Etudes de pharmacie : et le nombre exact de places vacantes en 2023 est... - 19/09/2023 - Actu - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
19/09/2023 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..

Etudes de pharmacie : et le nombre exact de places vacantes en 2023 est...

Dans un communiqué commun, l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf), la Conférence des doyens des facultés de pharmacie de France, l’Ordre des pharmaciens, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) et la Fédération nationale des syndicats d’internes en pharmacie et biologie médicale (FNISP BM) lèvent le voile.
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Finalement, le chiffre exact est tombé. Ce sont 471 places qui sont restées vacantes en 2e année de pharmacie en cette rentrée 2023/2024. Si la situation semble s’améliorer par rapport à l’année précédente où plus de 1 000 places étaient non pourvues, « ce constat reste insatisfaisant par rapport au besoin de pharmaciens dans les territoires » explique le communiqué. Et d’ajouter : « Chaque étudiant que nous perdons aujourd'hui représente un pharmacien en moins pour demain au service des patients. Ce nombre représente un risque indéniable pour l’avenir de notre profession qu’il ne faut pas négliger ».

Un focus sur le métier de pharmacien

Afin de pérenniser la profession et toujours dans l’intérêt premier des patients, l'Anepf et les institutions pharmaceutiques « sollicitent la mise en place de plans de visibilité sur les plateformes d'orientation aux études, ainsi qu'une sensibilisation aux différents métiers de la santé » et elles insistent sur « la nécessité de faire un focus particulier sur celui de pharmacien, à chaque étape des choix d’orientation du collège jusqu’en Pass et Las [Parcours accès santé spécifique et Licence accès santé, NdlR] initialement prévu par la réforme ».

L’Anepf annonce d’ailleurs que dès le 25 septembre, à l’occasion de la journée mondiale des pharmaciens, la profession se rassemblera pour valoriser les métiers et les études de la pharmacie.



Magali Clausener

Les dernières réactions

  • 19/09/2023 à 20:44
    drlouzou
    alerter
    Dans le Nord de la Mayenne, dans le Calvados, idem, encore une pharmacie qui va fermer, non pour des raisons économiques, mais par absence de repreneur.

    Pourquoi?

    La raison est fort simple.

    En 2021, 74.227 pharmaciens sont inscrits au tableau de l’Ordre des Pharmaciens, dont 53.484 exerce en officine de pharmacie : 25.518 sont des pharmaciens titulaires (soit seulement 34% des pharmaciens inscrits à l’Ordre des pharmaciens), et 27.966 sont des pharmaciens adjoints et remplaçants en officine de pharmacies (soit 53% des pharmaciens officinaux inscrits à l’ordre des pharmaciens).

    Soyons lucides, factuels, et posons-nous les bonnes questions :

    • En 2015, 27.120 pharmaciens étaient inscrits pharmaciens titulaires (section A de l’ordre des pharmaciens), 27.910 pharmaciens étaient pharmaciens adjoints, remplaçants, gérants, ou intermittents (section D de l’ordre des pharmaciens), soit un total de 55.030 pharmaciens exerçant en pharmacies d’officine.
    • En 2020, 25.518 pharmaciens étaient inscrits pharmaciens titulaires (section A de l’ordre des pharmaciens), 27.966 pharmaciens étaient pharmaciens adjoints, remplaçants, gérants, ou intermittents (section D de l’ordre des pharmaciens), soit un total de 53.484 pharmaciens exerçant en pharmacies d’officine.
    • En comparant l’année 2020, versus l’année 2015, le nombre de pharmaciens exerçant en officine de pharmacie à reculer de 1.546 (section A et D de l’ordre des pharmaciens), soit un recul de 2,81% des effectifs. Si le nombre de pharmaciens adjoints, remplaçants, gérants ou intermittents a progressé de 2.056 , soit 7,37% des effectifs , globalement, il ne compense pas la chute de pharmaciens titulaires (section A de l’ordre des pharmaciens) de 1.602 pharmaciens, soit 5,91% des effectifs.
    • Même si le nombre de fusion entre officines de pharmacie à augmenter lors des 10 dernières années, le recul de 1.602 pharmaciens titulaires signifie une perte considérable du nombre de licence de pharmacie.
    • Le recul de 1.602 pharmaciens titulaires, nous indique le recul de 320 pharmaciens titulaires par année, soit 27 pharmaciens titulaires par mois, soit le chiffre ahurissant de 1 pharmacie qui baisse le rideaux par jour !
    • Pour l’ensemble des pharmaciens les chiffres sont relativement identiques : recul de 309 pharmaciens officinals par année, 26 par mois, et le même chiffre de 1 pharmacien par jour !

    Maintenant que les chiffrent ont « parlé », personne ne pourra nier que le métier de pharmacien, comme celui des médecins, est en cruel et constant recul, soit de 2,81% par an, deux fois plus pour les pharmaciens titulaire (5,91%) .
    Plusieurs éléments expliquent ce phénomène : problématiques économiques, problèmes sociétaux en constante augmentation : surcharge de travail, mais aussi et surtout : conflit et agressions tant verbal, physique, que physiologique (réseaux sociaux).

    Bref, que nous soyons pharmaciens titulaires, pharmaciens adjoints, pharmaciens gérants, pharmaciens intermittents, pharmaciens remplaçants, il y a un véritable « ras le bol » : du manque de reconnaissance de nos dirigeants, du corporatisme singulier gangrénant notre profession, des patients-clients-consommateurs de santé se sentant «tout puissant».

    Au lieu d’être de véritable professionnel de santé, digne et responsable, nous avons accepté d’être de simple commerçant avec une perpétuel fuite en avant.

