Difficultés de recrutement : votre pharmacie est-elle la plus mal lotie ? - 02/02/2023 - Actu - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
02/02/2023 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..

Difficultés de recrutement : votre pharmacie est-elle la plus mal lotie ?

L’enquête sur l’attractivité des métiers en pharmacie d’officine lancée en mai 2022 par la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) dresse un état des lieux dégradé, à la lecture des résultats communiqués par 1 067 pharmacies répondantes.
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83 % des pharmacies ont des difficultés de recrutement. Ces pharmacies se situent préférentiellement en Normandie, Bretagne, Rhône-Alpes-Auvergne, Paca, dans l’Ouest et le Sud-Ouest. A 80 %, elles cherchent des préparateurs, à 67 % des pharmaciens remplaçants et à 60 % des adjoints.

Sur le marché de l’emploi, les difficultés d’embauche dépendent du type d’emplois concernés. Ainsi, le Nord, l’Ile-de-France, la Normandie, la Bretagne, les Pays-de-Loire, le Centre et toute la partie sud du pays sont les plus en recherche d’adjoints, alors que les difficultés de recrutement de préparateurs se concentrent davantage au nord, en Paca, et d’Ouest en Est au-dessus de la Loire.

La pénurie de pharmaciens remplaçants, quant à elle, est de répartition plus homogène, les deux régions les plus épargnées étant la Normandie et Auvergne-Rhône-Alpes.

Le Covid-19, premier responsable

Les difficultés de recrutement sont multifactorielles. Deux répondants sur trois estiment qu’elles sont liées aux conséquences du Covid-19. Trois causes sont mises en avant, sans les hiérarchiser, par un répondant sur deux : l’incompatibilité de l’exercice officinal, notamment des horaires de travail, avec la vie personnelle dans des équipes hautement féminisées (94 % de femmes chez les préparateurs et 80 % chez les adjoints), des salaires peu attractifs, une progression de carrière limitée et une perception dégradée de la profession par les jeunes.

Enfin, un répondant sur 3 souligne les difficultés géographiques vis-à-vis du recrutement (exercice en zone défavorisée), le peu d’avantages sociaux dont bénéficient les salariés et les conditions de travail contraignantes.



François Pouzaud

Les dernières réactions

  • 02/02/2023 à 13:46
    x
    alerter
    Tout est dit!!!
  • 02/02/2023 à 17:19
    BREZHONEG
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    Asphyxie progressive du Reseau pour obtenir les 10 400 disparitions demandées par la Cour des Comptes..
  • 02/02/2023 à 22:31
    Fab 33
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    Avec 10 000 pharmacies de moins , l'état pourra alors baisser les marges des pharmacies regroupées restantes.
    Pour la couverture géographique , pas de problème on fera livrer par Amazon ...
    L'avenir semble radieux....
    Cela va attirer de nouvelles vocations !
    Marquerait plus que les taux d'intérêt augmentent ....
  • 03/02/2023 à 08:35
    Fab 86
    alerter
    Eh oui !
    L'effacement du réseau pharmacie est en route !
    Ex: essayer de vous inscrire sur parcoursup en filière phie !
    ( voir l'article édifiant dans le Monde cette semaine).
  • 04/02/2023 à 21:02
    drlouzou
    alerter
    Dans le Nord de la Mayenne, dans le Calvados, idem, encore une pharmacie qui va fermer, non pour des raisons économiques, mais par absence de repreneur.

    Pourquoi?

    La raison est fort simple.

    En 2021, 74.227 pharmaciens sont inscrits au tableau de l’Ordre des Pharmaciens, dont 53.484 exerce en officine de pharmacie : 25.518 sont des pharmaciens titulaires (soit seulement 34% des pharmaciens inscrits à l’Ordre des pharmaciens), et 27.966 sont des pharmaciens adjoints et remplaçants en officine de pharmacies (soit 53% des pharmaciens officinaux inscrits à l’ordre des pharmaciens).

