Pharmacies rurales : une proposition de loi en cours qui pourrait remettre en cause le maillage - 15/03/2024 - Actu - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
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Pharmacies rurales : une proposition de loi en cours qui pourrait remettre en cause le maillage

Deux sénatrices ont déposé une proposition de loi (PPL) qui vise à assouplir les transferts et regroupements des pharmacies en milieu rural. Un texte qui ne suscite ni l’adhésion de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) ni de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).
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L’USPO et la FSPF, ainsi que l’Ordre des pharmaciens, seront auditionnés le jeudi 21 mars 2024 par les sénatrices qui portent la PPL « tendant à préserver l’accès aux pharmacies dans les communes rurales ». Pierre-Olivier Variot, président de l’USPO, a d'ores et déjà déclaré, lors de son point presse du 15 mars, que les syndicats n’étaient pas favorables à ce texte.

Le texte, déposé le 22 février 2024 par Maryse Carrère - Rassemblement Démocratique et Social Européen (RDSE), Hautes-Pyrénées - et Guylène Pantel (RDSE, Lozère), comprend un seul article qui vise à assouplir les conditions d'ouverture des officines dans les petites communes afin de lutter contre les déserts pharmaceutiques. Concrètement, la PPL abroge les dispositions de l'ordonnance qui encadrent le mécanisme de fixation par l'agence régionale de santé (ARS) des listes de communes contiguës dépourvues d'officine en imposant que le nombre total d'habitants des communes regroupées dépasse le seuil de 2 500 habitants et que l'une des communes recense au moins 2 000 habitants. Le texte prévoit que « l’ouverture d’une officine par voie de transfert ou de regroupement peut être autorisée dans une commune de moins de 2 500 habitants si elle se trouve dans une zone géographique constituée d’un ensemble de communes contiguës dépourvues d’officine dont le nombre d’habitants est conforme au seuil ».

Une remise en cause du maillage

 « Alors que la France compte 29 393 communes de moins de 2 000 habitants, cette nouvelle disposition [l’ordonnance, NdlR] méconnaît la réalité du terrain, notamment en milieu rural », précisent les sénatrices dans l’exposé des motifs. « Cette PPL remettrait en cause le maillage actuel. Or, selon l’Ordre, en 2022, 18 % des pharmacies sont situées dans des communes de moins de 2 000 habitants », a argumenté Pierre-Olivier Variot, président de l’USPO. D’autant que les regroupements de communes peuvent couvrir un grand nombre de communes sur un large territoire. Pour le syndicat, le transfert d’une officine ne résoudrait pas le problème car les patients des communes éloignées seraient forcément loin de la pharmacie. « Il est important de ne pas déstabiliser un réseau officinal qui est déjà en souffrance », a conclu le président de l’USPO, par ailleurs inquiet du futur décret sur les territoires fragiles. A noter que les syndicats vont aussi être consultés sur l'article 51 de la loi Valletoux relatif aux antennes de pharmacies.



Magali Clausener

Les dernières réactions

  • 15/03/2024 à 19:43
    fed80
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    Parce que "nos chers syndicats" n'ont pas encore compris que Macron &C° n'en ont rien à faire du maillage et autres ???...
    Tout comme les déserts médicaux : effets de manches grandiloquents, mesures bureaucratiques qui alourdissent tout mais ne solutionnent rien !.. NE JAMAIS OUBLIER que plus l'offre se rétrécie plus cela les arrange car leur seul souhait inavouable est de réduire l'offre pour réduire les couts.... au profit des gouffres financiers qu'ils créent par ailleurs. ... Louis XVI a perdu la tête pour moins que cela toutes proportions gardées
  • 15/03/2024 à 20:18
    Rixtou
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    On abandonne doucement mais surement nos campagnes. Les dirigeants sont affligent de manque de projet et de vision pour le territoire. Quel effroyable gâchis.
  • 15/03/2024 à 20:36
    pascal.r
    alerter
    @fed80
    Tout à fait d'accord mais avec un bémol sur
    "réduire l'offre pour réduire les couts"
    Ça c'est la théorie d'un énarque ou autre technocrate, à coté de leurs pompes.
    dans la réalité des faits, c'est l'exact opposé.
    Plus l'offre globale se réduit et plus les structures restantes deviennent importantes et en parallèle, plus la consommation augmente... et pas qu'un peu !
    C'est vrai dans tous les domaines.
    Cela conduira à un désengagement de plus en plus marqué de la CNAM au profils d' assurances privées, mains dans la main avec des structures de santé.
  • 15/03/2024 à 21:25
    fed80
    alerter
    @pascal
    effectivement, le terrain nous le prouve quotidiennement, mais c'est ce que "pense" un Enarque-dieu (si toutefois ça pense ces "bêtes" là….??
    car Je me demande s'ils n'appliquent pas bêtement leurs enseignements théoriques ….purement théoriques, certain, un en particulier, ne semblant toujours pas sorti de joutes théâtrales de leur adolescence avec leur "maitresse"... ;=)
  • 18/03/2024 à 10:02
    Badge à l'envers
    alerter
    Bonjour,

    Pourquoi les pharmacies ferment :

    1. dans un tiers des cas : faillite financière, comme dans tous les autres secteurs d'activité, jusque là, rien d'extraordinaire,
    2. dans un autre tiers : pas de repreneurs, normal car il y a de moins en moins de pharmaciens diplômés issus des filières,
    3. dans le dernier tiers des cas, épuisement professionnel, sensation de prise en otages par les consommateurs de santé, agression physique et psychologique, burn-out, le pharmacien ne trouve pas de remplaçant, donc décide purement et simplement de baisser le rideau,

    Les résultats montrent que 50 % des pharmaciens sont prêts à exprimer leur mécontentement par des actions telles que : la grève de la sérialisation (18 %), la grève de la dispensation à l’unité (13 %), la grève de la télétransmission (13 %) la grève de l’envoi anticipé des tableaux de garde (6 %), tandis que 4 % ne souhaitent pas se mobiliser, notamment par crainte pour leur trésorerie, trop fragilisée.

    Une minorité de pharmaciens se disent, à l’inverse, prêts à envisager une grève totale ou un refus d’effectuer certaines missions.

    Une action plus simple est de mettre son badge à l'envers !

    Essayez et faites circuler, vous allez piquer la curiosité de vos patients, et ils vous soutiendront !

    Cordialement,
  • 18/03/2024 à 10:13
    BREZHONEG
    alerter
    On peut y ajouter ,trés compatible et populaire, une demande que la SECU ait le droit,comme 600 organismes,d'etre presente sur le marché des Complementaires..Simplifions ,demande t on de tous cotés !!. ALORS ?CHICHE ?

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