Pénuries de médicaments : les génériqueurs opposés à de nouvelles obligations de stocks - 05/03/2024 - Actu - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
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Pénuries de médicaments : les génériqueurs opposés à de nouvelles obligations de stocks

Alors que la proposition de loi (PPL) visant à lutter contre les pénuries de médicaments a été adoptée à l’Assemblée nationale, le Gemme (Générique même médicament), association représentant les professionnels et industriels français des médicaments génériques et biosimilaires, estime que ce texte « va ajouter des ruptures aux ruptures ».
Getty Images

Le 29 février 2024, la PPL portée par la députée Valérie Rabault a été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale. Le texte doit maintenant être examiné par les sénateurs. Une proposition de loi qui suscite une « vive inquiétude » pour le Gemme, qui était déjà opposé à la version initiale. Dans un communiqué en date du 5 mars, l’association de génériqueurs n’hésite pas à déclarer : « cette proposition de loi, qui renforce les obligations de stocks de sécurité et les sanctions financières, ne répond pas aux causes profondes des pénuries et aggravera la situation pour les patients ». Le président du Gemme, Jean-Louis Anspach, va même plus loin : « Nous sommes convaincus que cette approche est une fausse bonne idée qui va ajouter des ruptures aux ruptures ».

Plusieurs arguments sont mis en avant. D’abord, le contexte : « La dégradation des conditions économiques des médicaments génériques limite la capacité des industriels à investir dans la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement et à trouver des fournisseurs acceptant de fabriquer à bas prix dans un contexte de capacité de production saturée ». Pour le Gemme, le renforcement des obligations de stock ne permettra pas d’accroître l’offre de médicaments. « Au contraire, sans s’attaquer aux causes profondes des pénuries, cette proposition de loi aggravera les tensions d’approvisionnement en renforçant les sanctions financières », explique l’association. Des sanctions que le Gemme juge « disproportionnées » et qui pourraient conduire les industriels à se désengager du marché français. « Ce n’est pas un risque, c’est déjà une réalité », commente l’association.

Et de conclure : « Avec ce texte, les industriels ne sont plus incités à libérer les stocks ou à pallier les défaillances d’autres acteurs au risque d’être sanctionnés et contraints d’interrompre la commercialisation de leurs spécialités. Ces arrêts auront un effet domino aggravant les tensions d’approvisionnement ». Le Gemme appelle donc les parlementaires à amender ce texte « afin de ne pas aggraver la situation déjà très tendue des difficultés d'approvisionnement actuelles ».



Magali Clausener

Les dernières réactions

  • 05/03/2024 à 17:35

    alerter
    On le voit déjà... bien plus de rupture depuis qu'on ne peut plus passer en direct avec nos génériqueurs. J'avais beaucoup moins de rupture l'année dernière ! Quand on laisse des bureaucrates nous pondre des règles idiotes voilà où cela nous mène...
  • 05/03/2024 à 19:37
    pascal.r
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    Sur un marché mondial et spéculatif des médicaments, il est certain que le moins bon payeur passe toujours après. RIEN ne peut contrer cette règle élémentaire, si ce n'est de faire comme les autres, et la c'est pas demain la veille !
  • 05/03/2024 à 20:04
    BREZHONEG
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    il faut voir combien ça couterait en plus pour se rapprocher de la moyenne européenne. Ils sont là à se gargariser du fait qu'ils obtiennent des prix nettement moins chers que les pays voisins.Mais qu'est ce que ça peut leur faire à nos malades ,en tiers payant.Ils ne viennent pas chez nous chercher des prix, ils viennent chercher des medicaments. Qu'ils n'y trouvent plus grace à l'action du CESP..dONC? MISSION DU CESP SUSPENDUE JUSQUA NOUVEL ORDRE.et prix d'achat rectifiés de 3 à 5 % à LA HAUSSE pour les medicaments d'interet majeur..Ca fera 1milliemme en plus du budget (de 500 milliards ) de la SECU..
  • 07/03/2024 à 12:21
    BREZHONEG
    alerter
    (Pardon, c'est CEPS...).
  • 08/03/2024 à 11:46
    FredPich
    alerter
    Comme d'hab', un cataplasme sur une jambe de bois pour éviter de s'attaquer au vrai problème de fond : le prix des médicaments en France dans le contexte international actuel... on va continuer à galérer! Amateurisme encore une fois...

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