    Soyons lucides et factuels:

    • En 2015, 27.120 pharmaciens étaient inscrits pharmaciens titulaires (section A de l’ordre des pharmaciens), 27.910 pharmaciens étaient pharmaciens adjoints, remplaçants, gérants, ou intermittents (section D de l’ordre des pharmaciens), soit un total de 55.030 pharmaciens exerçant en pharmacies d’officine.
    • En 2020, 25.518 pharmaciens étaient inscrits pharmaciens titulaires (section A de l’ordre des pharmaciens), 27.966 pharmaciens étaient pharmaciens adjoints, remplaçants, gérants, ou intermittents (section D de l’ordre des pharmaciens), soit un total de 53.484 pharmaciens exerçant en pharmacies d’officine.
    • En comparant l’année 2020, versus l’année 2015, le nombre de pharmaciens exerçant en officine de pharmacie à reculer de 1.546 (section A et D de l’ordre des pharmaciens), soit un recul de 2,81% des effectifs. Si le nombre de pharmaciens adjoints, remplaçants, gérants ou intermittents a progressé de 2.056 , soit 7,37% des effectifs , globalement, il ne compense pas la chute de pharmaciens titulaires (section A de l’ordre des pharmaciens) de 1.602 pharmaciens, soit 5,91% des effectifs.
    • Même si le nombre de fusion entre officines de pharmacie à augmenter lors des 10 dernières années, le recul de 1.602 pharmaciens titulaires signifie une perte considérable du nombre de licence de pharmacie.
    • Le recul de 1.602 pharmaciens titulaires, nous indique le recul de 320 pharmaciens titulaires par année, soit 27 pharmaciens titulaires par mois, soit le chiffre ahurissant de 1 pharmacie qui baisse le rideaux par jour !
    • Pour l’ensemble des pharmaciens les chiffres sont relativement identiques : recul de 309 pharmaciens officinals par année, 26 par mois, et le même chiffre de 1 pharmacien par jour !

    Le métier de pharmacien, comme celui des médecins, est en cruel et constant recul, soit de 0,5% à 2,0% par an. Plusieurs éléments expliquent ce phénomène : problématiques économiques, problèmes sociétaux en constante augmentation : surcharge de travail, mais aussi et surtout : conflit et agressions tant physique, physiologique, que verbal.

    Bref, que nous soyons pharmaciens titulaires, pharmaciens adjoints, pharmaciens remplaçants, il y a un véritable « ras le bol » : du manque de reconnaissance de nos dirigeants, du corporatisme singulier gangrénant notre profession, mais aussi et surtout des clients consommateurs de santé se sentant « tout puissant ».

    Au lieu d’être de véritable professionnel de santé, digne et responsable, nous avons accepté d’être de simple commerçant avec une perpétuel fuite en avant.

    Maintenant, la profession en paie de prix fort, et la profession ne fait plus rêver :

    • De moins en moins d’inscription dans les filières pharmacies, des étudiants n’ayant pas réussi au concourt , ou « mal placés » dans le concours du tronc commun médecin-pharmacien, préfèrent abandonnés car non reçus en médecine, et je peux les comprendre.
    • Idem, dans la filière pharmacie, de moins en moins d’étudiants se tournent vers l’officine, et beaucoup choisissent de rejoindre la pharmacie hospitalière, attirés par une rémunération plus confortable, des horaires plus souples, l’absence de contact avec la clientèle, et la perspective de recentrer leur métier sur le médical et d’abandonner une dimension commerciale à laquelle ils n’ont jamais adhéré à l’officine
    • Des prix de cession encore trop élevés (un grand merci aux cabinets de transactions, qui savent fort bien flatter notre égo), et une concurrence inacceptable entre les officines (surtout en centre-ville) ,
    • Des horaires de travail à n’en plus finir (de 40 à 70 heures par semaine en moyenne pour un pharmacien titulaire),
    • Des rémunérations nettes mensuelles peu attractives : de 950,00€ à 4.950,00€, net (après impôts, prélèvements sociaux, remboursements des prêts d’installation et outils de travail, amortissements des investissements, frais de fonctionnement …) pour les pharmaciens titulaires, de 2.000,00€ à 3.500,00€ net pour les pharmaciens adjoints, de 3.000,00€ à 4.250,00€ net pour les pharmaciens remplaçants.
    • Un corporatisme passéiste, désuet et inexplicable au XXIème siècle, participant à une forme de sclérose idéologique et professionnelle,
    • Une détestation d’une partie de la population de notre pays, relatif à l’image n’étant plus d’actualité.