    Maintenant, la profession en paie de prix fort, et la profession ne fait plus rêver :

    • De moins en moins d’inscription dans les filières pharmacies, des étudiants n’ayant pas réussi au concourt , ou « mal placés » dans le concours du tronc commun médecin-pharmacien, préfèrent abandonnés car non reçus en médecine, et je peux les comprendre.
    • Idem, dans la filière pharmacie, de moins en moins d’étudiants se tournent vers l’officine, et beaucoup choisissent de rejoindre la pharmacie hospitalière, attirés par une rémunération plus confortable, des horaires plus souples, l’absence de contact avec la clientèle, et la perspective de recentrer leur métier sur le médical et d’abandonner une dimension commerciale à laquelle ils n’ont jamais adhéré à l’officine
    • Des prix de cession encore trop élevés (un grand merci aux cabinets de transactions, qui savent fort bien flatter notre égo), et une concurrence inacceptable entre les officines (surtout en centre-ville) ,
    • Des horaires de travail à n’en plus finir (de 40 à 70 heures par semaine en moyenne pour un pharmacien titulaire),
    • Des rémunérations nettes mensuelles peu attractives : de 950,00€ à 4.950,00€, net (après impôts, prélèvements sociaux, remboursements des prêts d’installation et outils de travail, amortissements des investissements, frais de fonctionnement …) pour les pharmaciens titulaires, de 2.000,00€ à 3.500,00€ net pour les pharmaciens adjoints, de 3.000,00€ à 4.250,00€ net pour les pharmaciens remplaçants.
    • Un corporatisme passéiste, désuet et inexplicable au XXIème siècle, participant à une forme de sclérose idéologique et professionnelle,
    • Une détestation d’une partie de la population de notre pays, relatif à l’image n’étant plus d’actualité.

    Enfin, une sensation de réelle et véritable « prise en otages » des certains « clients consommateurs de santé publique», car malheureusement, un certain laxisme a longtemps été la norme (parfois encore...), en oubliant les missions de santé publique qui nous sont désormais dévolues : contrôle des ordonnances, vérification de la bonne applications des normes économiques et sanitaires, interventions pharmaceutiques, bilan partagés de médicaments, vaccinations, dépistages, coopération interprofessionnelles.

    Depuis quelques mois, les doyens bougonnent : les étudiants boudent l'entrée en études de pharmacie. Les chiffres confirment d'ailleurs cette tendance. Déjà, à la rentrée 2021, 163 places n'ont pas été pourvues en deuxième année d'études de pharmacie ; à la rentrée 2023, 473 places en deuxième année resteront vacantes ; un peu mieux que la rentrée 2022, où c’est plus de 1.100 places vacances en deuxième année. Plutôt d'un manque de visibilité, c’est la filière officinale tout entière qui souffre (encore) d'une image de "vendeur de médicaments".

    Sauf à revoir complétement l’organisation de notre profession, la désertification de la profession n’est que le début d’une longue période de disette de vocation professionnelle.

    Les médecins, comme les pharmaciens n’ont plus envie d’être noyés par l’administratif et surtout le financier. Ils ont envie d’échanger leurs expériences, leurs quotidiens, leurs souffrance au travail.

    Les médecins, comme les pharmaciens ne travaillent plus comme il y a cinquante ans, taillable et corvéable à merci. Leurs profils ont changés, s’ils sont toujours passionnés par leurs métiers, leurs aspirations ont changé. Conjugué vie professionnelles et vie personnelle devient une réelle demande, et il va valoir que les anciens s’adaptent, qu’ils le veuillent ou non. La pandémie de 2019-2020-2021-2022, la crise économique qui s’annonce, a fait apparaitre de réelles modifications des paradigmes économiques et sociétaux.

    Est-ce la fin de la médecine libérale, de la pharmacie officinale actuelle, je n’en sait rien. Néanmoins, si le passé est irrévocable, seule la mort est définitive. Le présent et l’avenir sont à écrire et à construire, soyons bienveillant avec nous-même, car c’est à nous de les créer.

    Rappelons nous cette célèbre phrase de Albert Einstein : « Un problème sans solution, est un problème mal posé. »

    Voilà, CQFD.
  • 19/09/2023 à 23:34
    Jean-Charles
    alerter
    Excellente analyse de notre confrère
  • 20/09/2023 à 08:28
    carolec
    alerter
    Je ne pense pas qu'il y ait une "crise économique " qui s'annonce.
    Depuis que je suis née, j'entends le mot "crise" en permanence à propos de tout. Je suis née en 1971.
    Arrêtons de nous voiler la face, si j'ose dire.
    Une crise par définition a un début et une fin. Le système n'est pas en crise : il Fonctionne comme ça, en exploitant , en créant sans cesse des tensions insupportables ou plus ou moins supportables.
    J'en ai marre d'avoir des montées de cortisol en entendant le mot " crise " employé à tout va pour justifier tout et n'importe quoi. Qu'en pensez vous ?
  • 20/09/2023 à 20:34
    drlouzou
    alerter
    La dernière vague du COVID-19 sera la pire de toute. Néanmoins, elle ne sera pas virale, mais économique (...)
  • 21/09/2023 à 11:14
    Erwann le Gouill, Pharmacien titulaire
    alerter
    drlouzou a très bien expliqué! En ce qui me concerne (et qui je crois est largement partagé) c'est l'administration et les décisions absurdes, incompréhensibles, inapplicables, chronophages qui sont prises de manières répétées sans concertation, sans considération qui me fatiguent le plus. Tant qu'il n'y aura pas un grand ménage de fait, de moins en moins de personnes auront envie de travailler tout court et dans la santé en particulier.

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