24/07/2018 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..
Stilnox Anne-Hélène Collin

Coup de gueule. Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de la Santé Agnès Buzyn et publiée le 13 juillet dernier par la Fédération des médecins de France (FMF, syndicat de médecins libéraux), le Dr André Linka, généraliste à Istres (Bouches-du-Rhône) remet en question l’utilité des ordonnances sécurisées inhérentes à la délivrance du zolpidem, hypnotique assimilé depuis 2017 à un stupéfiant pour en limiter les mésusages. Pour exemple, le Dr Linka cite le cas d’une patiente de 52 ans qu’il suspecte de nomadisme médical. En consultant son historique médicamenteux sur le site ameli.fr, quel constat ! En l’espace de deux semaines (du 17 au 30 mars 2018), cette patiente s’est vu prescrire et délivrer : 36 boites de zolpidem 10 mg, 3 boites d’oxazépam 50 mg , 1 boite d’oxazépam 10 mg, 1 boite de diazépam 5 mg, 1 boite de lormétazépam 1 mg, 4 boites de prazépam 10 mg, 2 boites d’hydroxyzine 25 mg, 4 boites d’alimémazine 5 mg, 2 boites d’escitalopram 10 mg et 22 boites de paracétamol/codéine 400 mg/20 mg, « soit un total de 1476 comprimés en 14 jours d’anxiolytiques, hypnotiques, antidépresseurs, antalgiques divers », déplore le généraliste.

Fort de ce constat, le Dr Linka demande « instamment de prendre les mesures nécessaires et de faire cesser cette mascarade qui consiste à demander aux médecins d’utiliser des ordonnances sécurisées, source de conflit permanent entre le prescripteur et le pharmacien, ce dernier estimant que l’ordonnance du médecin n’est jamais assez sécurisée (par quoi ?) ». Démontrant par là : « contre le nomadisme médical, les ordonnances en marbre gravées à la main et au burin n’ont aucun intérêt, la seule solution étant la consultation par le pharmacien de l’historique des prescriptions, celui-ci ayant le matériel et le personnel adéquat pour le faire sur le dossier pharmaceutique (DP) ».

Mais loin du médecin d’avoir des griefs contre son « ami pharmacien ». En attaquant également la mention « non substituable » à écrire à la main en toutes lettres dans la marge pour que le patient obtienne le princeps, obligation qui « pourrit » la vie du médecin et du pharmacien, le Dr Linka pointe « une autre brimade inventée par l’Assurance Maladie pour se défausser de ses responsabilités ». C’est dit !






Anne-Hélène Collin

Les dernières réactions

  • 24/07/2018 à 18:14
    BREZHONEG
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    Effectivement,le service comm' de la Secu elabore les textes toujours de maniere a ne pas la faire apparaitre quand on impose quelque chose a l'Assuré. Par exemple , c'est "votre Pharmacien qui ne peut pas vous faire le tiers payant en cas de refus du generique". Alors que c'est la Secu qui est derriere ça !! Donc,notre service de comm' doit rajouter "a la demande de la Secu" devant son texte..Maintenant, tout imprimé envoyé aux officines pour distribution aux assurés devra avoir recu l'imprimatur de notre PrOfession...et de sa boite de comm' !
  • 24/07/2018 à 19:09
    brucine
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    Ah oui, yakafokon:
    c'est oublier que, même en l'absence de faux plus ou moins grossiers et d'ordonnances douteuses et/ou présentées hors heures ouvrables, le "patient" a quasiment toujours "oublié" sa carte Vitale, adieu DP, veaux, vaches...

