Expérimentation Iatroprev : des officinaux en visio avec des professionnels hospitaliers - 02/04/2024 - Actu - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
02/04/2024 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..

Expérimentation Iatroprev : des officinaux en visio avec des professionnels hospitaliers

Se réunir à distance entre pharmacien d’officine, médecin traitant et professionnels hospitaliers pour évoquer la situation de patients âgés et polymédiqués, c’est l’un des volets de l’expérimentation iatroprev, menée dans les Hauts-de-France. Un modèle interprofessionnel qui pourrait être étendu au niveau national.
Getty Images/iStockphoto

A ce jour, près de 272 pharmaciens d’officine sont impliqués dans le dispositif Iatroprev. Cette expérimentation menée selon le modèle de l’article 51 de la loi de financement de la Sécurité sociale de 2018 a livré des résultats présentés en mars lors des Journées de la Société française de pharmacie clinique (SFPC). Ils portent sur une période allant de février 2021 à décembre 2023. L’expérimentation, qui doit se prolonger jusqu’en juillet, a été initiée par les CHU de Lille (Nord) et d’Amiens (Somme). Elle a été mise en place avec l’appui des unions régionales des professionnels de santé Médecins et Pharmaciens des Hauts-de-France.

Réévaluation du traitement

Ce dispositif jette un pont entre l’hospitalisation en court séjour gériatrique et le retour au domicile pour des patients à risque élevé d’iatrogénie médicamenteuse. Lors d’une hospitalisation en médecine aiguë gériatrique, l’inclusion du patient peut être proposée selon trois critères : présence d’un événement iatrogène, traitement à marge thérapeutique étroite ou sortie d’hospitalisation avec plus de trois modifications thérapeutiques. Cette inclusion doit être acceptée par les médecins traitants et pharmaciens d’officine. Selon les premiers résultats d’étude, la moyenne d’âge des patients inclus est de 86 ans, avec 63 % de femmes. Une entrée dans le dispositif par la ville est aussi possible pour des patients âgés de plus de 75 ans et prenant plus de 10 médicaments par jour. Orientés par leur médecin traitant ou leur pharmacien, ils peuvent bénéficier d’une consultation à l’hôpital avec un gériatre et un pharmacien clinicien. Quel que soit le mode de recrutement, une réévaluation du traitement est effectuée afin de l’optimiser. Une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) impliquant médecin traitant, officinal, gériatre et pharmacien clinicien est ensuite organisée en visioconférence. Pendant une vingtaine de minutes en moyenne, la prise en charge thérapeutique est expliquée et discutée, de même que les recommandations d’optimisation médicamenteuse proposée par l’équipe hospitalière.

Des officinaux participatifs

Jusqu’en décembre, 281 patients ont été intégrés par le biais de leur hospitalisation, sur 541 repérés. Dans près de la moitié des cas (44 %), l’inclusion ne s’est pas faite car le médecin traitant l’a refusée, faute de vouloir s’y investir. Dans près du quart des cas (27 %), la RCP n’a pas pu être organisée. Cette RCP peut se dérouler avec les quatre professionnels en même temps ou en deux fois, avec le médecin traitant puis avec le pharmacien d’officine. « Les pharmaciens d’officine se distinguent par leur implication et ils peuvent être plus ou moins participatifs lors de la réunion, indique Chloé Cornille, interne en innovation pharmaceutique et recherche dans le service de gériatrie aiguë au CHU d’Amiens. En l’absence du médecin traitant, ils prennent davantage la parole, notamment sur les conditions de vie quotidienne des patients ou sur la nécessité de la mise en place d’un suivi infirmier au domicile. » La démarche permet aussi d’initier de premiers échanges entre professionnels de ville pour coordonner la prise en charge en ambulatoire. A l’issue de la RCP, un plan pharmaceutique personnalisé (PPP) est élaboré collectivement. Près de 5300 recommandations ont été formulées, soit une quinzaine en moyenne par patient. La majorité concernait des révisions thérapeutiques (71 %). Un suivi est réalisé 45 et 90 jours plus tard, donnant lieu au versement d’un forfait de participation. A ce stade, les recommandations portaient davantage sur la gestion des traitements, sur la base des constats des officinaux. Le dispositif est actuellement évalué par le ministère de la Santé qui se penche sur son extension nationale.



Matthieu Vandendriessche

Réagir à l'actualité

Pseudo :
Vous êtes un professionnel de santé ? Faites le savoir dans vos contributions en affichant le pictogramme "Professionnel de santé certifié" . Inscrivez-vous ou identifiez-vous puis transmettez-nous un justificatif de votre qualité de professionnel de santé (photocopie de carte d'étudiant, de diplôme, de carte de l'Ordre...).


Cet espace a vocation à débattre et partager vos avis sur nos contenus. En réagissant à cette actualité, vous vous engagez à respecter les conditions générales d’utilisation du Moniteur des pharmacies.fr. Tout commentaire calomnieux ou injurieux sera supprimé par la rédaction.

Vous sentez-vous régulièrement en insécurité dans vos officines ?


Décryptage

NOS FORMATIONS

1Healthformation propose un catalogue de formations en e-learning sur une quinzaine de thématiques liées à la pratique officinale. Certains modules permettent de valider l'obligation de DPC.

Les médicaments à délivrance particulière

Pour délivrer en toute sécurité

Le Pack

Moniteur Expert

Vous avez des questions ?
Des experts vous répondent !