    Enfin, une sensation de réelle et véritable « prise en otages » des certains « clients consommateurs de santé publique», car malheureusement, un certain laxisme a longtemps été la norme (parfois encore...), en oubliant les missions de santé publique qui nous sont désormais dévolues : contrôle des ordonnances, vérification de la bonne applications des normes économiques et sanitaires, bilan partagés de médicaments, vaccinations, dépistages, coopération interprofessionnelles.

    Depuis quelques mois, les doyens bougonnent : les étudiants boudent l'entrée en études de pharmacie. Les chiffres confirment d'ailleurs cette tendance. Déjà, à la rentrée 2021, 163 places n'ont pas été pourvues en deuxième année d'études de pharmacie ; à la rentrée 2022, c’est plus de 1.100 places vacances en deuxième année. Plutôt d'un manque de visibilité de la filière qui souffre encore d'une image de "vendeur de médicaments".

    Sauf à revoir complétement l’organisation de notre profession, la désertification de la profession n’est que le début d’une longue période de disette de vocation professionnelle.

    Les médecins, comme les pharmaciens n’ont plus envie d’être noyés par l’administratif et surtout le financier. Ils ont envie d’échanger leurs expériences, leurs quotidiens, leurs souffrance au travail.

    Les médecins, comme les pharmaciens ne travaillent plus comme il y a cinquante ans, taillable et corvéable à merci. Leurs profils ont changés, s’ils sont toujours passionnés par leurs métiers, leurs aspirations ont changé. Conjugués vie professionnelles et vie personnelle devient une réelles demandes, et il va valoir que les anciens s’adaptent, qu’ils le veuillent ou non. La pandémie de 2019-2020-2021-2022, la crise économique qui s’annonce, a fait naitre de réelles changements des paradigmes économiques et sociétaux.

    Est-ce la fin de la médecine libérale, je n’en sait rien, car le passé est irrévocable, néanmoins seul la mort est définitive. Le présent et l’avenir sont à écrire et à construire, c’est à nous de les créer (…)

    Voilà, CQFD.
  • 05/02/2023 à 10:24
    Dios Mine
    alerter
    Très bon résumé dr Louzou

    Vous auriez pu rajouter l'ultra puissance des laboratoires ( otc , cosmétiques, compléments alimentaires) qui font de nous des chefs de rayon ( Tête de gondoles, merchandising, promotion de supermarchés, obligation d'acheter des nanars inefficaces pour avoir des remises sur les blockbusters...)

    On devient ainsi de bons petits soldats au service de leur marque.

    Beaucoup de confrères et consœurs ont vendu leurs officines car ils ne supportaient plus les méthodes de grande distribution des laboratoires.
  • 05/02/2023 à 10:25
    x
    alerter
    @drlouzou bravo pour cette analyse .le commerce a tué la profession. Sommes-nous des vendeurs ou des professionnels de santé ?!!!!
  • 05/02/2023 à 18:18
    drlouzou
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    Rappelons nous cette célèbre phrase de Albert Einstein : « Un problème sans solution, est un problème mal posé. »
  • 09/02/2023 à 12:13
    apostolu
    alerter
    bravo Drlouzou !

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