16/02/2018 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..
low cost, Lafayette,Paris Pharma, OCA, Pharmacie © D. R.

« On nous a toujours dit « Lafayette à Paris, ce n’est pas possible ! » . Il était temps que nous arrivions pour accompagner la population locale, car à Paris les prix sont chers, voire très chers », s’amuse presque Hervé Jouves. Lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 15 février, le président de l’enseigne Lafayette a confirmé que 34 nouvelles pharmacies avaient rejoint le réseau en 2017, y compris en Martinique et en Guadeloupe.

Le renforcement de ses positions en Ile-de-France est désormais l’une des priorités de Lafayette. Implantée depuis 3 ans dans la capitale avec la pharmacie des Halles (1er arrondissement), l’enseigne a signé fin 2017 un accord avec le Groupe Daloy qui apporte dans la corbeille 6 nouvelles pharmacies (10e, 19e et 20e arrondissements). Et la prise est loin d’être anecdotique : Patrick Daloy n’est autre que le fondateur du GIE Paris-Pharma

Actuellement, 28 projets d’ouverture sont en cours de réalisation pour le 1er semestre 2018, dont 3 en Ile-de-France. « Nous allons approcher le rythme de 50 nouvelles pharmacies sur l’année, ce qui nous permettra d’approcher les 200 points de vente », se réjouit Hervé Jouves, qui se défend pourtant d’avoir des ambitions démesurées : « Nous ne voulons pas « recruter » 1000 à 2000 pharmacies. Notre objectif se limite à 250-300 pharmacies à l’horizon 2019-2020. En revanche, il est exact que nous souhaiterions accentuer notre développement dans une région comme la Bretagne par exemple ».

Aujourd’hui, même des pharmaciens qui exercent dans des communes de 1500 à 2000 habitants commencent à s’intéresser à ce modèle qui recrute dans une large gamme de chiffre d'affaires allant de 700 000 euros à 7 millions d’euros. « C’est un modèle commercial éprouvé qui rend le pharmacien moins dépendant du législateur », répond du tac au tac le président de l’enseigne qui glisse dans la conversation que la répartition du chiffre d’affaires est équilibrée : schématiquement 1/3 de médicaments remboursables, 1/3 de médicaments non remboursables, dispositifs médicaux et compléments alimentaires, 1/3 de parapharmacie.

Selon Hervé Jouves, son réseau génère de la croissance, y compris sur les médicaments à TVA à 2,1 % : + 3 %  par an de progression depuis 4 ans. Ce qui n’est pas si étonnant dans la mesure où l’enseigne indique être en mesure de multiplier un chiffre d’affaires moyen (1,5 million d’euros) par 4 en 4 ans – le CA d’une pharmacie moyenne Lafayette avoisine les 5,5 millions d’euros. 

Il n’empêche que les officines du réseau ont la réputation d’avoir des marges très basses. Ce qui serait de moins en moins vrai. « Sur les 4 dernières années, nous avons gagné 1 point de taux de marge par an et par pharmacie », affirme Hervé Jouves, qui compte bien arriver à 30-31 % d’ici 3 ans, contre environ 28 % aujourd’hui.

Le réseau Lafayette traîne dans son sillage un autre sujet de crispation, celui des obligations convertibles en actions (OCA). « Nous avons fait face à certains départs volontaires au moment de l’arrivée au capital du fonds d’investissement de Rothschild », reconnaît Hervé Jouves, tout en précisant que le recours aux OCA s’effectue avec tact et mesure. 

Pour l’instant, seules deux acquisitions ont été accompagnées via les obligations convertibles en actions du groupement : l’une, dans le cadre du départ à la retraite d’un titulaire avec un adjoint qui lui a succédé et l’autre, dans le cadre du rachat par un titulaire d’une officine dont le chiffre d’affaires était très important. « Nous poussons un modèle d’indépendants », martèle Hervé Jouves.






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Les dernières réactions

  • 17/02/2018 à 07:23
    MAURICE
    alerter
    l’enseigne indique être en mesure de multiplier un chiffre d’affaires moyen (1,5 million d’euros) par 4 en 4 ans – le CA d’une pharmacie moyenne Lafayette avoisine les 5,5 millions d’euros.
    Pour arriver à un tel chiffre dans une petite ville, il faut avoir tué tout son environnement, d'autant qu'au fur et a mesure que LES réseaux grandissent, ils se font concurrence, réduisant de plus en plus la zone de chalandise.
    C'est un modèle qui a atteint ses limites, soyez patients.
  • 17/02/2018 à 09:06
    Margt
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    Ne pas trop s'inquieter : ces drugstores finiront par péricliter car pas assez de conseil , il faut marger sans prendre du temps avec le malade ...surface trop grande qui agasse à la longue ...
    alors sans rendement ,les fonds de pension se retireront ...
    Vive le Conseil de L'officine classique ...
  • 17/02/2018 à 12:08
    BREZHONEG
    alerter
    Le chiffre d'affaires monte, mais le chiffre "ordonnances" moins, puisqu'il ne represente plus que 1/3 du ca ,alors que c'est 70% chez la phie moyenne.
  • 17/02/2018 à 15:29
    BREZHONEG
    alerter
    ...et 33% de 5 millions, ca ne fait que 1.65 millions de c.a "vrai metier". L'image de vendeurs de shampoings pas chers et de gelules de dent de requin de l'Everest semble justifiée.Mais la clientele attirée par ce type de "pas cher", est tres volage.AMAZONE n'aura qu'a distribuer des flyers devant les pharmacies en question pour taper pile dans son coeur de cible.
  • 20/02/2018 à 17:13
    miroirauxalouettes
    alerter
    Bien vu Brezonheg. Je suis pour qu'amazon rentre dans le jeu. Les premières victimes seront lafayettes et consorts. En effet, la politique du moins disant de lafayette le met à la même hauteur que Amazon sans son SAV, sa logistique et son assise financière. Or, un algorithme ne peut pas faire de conseils personnalisés, ne connaît pas l'empathie, ne peut pas raccompagner une personne âgée jusqu'à la porte en la prenant par le bras ...

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