires, maison de santé pluriprofessionnelle, communauté professionnelle territoriale de santé, etc.) à laquelle fait également partie le médecin traitant. En 2022, cette mission est restreinte aux territoires sous-médicalisés ou touchés par des difficultés d’accès au soin. La rémunération du pharmacien correspondant a été fixée à 2 euros TTC par patient suivi jusqu’à 100 patients puis à 1 euro TTC au-delà, avec un plafonnement annuel à 500 euros TTC. Des pharmaciens s’y sont engagés. Mais cette mission méritait d’être davantage modélisée. L’Union régionale des professionnels de santé (URPS) Pharmaciens de Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), l’agence régionale de santé PACA et l’Omédit PACA-Corse, veulent l’expérimenter en s’adressant à des patients traités pour une hypertension artérielle (HTA). Une pathologie dont souffrent 17 millions de personnes dans notre pays, selon Santé publique France. Seulement la moitié d’entre eux seraient traités et près de 40 % des patients ne sont pas observants.

Différentes étapes rémunérées

S’assurer de l’adhésion thérapeutique, de la tolérance au traitement et de la surveillance des chiffres tensionnels, telles seront les actions des pharmaciens impliqués, qui ont été près de 80 à se porter volontaires. « Le projet consiste à structurer et valoriser ce qui est souvent déjà fait au comptoir : identifier les éventuels problèmes lors de la prise des traitements », précise Félicia Ferrera, présidente de l’URPS Pharmaciens PACA. Le patient éligible au suivi doit recevoir au moins deux principes actifs antihypertenseurs et être atteint par au moins deux autres facteurs de risques cardiovasculaires : hypercholestérolémie, diabète, tabagisme, obésité, etc. Pour tout patient qui le nécessiterait, une mesure ambulatoire de la pression artérielle est effectuée puis le patient est adressé si nécessaire à son médecin traitant. Pour les patients définis comme éligibles, une évaluation du besoin de suivi thérapeutique est réalisée selon une procédure modélisée. « Si le patient est observant, que la tolérance au traitement est bonne et la surveillance régulière, il peut d’ores et déjà désigner son pharmacien correspondant en le déclarant sur un formulaire Cerfa disponible sur le site Ameli », explique Félicia Ferrera. Si un besoin de suivi renforcé est détecté, un bilan partagé de médication (BPM) est proposé au patient. S’il n’en rempli pas les conditions, il bénéficie tout de même d’une revue médicamenteuse et également d’une action éducative ciblée sur la gestion quotidienne des traitements ou encore l’apprentissage de l’automesure. Toutes les actions officinales sont enregistrées dans le dossier médical partagé (DMP). Un plan pharmaceutique personnalisé (PPP) peut être établi. Si le pharmacien ne souhaite pas assurer le suivi du patient, celui-ci sera orienté vers une consultation médicale. Pour les pharmaciens, une formation courte sur l’HTA est dispensée en e-learning, complétée par deux séances de cas pratiques en visioconférence. Entre autres rémunérations, la mesure de la pression artérielle est payée 10 euros tandis que les actions éducatives ciblées le sont à hauteur de 25 euros. Suite à cette première phase d’expérimentation, une seconde sera conduite au sein de structures d’exercice coordonné.



Matthieu VANDENDRIESSCHE

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