Valproate et dérivés : et les hommes ? - 17/05/2023 - Actu - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
17/05/2023 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..

Valproate et dérivés : et les hommes ?

Les mesures de sécurité pour la prescription et la délivrance du valproate de sodium et de ses dérivés s’appliquent pour l’instant uniquement aux jeunes filles, aux femmes en âge de procréer et aux femmes enceintes. Mais une étude pourrait changer la donne.
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Dans le cadre de la surveillance au niveau européen des médicaments contenant du valproate et dérivés (Dépakine, Dépakote, Dépamide, Micropakine et génériques), l'Agence européenne du médicament (EMA) a demandé dès 2018 des études pour mieux caractériser les risques liés à leur prise. L'une d'elles a été conduite sur une longue période à partir de registres scandinaves (Norvège, Suède et Danemark) et a inclus plus de 4 00 enfants. Elle a comparé ceux dont le père était traité par le valproate dans les trois mois précédant la conception à des enfants dont le père était traité par lamotrigine (Lamictal) ou lévétiracétam (Keppra). Ses résultats « suggèrent une augmentation du risque de troubles neurodéveloppementaux, comme des troubles du spectre autistique, chez les enfants dont le père a été exposé au valproate », indique l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Plus précisément, ce risque est de 5,6 % à 6,3 % chez les enfants nés de père traité par valproate alors qu’il n’est que de 2,5 % à 3,6 % en cas d’exposition à la lamotrigine ou au lévétiracétam.

Ces chiffres, bien que n’ayant aucune commune mesure avec ceux évalués après une exposition maternelle au valproate (30 à 40 % de risque de troubles neurodéveloppementaux), interpellent tout de même l’autorité sanitaire, qui souligne toutefois que les limites de l’étude ne permettent pas de tirer des conclusions définitives à ce stade. « Des données complémentaires ont été demandées aux laboratoires par l’EMA et une évaluation européenne est en cours ».

Si ces résultats sont confirmés, de nouvelles mesures de sécurité seront sans nul doute mises en place chez les hommes, à l'image de celles prises pour les femmes. En attendant, les patients ne doivent pas arrêter leur traitement antiépileptique sans en parler avec leur médecin.



Yolande Gauthier

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