    Mais c'est la faute de "nos amis pharmaciens", bien sûr.
  • 24/07/2018 à 19:25
    Azerty
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    Encore faut-il que le patient est ouvert son DP pour y avoir accès, ce qui est rarement le cas pour cette patientelle
  • 25/07/2018 à 02:07
    Flauga
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    Sorry Mr le toubib mais le pharmacien n’est pas votre secrétaire !
  • 25/07/2018 à 05:37
    Pharmangely
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    Plutôt qu'une ordonnance sécurisée, c'est une carte vitale et un DP qu'il faut exiger pour ces patients !
  • 25/07/2018 à 07:55
    rab74
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    tout à fait d'accord: pas de dp, pas de stup ou assimilés...le seul problème, c'est que si le patient ne veut pas, on ne peut même pas, légalement, faire un signalement à ses médecins ou à la sécu, parait que c'est illégal (la CNIL et le RGPD sont passés par là). jouer sur la clause de non assistance à personne en danger? quoiqu'il en soit, si les médecins n'établissaient ce genre d'ordonnance que pour des patients connus et réguliers, sans cèder aux pressions et bobards, on n'en serait pas là! chez nous, la conso de zolpidem a été divisée par 4 en 1 an (mais celle de lormétazepam multipliée par 3): ça peut donc fonctionner, faut juste le vouloir, et que les caisses fassent leur boulot avec des "alarmes" sur ces molécules lors des demandes de remboursement, et l'intervention des médecins conseils auprès du patient !
  • 25/07/2018 à 09:02
    Margt
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    Les médecins comme les pharmaciens ont une obligation administrative qui doit être partagés pour mieux protéger le malade surtout en addictologie... .Les deux : médecin comme pharmacien doivent faire ce contrôle avec ordo. sécurisé...
    La loi rien que la loi c'est bien et on l'applique .
  • 25/07/2018 à 12:20
    anonymous
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    S'il a pu consulter son historique sur le site Ameli, pourquoi ne le fait il pas avant chaque prescription ??
    Quand au DP, je suis d'accord avec mes collègues: ce genre de patient ne le fait pas ouvrir; Dans certains cas, ils préfèrent même régler l'ordonnance: ainsi, aucune trace de délivrance ou de remboursement.
    Vivement l'arrivée du DMP (freiné par qui ??...... les médecins......)
  • 25/07/2018 à 13:22
    antz
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    Zolpidem, BZD, subutex, ... souvent même combat. Du nomadisme médical et aussi beaucoup de faux. Les ordonnances n'ont de sécurisées que le nom. Aucune profession n'est à blâmer. Il y a une demande forte, des addictions fortes, des trafics,...
    Côté pharmacien, faut pas jouer les idiots. Un patient inconnu, sans CV, affilié à une autre caisse, avec une ordo d'un médecin inconnu... ça ne s'appelle pas soigner le patient. Et le pharmacien a un droit de refus de délivrance. Que ses équipes doivent connaître et être alerte sur certaines molécules. Et dans les cas de doute, un petit appel au prescripteur si possible. Ce serait déjà beaucoup d'agir ainsi. Ça limiterait déjà beaucoup les mesusages (et pas beaucoup le CA).
  • 25/07/2018 à 14:11
    Todoroki
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    Je suis suivi depuis plusieurs années, j'ai un traitement à base d'antidépresseurs, anxiolytiques etc. Je suis surpris de ce qu'à réussi à faire cette femme vu comme les pharmaciens cassent les pieds au quotidien même quand vous gérez bien votre traitement. Ils s'arrogent le droit de modifier mes ordonnances. Je dois changer de pharmacie car le mot ordonnance est mal comprise et des que traitement vient d'un psy on passe pour des junckies. C'est comme ça que des patients arrêtent leur traitement, font de l'automédication, alcool, drogues, etc. Ce qui pose un problème d'égalité d'accès au soins et de santé publique sur lequel personne n'écrit un mot.
  • 25/07/2018 à 14:54
    BREZHONEG
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    Et pareil pour les bidouilleurs de fausses ordo....?
  • 25/07/2018 à 15:09
    BREZHONEG
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    La Secu est la seule a posseder toutes les infos et donc a pouvoir reprimer.Car les surconsommateurs ne se genent pas pour lui envoyer les factures en tiers payant,factures qu'elle centralise et dont elle ne fait rien.Alors que pour nous, c'est l'attestation papier (qui n'a pas de puce memoire.).. Il suffirait que les cpam mettent une alerte , et notre cher confrere ou consoeur le pharmacien de la Secu pourrait se bouger pour envoyer les addicts discuter avec le medecin controleur. Mais, comme ecrit plus haut, tout travail abimant la popularité de la Secu doit etre refilé a d'autres.
  • 25/07/2018 à 15:34
    Marco09
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    Je vois que la plupart des messages proviennent de professionnels de la santé. Je suis un malade à qui on a prescrit il y a 18 ans du zolpidem, quand j'avais encore du mal à dormir, le médecin me prescrivait deux cachets par jour, sans souci ... Du jour au lendemain, plus moyen d'avoir ce genre d'ordonnance, pire, mon médecin traitant s'est vu interdire d'ordonnancer le zolpidem, il m'a donc fallu trouver un médecin qui accepte de me prendre pour mon somnifère. De plus, si je vais à la pharmacie trois jours trop tôt, on me refuse la délivrance. Le changement de statut du zolpidem n'amène que des désagréments pour les patients honnêtes et tout le monde s'en fout !!!
  • 25/07/2018 à 18:04
    Margt
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    La Sésu - Ameli - a un rôle de contrôle administratif , le budget CPAM est de l'argent Publique .

