29/03/2019 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..
Courbes, tablettes Pixabay

La fracture officinale se creuse. Si l’année 2018 semble être une bonne année en matière de chiffre d’affaires (+1,12 % en moyenne) et de marge (+ 0,63 %) au vu des statistiques 2018 présentées par le groupement CGP lors de la 5e édition de la table ronde des partenaires qui s’est tenue ce vendredi 29 mars à Paris, la situation économique des petites officines (CA inférieur à 1 M€) devient alarmante. Elle ressemble à un petit morceau de banquise qui s’est détaché du plus gros morceau et qui part en sens contraire : un CA HT en involution marquée de - 2,17 %, balayant d’un revers de manche l’effet « boostant » des médicaments chers sur l’activité, et malgré le rôle des honoraires de dispensation pour amortir la baisse régulière des prix des médicaments remboursables (indice Insee des prix des médicaments en 2018 à - 3,71 %). 

Et pourtant, « ce rôle d’amortisseur des honoraires a joué de manière plus importante en faveur des petites officines, ceux-ci avec les ROSP représentent 8,49 % du CA HT (contre 8,08% en moyenne), soit le taux le plus élevé par tranche de chiffre d’affaire »,  précise Joël Lecoeur, président du groupement CGP. Un chiffre en trompe l’œil car l’évolution des honoraires en valeur s’inscrit à la baisse (- 2,17 %). 
La perte de marge est également importante (- 2,09 %), en dépit d’un apport de marge supplémentaire en 2018 lié aux contrats de coopération commerciale sur le générique (+ 3,69 %). Avec l’augmentation des charges externes et des frais de personnels, ces petites officines se retrouvent aujourd’hui en grande souffrance au niveau de leur excédent brut d’exploitation (EBE) qui a perdu 6 500 euros l’an dernier (- 7 %), représentant 30 % de la rémunération de leur titulaire. 
On le répète à chaque présentation de statistiques. L’évolution moyenne de l’activité a de moins en moins de signification, tant les disparités sont devenues fortes entre les pharmacies. Non seulement, elle ne correspond pas à la réalité, mais de plus, elle présente l’inconvénient de retarder le bon diagnostic et l’aide à apporter aux plus fragiles.

Assistant à cette présentation, Philippe Besset, fraîchement élu président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), a relevé dans les chiffres présentés par CGP que près de 4 000 pharmaciens exerçant seuls, sans adjoint, ont perdu près d’un tiers de leur revenus en 2018. « On ne peut pas tolérer une telle information », a-t-il réagi. A ces petites pharmacies, il adresse un message d’espoir : « Le système conventionnel avec l’Assurance maladie est en mesure de redonner de la capacité d’exercice dans ces officines de petite taille ».






François Pouzaud

Les dernières réactions

  • 30/03/2019 à 09:27
    cf
    alerter
    Syndicat et Ordre doivent se réjouir..La fin est proche pour
    20% des officines et ce n'est qu'un début.....Avec les nouvelles missions , deux ou trois pharmaciens présents dans une officine semble devenir une obligation professionnelle ....
  • 30/03/2019 à 12:32
    BREZHONEG
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    ....et avec ce que ça coutera en salaires "chargés", ceux qui sont tombés dans le piege des missions "valorisantes" (rendues volontairement chronophages) rejoindront rapidement aussi le cimetiere. Petites officines, laissez les faire sans les suivre, et vous serez parmi les survivantes !!
  • 31/03/2019 à 08:19
    MAURICE
    alerter
    La responsabilité de ce désastre, incombe aux syndicats, qui n'ont cessés de faire preuve de naïveté, face à l'ogresse CPAM.
    Quant-à l’État qui oblige les gens a travailler à perte, c'est l'aberration économique, que la France a choisi , elle le paye durement.
    Plus d'industrie, plus d'emplois, et maintenant une route de la soie, qui vient déverser ses produits, sans charges sociales, dans ses nouvelles colonies.
    Entrainent inévitablement le déclin auquel on assiste.
  • 31/03/2019 à 13:13
    tnttnt
    alerter
    Il n'y a aucune naïveté dans cette histoire. Les syndicats ont accepté la réduction du nombre d'officines.
    C'est écrit dans la convention nationale signée en le 6 mai 2012 entre la CNAM et les 3 syndicats représentatifs :
    "Les syndicats de pharmaciens signataires s’engagent dans ce cadre à favoriser le regroupement des officines
    tout en tenant compte de la nécessité de maintenir une offre de proximité dans les zones sous-dotées."
    Ca s'appelle "l'optimisation du mailage officinal".
  • 01/04/2019 à 12:16
    BREZHONEG
    alerter
    le probleme, c'est que c'est dans les zones sous dotées que la disparition des prescripteurs entraine celle de l'offre de proximité pharmaceutique.

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