    Médecin ,Pharmacien avons une mission médicale et adminitrative puisque nous sommes remboursés par la CPAM.

    Que chacun assume correctement sa mission de soin et de contrôle partagé ,ainsi tout ira mieux dans le meilleur des mondes .
  • 25/07/2018 à 20:25
    Alcalin50
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    Surpris par les déclarations du médecin,et des 36 boites de zolpiden.
    j'ai des douleurs chronique, causes ablation de deux disques,et quand le myolastant ou tetrapézan a été interdit,,je suis passé au zolpiden depuis 2012 pour avoir au moins la nuit comme repos face à la douleur.

    et à chaque fois que je présente mon ordonnance""le pharmacien vérifie la date de la délivrance précédente et écrit sur l'ordonnance la prochaine date de délivrance 28 jours plus tard,et même si j'en ai pris plus, ou perdu la boite;;il déroge pas,bizard ces 36 boites obtenues en un mois!!!!ça sent l'enfumage ,ou la magouille.


  • 25/07/2018 à 20:25
    Alcalin50
    alerter
    Surpris par les déclarations du médecin,et des 36 boites de zolpiden.
    j'ai des douleurs chronique, causes ablation de deux disques,et quand le myolastant ou tetrapézan a été interdit,,je suis passé au zolpiden depuis 2012 pour avoir au moins la nuit comme repos face à la douleur.

    et à chaque fois que je présente mon ordonnance""le pharmacien vérifie la date de la délivrance précédente et écrit sur l'ordonnance la prochaine date de délivrance 28 jours plus tard,et même si j'en ai pris plus, ou perdu la boite;;il déroge pas,bizard ces 36 boites obtenues en un mois!!!!ça sent l'enfumage ,ou la magouille.


  • 25/07/2018 à 20:50
    antz
    alerter
    A marco09 : peut être 18 ans de zolpidem n'est pas une judicieuse réponse à un, bien réel, souci d'endormissement. Ça fait partie des réflexions à mener conjointement à certaines restrictions autour de ces médicaments "starter" de sommeil, non sans effet indésirables. C'est effectivement une prise en charge à revoir sur le long terme.
    Bien à vous,
  • 26/07/2018 à 07:10
    nemo
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    A Alcalin50: ces ordonnances ont été rédigées par des médecins différents, et délivrées dans des pharmacies différentes........ Seul le DP (et le futur DMP) permet d'éviter ce nomadisme médical et pharmaceutique
  • 26/07/2018 à 11:52
    BREZHONEG
    alerter
    ...et,Nemo, une alerte au point d'arrivée des factures (exigées en tiers payant,bien evidemment,par les surconsommateurs multi pharmacies) .Car, quand ils payent, c'est qu'ils ont deja été repérés.Mais il faut vraiment insister au telephone pour avoir le controle medical,qui accepte enfin de taper le numero secu du signalé, pour derouler sur l'ecran tous les factures en tiers payant.

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